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Une histoire simple

Publié le par Rosalie210

Claude Sautet (1978)

Une histoire simple

Dernière collaboration de Claude SAUTET et de son actrice fétiche, Romy SCHNEIDER, "Une histoire simple" a été présenté comme un cadeau que ce dernier lui aurait fait pour ses 40 ans. Tout en continuant à faire le portrait sociologique et psychologique de la France des années 70, Claude SAUTET adopte cette fois un point de vue féminin en résonance avec les combats féministes de cette époque. Ainsi Marie qui est divorcée (loi sur le divorce par consentement mutuel en 1975) choisit de quitter son compagnon et de se faire avorter (loi Veil également de 1975) puis de faire un bébé toute seule une dizaine d'années avant la chanson de Jean-Jacques GOLDMAN. Enfin peut-être pas toute seule puisque une relation intime est suggérée entre Marie et Gabrielle (du même ordre que le beau film de Diane KURYS, "Coup de foudre") (1983), l'une de ses collègues de travail. Mais Marie n'est pas qu'un trac du MLAC, mouvement dont se sont inspirés Claude SAUTET et son co scénariste Jean-Loup DABADIE. Elle épouse les hésitations, les doutes, les interrogations de son interprète* qui ne parvient pas à trouver le bonheur dans le schéma matrimonial et familial traditionnel. La crise du couple est montrée comme une crise du modèle masculin. Les hommes que fréquentent Marie, que ce soit son ex-mari (Bruno CREMER), son ex-compagnon (Claude BRASSEUR) ou ceux de ses amies (Roger PIGAUT, Jean-Francois GARREAUD etc.) s'avèrent défaillants, faibles et fuyants. La crise économique et le chômage de masse agissent comme des révélateurs redistribuant les cartes entre des hommes déstabilisés par la perte de leur rôle de chef de famille rapportant l'argent du foyer et des femmes en quête d'émancipation. Comme toujours, Claude SAUTET fait admirablement ressentir la solitude de son personnage au sein du couple, du groupe et de la foule. Les scènes de bistrot par exemple sont tout sauf conviviales. Même si ce n'est pas mon film préféré du réalisateur car un peu trop noyé dans la grisaille, manquant de flamboyance, il s'avère d'une grande finesse.

* Qui pour ce rôle a reçu le César de la meilleure actrice en 1979.

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