Ma Mère, Dieu et Sylvie Vartan
Ken Scott (2025)
Un titre qui définit les trois forces tutélaires sous l'égide desquelles a grandi l'avocat Roland Perez (le film est tiré de son livre autobiographique) ainsi que leur hiérarchie dans sa vie. "Ma Mère Dieu et Sylvie Vartan" m'a fait penser en plus réussi à "Le Dernier des Juifs" (2022). L'amour fusionnel et dévorant d'une mère juive marocaine pour son fils dans le huis-clos d'un appartement HLM est en effet au centre du récit et montré dans toute son ambivalence. Dans la première partie du récit qui se déroule pendant l'enfance de Roland, il est montré comme salvateur. On y voit Esther se battre comme une lionne avec son fils dans les bras contre à peu près tout le monde (son mari résigné, les services sociaux incarnés par une Jeanne BALIBAR raide comme une trique, le voisinage, les médecins) en remuant ciel et terre pour que Roland s'intègre socialement en tant que valide et non en tant que handicapé affligé d'un pied bot. Tous les moyens sont bons, y compris les plus farfelus pour parvenir à ses fins, y compris croire au miracle (puisque les médecins s'avèrent impuissants) sous l'égide de Sylvie VARTAN, l'enfance de Roland se déroulant pendant les années 60, théâtre de l'émergence des idoles yé-yé et de la télévision qui est sa seule fenêtre sur le monde. Finalement la bonne fée s'incarne dans le personnage de la veuve d'un rebouteux (Anne LE NY) qui grâce à une technique traditionnelle nécessitant une longue immobilisation et beaucoup de patience parvient à redresser suffisamment le pied de Roland pour qu'il puisse marcher seul et presque sans boîter. Arrive alors la deuxième partie du film, celle où Roland adulte, joué par Jonathan COHEN doit s'émanciper de sa mère envahissante et de son avatar alias Sylvie VARTAN dont il est devenu l'avocat. Leila BEKHTI crève l'écran en déployant une énergie phénoménale et grâce à un vieillissement très réussi (contrairement au rajeunissement de Sylvie VARTAN via l'IA) nous fait oublier qu'elle est en réalité plus jeune que Jonathan COHEN. En prime on reconnaît Milo MACHADO GRANER, l'enfant de "Anatomie d'une chute" (2022) dans le rôle de l'un des frères de Roland.
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