Deux sur la balançoire (Two for the Seesaw)
Robert Wise (1962)
Le générique était prometteur avec sa silhouette trimballant sa solitude quelque part entre Manhattan et Brooklyn sur un air de jazz mélancolique. Mais dès la scène de rencontre passée, la mise en scène s'enferme dans un huis-clos bavard en tête à tête dû en grande partie au fait que le scénario est adapté d'une pièce de théâtre. Sur deux heures, c'est bien long. Surtout pour évoquer des atermoiements amoureux sur l'air de "j'y vais, j'y vais pas, ah ben si, ah ben non, pourquoi pas?" Et bis repetita. Désolé, mais même avec les meilleurs acteurs du monde, Robert MITCHUM et Shirley MacLAINE qui dégagent tous deux un charisme dingue, même avec un réalisateur chevronné comme Robert WISE qui utilise avec brio la compartimentation des espaces jusqu'à un effet de (faux) split screen, même avec une belle photographie en noir et blanc, il m'a été difficile de me passionner pour ce bavardage qui tourne en rond entre un homme "qui n'aime pas assez" et une femme "qui aime trop". La différence d'âge et de milieu est évoquée, le contraste de tempérament est évident entre la remuante Shirley et l'impassible Mitchum mais l'absence quasi complète d'environnement social rend ces obstacles assez abstraits. Même la modernité du langage, débarrassé de la pudibonderie du code Hays n'arrive pas à faire décoller le film censé raconter une histoire d'amour mais qui apparaît étrangement éteint.
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