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Breezy

Publié le par Rosalie210

Clint Eastwood (1973)

Breezy

Troisième film de Clint EASTWOOD, "Breezy" marque le premier tournant radical dans sa carrière. D'abord parce qu'il s'efface (presque) totalement du paysage en confiant le rôle principal à William HOLDEN, lui-même se considérant trop jeune pour le rôle. Il n'apparaît donc plus que de sous forme de clins d'oeil à la manière de Alfred HITCHCOCK. Ensuite parce que cet effacement se combine avec une déconstruction de son image de dur à cuire promenant sa silhouette dans les films de genre testostéronés, du western au polar. "Breezy" est en effet une comédie sentimentale basée sur la rencontre entre deux êtres que tout oppose: un agent immobilier quinquagénaire désabusé et une jeune hippie exubérante. Leurs échanges chaleureux et souvent plein d'humour dégagent beaucoup de charme grâce à l'alchimie palpable entre les deux acteurs mais aussi grâce aux qualités de l'écriture et de la mise en scène. La question de la différence d'âge est questionnée (alors que dans tant de films hollywoodiens classiques, celle-ci reste impensée et donnée comme évidente) non comme ce serait le cas aujourd'hui comme expression de la domination patriarcale mais pour ce qu'elle représente métaphoriquement: la possibilité de réenchanter l'existence, de lui donner un sens qu'elle avait perdu. Possibilité qui se heurte au jugement social auquel est très sensible Frank qui a un statut social contrairement à Breezy qui est libre comme l'air mais aussi aux blessures liées à ses échecs sentimentaux passés. Des doutes et des hésitations qui n'empêchent pas celui-ci de goûter aux joies de l'instant présent. Celui-ci est capturé avec beaucoup de finesse. Une promenade au bord de l'océan, une étreinte prennent une saveur particulière.

A sa sortie, le film fut logiquement incompris, peu vu et peu montré mais aujourd'hui, il bénéficie d'un regain d'intérêt, par ses qualités propres mais aussi comme premier jalon d'une veine sentimentale intimiste et sensible qui ne sera pleinement dévoilée au grand public qu'avec le triomphe de "Sur la route de Madison" (1995).

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