Insomnia
Erik Skjoldbjaerg (1996)
Arte a la bonne idée de diffuser la version originale de "Insomnia" dont Christopher NOLAN a fait un remake quelques années plus tard avec Al PACINO et Robin WILLIAMS. Le film norvégien m'a toutefois semblé légèrement supérieur. Cela tient à une sécheresse de trait qui certes limite l'amplitude de l'oeuvre mais qui dessine bien mieux les contours du flic antipathique joué par Stellan SKARSGARD que chez Christopher NOLAN. Et ils font froid dans le dos, à l'image d'une atmosphère glaciale et glauque. Avec son visage d'une minéralité indéchiffrable peu à peu défait par les nuits sans sommeil, Jonas instaure un malaise qui se creuse un peu plus à chaque séquence au fil de ses agissements erratiques au point que l'on finit par oublier qu'il s'agit d'un flic. Dans un tel cadre, le brouillard comme la lumière aveuglante prennent un sens particulier. Le brouillard symbolise la perte des repères qui atteint son maximum quand Jonas tue "par erreur" son collègue. La lumière aveuglante, c'est celle de sa conscience qui refuse de lui laisser le moindre repos, chaque tentative pour l'occulter se soldant par un échec. Ce sont peut-être aussi ses pulsions sexuelles inassouvies qui le tourmentent, au vu de son attitude face aux jeunes hommes et aux jeunes femmes qui croisent sa route. Quand à ses réactions face aux animaux, un moyen souvent utilisé comme sérum de vérité au cinéma, il glace le sang. Bref Jonas apparaît de plus en plus comme le grand malade de l'histoire, voire un psychopathe au point d'éclipser complètement le personnage de l'écrivain qui certes, n'est peut-être qu'une projection de lui-même mais qui manque singulièrement de charisme.
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