Don't come knocking
Wim Wenders (2005)
"Don't come knocking" est un film qui m'a paru refléter la nostalgie de Wim WENDERS pour une Amérique révolue, celle des années 50-60, ses voitures, diners, motels, westerns, stars (la présence de Eva Marie SAINT suffit à elle seule à convoquer le souvenir de "La Mort aux trousses") (1959) mais aussi la nostalgie de son propre cinéma. Les retrouvailles avec le scénariste de "Paris, Texas" (1984), Sam SHEPARD qui en plus du scénario joue le rôle principal renforce cette impression. Il faut dire que le synopsis est lui-même passéiste puisqu'il s'agit pour le personnage principal de partir en quête d'un fils qu'il n'a pas connu et donc de revenir sur les traces qu'il a laissé trente ans auparavant. Il a été souvent été comparé au scénario de "Broken Flowers" (2005) parce que les deux films sont sortis la même année, 2005, évoquent la quête de paternité mais aussi parce que les univers de Wim WENDERS et de Jim JARMUSCH se croisent parfois, ne serait-ce que par le biais du road trip aux USA ou de leur admiration commune pour Jean EUSTACHE.
"Don't come knocking" a donc les défauts de ses qualités. Son esthétisme qui rappelle à chaque plan le photographe chez Wim WENDERS et le peintre Edward Hopper est beaucoup plus voyant que dans "Paris, Texas" (1984) où celui-ci se fondait dans une atmosphère qui le faisait oublier au profit de l'intrigue et des personnages. La dramaturgie de "Don't come knocking" est trop étirée pour fonctionner de façon totalement efficace. Il en va de même des personnages qui ont tendance à se figer dans leur image iconique de cow-boy, star déchue, serveuse de bar, chanteur de country-rock-crooner à la Chris ISAAK. Même Sky (Sarah POLLEY) a tendance à se réduire à son costume rouge et bleu assorti à l'urne qu'elle porte dans les bras presque tout au long du film et qui évoque de façon peu subtile le deuil qu'elle traverse. Bref, si "Don't come knocking" est un émerveillement pour les yeux et pince efficacement la corde de la nostalgie du spectateur pour l'âge d'or d'Hollywood et la palme d'or de Wim WENDERS, il ne parvient pas à imprimer sa marque, trop copié-collé sur son illustre prédécesseur sans en avoir la puissance émotionnelle*.
* Sans être un remake, il est à "Paris, Texas" (1984) ce que "Si loin, si proche!" (1993) est à "Les Ailes du desir"(1987). Les ingrédients sont presque les mêmes, seule manque la magie ou l'alignement de planètes sans que ces variations soient ratées pour autant.
/image%2F2429364%2F20250813%2Fob_80f4b7_don-t-come-knocking-wallpaper-7892-329.jpg)
/image%2F2429364%2F20220209%2Fob_32c62c_hqdefault.jpg)
Commenter cet article