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Amélie ou la métaphysique des tubes

Publié le par Rosalie210

Maïlys Vallade, Liane-Cho Han (2025)

Amélie ou la métaphysique des tubes

Fusion réussie entre le récit autobiographique de Amelie NOTHOMB et l'animation à la japonaise: j'ai pensé plusieurs fois à "Mon voisin Totoro" (1988). L'univers est un peu le même, celui d'une maison traditionnelle nichée au coeur d'une nature luxuriante avec un point de vue enfantin, donc propice au basculement dans le fantastique. Mais Amélie est un être à part qui d'ailleurs est montrée dans les premières images flottant comme le foetus de "2001 : l'odyssee de l'espace" (1968) en se prenant pour Dieu. De fait, le récit montre que durant les deux premières années de sa vie, Amélie n'a ni marché ni parlé, se comportant comme si elle était atteinte d'un "locking syndrome" qui se dissipe comme par enchantement sous le choc d'un séisme puis quand sa grand-mère lui offre du chocolat belge. La question identitaire passe alors au premier plan. Amélie est belge mais se définit comme japonaise car elle s'identifie à Nishio-san, la nounou chargée de s'occuper d'elle. L'éveil au monde d'Amélie se fait donc à la fois par ses racines belges, la grand-mère paternelle étant douée pour communiquer avec elle (y compris par-delà la mort, les frontières entre les dimensions étant poreuses au Japon) et par sa vie quotidienne d'expatriée au Japon, la proximité avec Nishio-san qui lui fait découvrir la culture japonaise s'accompagnant de l'hostilité de l'autre gouvernante et propriétaire de la maison, Kashima-san. Peu à peu, Amélie qui grandit dans les années soixante découvre les plaies béantes que la guerre a laissé dans le coeur des japonais et comment ils parviennent ou pas à se réconcilier avec ce passé dévastateur. On le voit, l'intrigue est riche mais on ne quitte jamais le regard et les sensations de cette enfant atypique dans une vie qui l'est tout autant. Le tout est serti dans une animation fauviste splendide qui fait chatoyer les couleurs mais s'aventure aussi dans des zones plus sombres et plus mystérieuses de l'enfance (les plans sur les bouches béantes des carpes sont aussi anxiogènes que certains passages de "Le Voyage de Chihiro") (2001).

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