La Classe de neige
Claude Miller (1998)
Il est arrivé parfois à Claude MILLER de rater son pari. C'est le cas ici. Autant "Mortelle randonnee" (1982) ou "Betty Fisher et autres histoires" (2001) pouvaient se permettre tous les délires romanesques parce qu'ils nous tenaient en haleine et sonnaient vrai autant celui-ci est lourd, brouillon et sans vie. Tout repose ou presque sur un enfant perturbé vivant dans une famille qui le surprotège. Cela aurait largement suffi comme point de départ. Mais Claude MILLER charge le père de toutes les tares. Dépressif, angoissé, paranoïaque passe encore. Mais en faire un psychopathe fait perdre tout intérêt à la fantasmagorie morbide qui habite son fils puisque ce sont en réalité des faits commis par son père. De plus ces fantasmes s'accumulent dans le film en un fatras indigeste qui envahit le scénario au détriment de la dramaturgie, du rythme et de la vérité des êtres. Ainsi l'enfant qui est au centre le l'histoire, Nicolas est figé dans une posture apathique durant tout le film et n'est jamais relié à son environnement (la classe de neige) qu'il regarde la plupart du temps derrière une vitre. La justification de ce retrait du monde (cauchemars, énurésie, poussée de fièvre puis toxicité du père) ne tient pas la route car elle aurait dû l'empêcher de participer à ce voyage ou l'emmener à l'infirmerie ce qui n'est pas le cas parce que sinon, il n'y a plus de film. Ce n'est pas une attitude d'enfant et c'est très étonnant de la part de Claude MILLER qui dans plusieurs de ses films a su croquer cette période de la vie avec justesse. Sans doute a-t-il voulu marier des éléments qui ne vont pas ensemble et se neutralisent mutuellement. Sans doute a-t-il voulu dépeindre un enfant abusé mais en faire le support d'un thriller glacé relève du mauvais goût.
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