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La Tour des ambitieux (Executive Suite)

Publié le par Rosalie210

Robert Wise (1954)

La Tour des ambitieux (Executive Suite)

J'ai plusieurs fois souligné deux qualités du cinéma de Robert WISE: sa gestion du temps réel et sa maîtrise du montage. On peut en souligner une troisième: des séquences d'introduction surprenantes et marquantes. Celle, célèbre du survol de Manhattan, telle une jungle urbaine en ouverture de "West Side Story" (1960). Ou encore les cadrages penchés de la boîte jazzy où débute l'action de "Je veux vivre !" (1958). "La Tour des ambitieux" recourt quant à elle à la caméra subjective. On suit un personnage dont on ne verra jamais le visage descendre d'une tour jusqu'à ce qu'il s'effondre en pleine rue, terrassé par une crise cardiaque, au milieu des passants. Une fin triviale pour celui dont on apprend qu'il n'était autre que le président d'une puissante société de meubles, la Tredway Corporation qui menait son staff à la baguette. Place à la guerre de succession entre sous-directeurs dont le film brosse chacune de leurs personnalités à la façon d'une comédie humaine dans une boîte de sardines, de Shaw préoccupé avant tout d'efficacité (c'est à dire de rentabilité) à Walling, l'ingénieur idéaliste entravé dans son désir de fournir des produits de qualité en passant par Caswell le spéculateur roublard et Julia, l'héritière éplorée sans parler des mous et des girouettes souvent manipulés dans l'ombre par leurs épouses ou leurs maîtresses. Grand film d'acteurs, "La Tour des ambitieux" fait particulièrement briller dans des registres différents William HOLDEN (dont je ne connaissais jusqu'ici que les rôles pour Billy WILDER) au discours final d'anthologie, Barbara STANWYCK (également vue chez Billy WILDER) et Louis CALHERN (tellement associé pour moi à "Quand la ville dort") (1949). Tiré d'un livre très documenté sur le fonctionnement interne d'une entreprise puisque son auteur avait officié durant un quart de siècle comme administrateur de société avant de devenir auteur, le film met en lumière le basculement de la mentalité de l'artisan (celle du personnage incarné par William HOLDEN) à celle du financier pour qui seul le chiffre d'affaire compte. Il suffit d'appliquer cette lecture à un domaine que tout le monde connaît, le cinéma hollywoodien pour saisir à quel point elle s'est avérée juste, hélas.

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