Overblog Tous les blogs Top blogs Films, TV & Vidéos Tous les blogs Films, TV & Vidéos
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Monsieur Hire

Publié le par Rosalie210

Patrice Leconte (1989)

Monsieur Hire

Intéressante relecture du livre de Georges Simenon, "Les fiançailles de Monsieur Hire" qui avait déjà été porté à l'écran par Julien DUVIVIER en 1946 sous le titre "Panique" (1946) avec Michel SIMON. Intéressante en ce que Patrice LECONTE prend acte de la mue effectuée par Michel BLANC vers des rôles dramatiques voire ici tragiques. Par rapport au roman de Simenon ou au film de Julien DUVIVIER, l'aspect social de l'intrigue est négligé au profit de l'aspect intimiste. Certes, on sait que M. Hire est un asocial qui subit une aversion généralisée mais il n'y a par exemple pas de scène de lynchage: voisins, commerçants et passants ne sont finalement que des témoins quasi muets du drame. Peut-être est-ce une conséquence du contexte: "Panique" (1946) avait été réalisé dans l'immédiat après-guerre où la minorité à laquelle appartient Hire avait été persécutée (par contre en 1946, la plupart des français ne savaient pas qu'elle avait été victime d'un génocide, le mot ayant d'ailleurs été inventé seulement en 1944). Quant au roman de Simenon, il date de 1933, année de l'arrivée de Hitler au pouvoir. En 1989, le temps a suffisamment passé pour que Hire soit dépeint non comme un membre d'une communauté honnie mais comme un homme inadapté ce qui correspond aussi à l'évolution d'une société plus individualiste. Le film repose donc en grande partie sur l'extraordinaire interprétation de Michel BLANC qui arrive à nous émouvoir à partir d'un personnage pourtant assez peu défendable. Misanthrope, désagréable, psychorigide, voyeuriste, vêtu entièrement de noir avec un visage blafard, il n'a vraiment rien pour plaire. Et pourtant, au détour de quelques scènes, il laisse voir un autre aspect de lui, plus humain. Alice en revanche (jouée par Sandrine BONNAIRE) reste un peu trop traitée en surface, celui de la garce prête à tout pour protéger son "homme" (on se demande bien pourquoi d'ailleurs elle couvre ce criminel?). Heureusement, le trouble qui s'installe entre elle et Hire au détour de quelques scènes sensuelles rebat quelque peu les cartes. La mise en scène met bien en lumière la vie ritualisée de cet homme avec notamment un usage marquant de la musique de Brahms revisitée par Michael NYMAN et distille un vrai malaise entre Alfred HITCHCOCK et Roman POLANSKI.

Commenter cet article