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Il reste encore demain (C'è ancora domani)

Publié le par Rosalie210

Paola Cortellesi (2024)

Il reste encore demain (C'è ancora domani)

Je n'ai pas tellement apprécié "Il reste encore demain" parce que je l'ai trouvé confus et sans rythme. L'histoire m'a paru bien longuette et répétitive et la fin, déceptive. Toutes ces cachotteries pour en arriver à l'exercice d'un droit dont on sait bien qu'il n'a pas mis fin aux violences faites aux femmes, ni d'ailleurs à une meilleure représentation des femmes en politique. J'ajoute qu'il y a de grosses incohérences telles que le dynamitage d'un café par un soldat US à la demande d'une pauvre mère de famille censé ne pas comprendre un mot d'anglais. Ou bien le fait qu'elle laisse de l'argent bien en vue sur une table pour sa fille alors qu'on sait que son mari leur prend tout. Là-dessus se greffent des confusions qui m'ont gêné. Au niveau du style, on a l'impression d'être dans une comédie italienne des années 70 mêlée avec le drame de Ettore SCOLA, "Une journee particuliere" (1977) mais avec des codes néo-réalistes des années 40. Au niveau du fond, les violences conjugales sont transformées en scènes de danse ce qui est d'une insigne maladresse, de même que le fait de faire disparaître les ecchymoses de Délia aussitôt apparues, comme si elles n'avaient jamais existé. D'ailleurs Délia (joué par Paola CORTELLESI elle-même) semble bien trop rayonnante dès que son mari n'est plus dans les parages pour apparaître telle qu'elle devrait être au bout de vingt ans d'un tel traitement. Rayonnante, fleur-bleue avec son ancien amoureux qui comme par hasard se trouve toujours sur son chemin, pleine d'énergie pour enchaîner quatre boulots mal payés et gueuler sur ses voisines commères. Bref, le film est plein d'intentions louables mais le rendu est assez lourd, maladroit et cliché.

Cependant si cinématographiquement parlant, j'ai trouvé "Il reste encore demain" assez mauvais, je comprends ses 5 millions d'entrées en Italie. Car sur le plan sociologique, le film vise en effet juste. Il s'interroge sur la reproduction des violences conjugales de génération en génération, plus particulièrement de mère en fille. Ainsi, Delia qui est tyrannisée au quotidien par son mari de toutes les manières possibles (contrôle de ses moindres mouvements et confiscation de son argent, insultes, coups, humiliations et dénigrement systématique) n'a longtemps qu'un seul désir: voir sa fille dans une belle robe de mariée. Fille déjà bien partie pour prendre le relai de sa mère: privée d'école, obligée de travailler pour arrondir les fins de mois de sa famille pauvre et flanquée d'un fiancé qui promet de la mettre au pas une fois qu'elle "sera à lui". Et tout le monde de se réjouir, mère et fille compris du destin qui l'attend parce qu'il y a à la clé une bague, une belle robe et un "statut de dame". Belle manière de souligner la façon dont l'aliénation est intégrée par celles qui en sont victimes. Evidemment, le film montre comment Délia torpille ce destin tout tracé et réoriente l'avenir de sa fille en prenant conscience de ses droits.

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