Jeremiah Johnson
Sydney Pollack (1972)
"Jeremiah Johnson", le deuxième film du tandem Sydney POLLACK/Robert REDFORD est magnifique, à la fois beau et cruel. Il dissipe les illusions du "retour à la nature" comme solution à la violence de la société. Si l'on pense au contexte dans lequel le film a été réalisé, on ne peut y voir qu'une parabole contre la guerre du Vietnam. Sauf que le film de Sydney POLLACK à travers le périple de Jeremiah, un ancien soldat devenu trappeur dans les Rocheuses montre que les alternatives recherchées par les tenants de la contre-culture sont des chimères. La guerre qu'il fuit (vraisemblablement celle du Mexique au milieu du XIX° siècle) en partant vivre en solitaire au coeur des montagnes, il va la revivre bien malgré lui. Jeremiah fait des rencontres dont celle d'un vieux trappeur qui lui apprend les rudiments de la survie en milieu hostile, reçoit sans l'avoir demandé une femme et un enfant eux aussi privés de liens et croit pouvoir avec eux refonder une famille et repartir à zéro. Mais il est vite rattrapé par la guerre entre colons et indiens et par les rivalités entre tribus. Le fait de ne pas parvenir à se soustraire à son appartenance d'origine et son hubris l'amène à commettre un acte sacrilège qui lui vaut un terrible retour de bâton. Il plonge alors dans l'enfer d'une vengeance sans merci contre les indiens Crow qui d'après la légende lui aurait valu son surnom de "mangeur de foie". Sauf peut-être dans la superbe scène de conclusion où après avoir hésité à brandir son fusil, Jeremiah rend son salut à l'indien qu'il croise. Un fragile espoir de guérison pour cet homme des montagnes condamné à l'errance et à la violence perpétuelle.
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