L'Arbre aux papillons d'or (Bên trong vỏ kén vàng)
Thien An Pham (2023)
Le début du film amorce un récit prometteur que l'on voit s'effilocher avec une certaine consternation sur près de trois heures. A partir d'un drame initial (la mort de sa belle-soeur), le personnage principal qui est retourné dans son village natal pour assister aux funérailles se déleste de ses liens terrestres (il fait le deuil de son ancien amour devenue bonne soeur et lui confie son neveu Dao âgé de cinq ans) pour partir à la recherche de son grand frère, le père de Dao, mystérieusement disparu. Le film est d'une grande beauté plastique et produit un réel effet d'immersion grâce à une bande-son aussi travaillée que la photographie. Quelques plans sont franchement sublimes (dont celui qui donne son titre au film) mais l'atmosphère est cafardeuse et le contenu, anémique. Les quelques pistes suivies par le personnage (recherche de la foi, recherche de son frère) ne perdent dans les sables et plus on avance, plus ce que l'on regarde devient abstrait, voire abscons à force de silence et de lenteur. Dans ce film contemplatif aux plans-séquence étirés à l'extrême, l'être humain finit par n'être plus qu'un minuscule point dans le paysage, les expériences et les liens entre les êtres deviennent purement théoriques. La fin qui entremêle rêve et réalité à moins que cela ne soit différentes temporalités fait penser à Apichatpong WEERASETHAKUL. Bref on est sur un premier film qui suit la tendance d'un cinéma d'auteur contemplatif qui certes fait preuve d'une grande maîtrise formelle mais délaisse humanité, émotions et dramaturgie. Pas sûr que cette direction marque les esprits durablement.
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