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Kill Bill: Volume 1

Publié le par Rosalie210

Quentin Tarantino (2002)

Kill Bill: Volume 1

J'étais, je suis et je serai toujours réservée sur "Kill Bill". J'avais vu la première partie au cinéma à sa sortie et j'étais sortie malade de la salle, me traînant jusqu'à mon domicile en proie à des douleurs abdominales ce qui n'était peut-être qu'une coïncidence. N'empêche cela ne m'est plus arrivé et cela fait plus de vingt ans maintenant. L'ayant revu, je constate qu'il m'impressionne beaucoup moins qu'à l'époque notamment sur la dernière demi-heure qui m'avait révulsée à la première vision et qui maintenant m'apparaît comme un vaste grand-guignol. A défaut de partager le ressenti de tous ceux qui trouvent ce spectacle de massacre au katana jouissif, il est le fruit d'un ballet aérien parfaitement exécuté dans le plus pur style des films d'art martiaux de Hong-Kong. On reconnaît bien l'influence de YUEN Woo-Ping, celui-là même qui avait chorégraphié les scènes de kung-fu de "Matrix" (1998). A l'image de O-Ren Ishii, le film synthétise le manga et le film de sabre japonais, les arts martiaux chinois (Bruce LEE dans son costume jaune et noir étant de retour sous des traits féminins), l'intrigue d'un film d'un réalisateur de la nouvelle vague ("La Mariee etait en noir") (1968), le western-spaghetti etc. Sur le plan visuel comme sur le plan sonore, le film envoie du bois avec nombre d'idées brillantes jouant sur le contraste entre zénitude et violence. Rappelons qu'un jardin de pierre se trouve juste sous les pieds des assassins masqués du Crazy 88 lorsqu'ils se font massacrer alors que Beatrix et O-Ren Ishii se battent en duel au beau milieu d'un splendide jardin japonais enneigé ponctué par le bruit régulier de la fontaine de type shishi-odoshi. Même chose au début lorsqu'à la violence d'un tir succède la version mélancolique de la chanson "Bang Bang" interprétée par Nancy Sinatra. Chanson dont les paroles commentent ce que l'on vient de voir, le meurtre d'une femme (enceinte qui plus est) par son ancien compagnon.

Car cela aurait pu être cela "Kill Bill": un film de revanche sur la violence faite aux femmes. En le revoyant, je n'ai pu qu'être frappée par des scènes qui font écho à des affaires récentes ayant défrayé la chronique. Je pense en particulier au fait que l'héroïne subit le même sort que Gisèle Pélicot, le cerveau du trafic, un soignant véreux, ayant exactement les mêmes propos aux clients (ne pas laisser de traces) que Dominique Pélicot.

Seulement "Kill Bill" ce n'est pas cela. C'est un film avant tout destiné à divertir et à donner du plaisir, pas à faire réfléchir. Et surtout c'est un film, à l'image de l'héroïne qui se contredit en permanence. Les femmes qu'elle combat sont en apparence toute-puissante mais en réalité totalement sous l'emprise de leur commanditaire, Bill pour qui elles éprouvent un dévouement fanatique et qui a droit de vie et de mort sur elles. Et si la soif de vengeance de Beatrix Kiddo est compréhensible, la froideur mécanique avec laquelle elle l'accomplit pour coller aux films du genre (et à celui de Francois TRUFFAUT à qui elle doit son surnom) fait d'elle non une femme mais un fantasme, un pur objet à la "Terminator" (1984). Car abattre une mère sous les yeux de sa petite fille et lui dire en gros "si tu n'es pas contente, tu n'as qu'à te venger plus tard" c'est tout sauf une émancipation, c'est une malédiction. Pouvait-il en être autrement quand on sait que le film s'est fait sous la houlette de Harvey WEINSTEIN et que Uma THURMAN a gardé des séquelles à vie de l'accident de voiture qu'elle a eu sur le tournage, une cascade qu'elle ne voulait pas faire et qui lui a été imposée par Quentin TARANTINO?

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