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Winter Break (The Holdovers)

Publié le par Rosalie210

Alexander Payne (2023)

Winter Break (The Holdovers)

J'avoue ma perplexité devant le concert d'éloges autour de "Winter break" qui se veut un hommage aux oeuvres de Hal ASHBY, hommage que l'on entend notamment lors du générique, chanté par Cat Stevens. Mais je n'ai pas du tout retrouvé l'état d'esprit anticonformiste du réalisateur de "Harold et Maude" (1971) et de "Bienvenue Mister Chance" (1979) dans "Winter Break". Le début est plutôt prometteur avec quelques punchlines bien senties du prof vachard envers ses élèves et des élèves entre eux. Mais cela ne dure pas longtemps puisque le principe du film est de réunir trois laissés-pour-compte des fêtes de noël dans le lycée déserté: le prof vachard qui en réalité est un pathétique loser, un élève abandonné par sa famille et la cuisinière qui a perdu son fils au Vietnam et n'a pas le coeur à la fête. J'ai eu bien du mal à croire en cette reconstitution des années 70 qui m'a parue artificielle et surtout, j'ai trouvé l'intrigue du film terriblement convenue. On sait dès le départ que le professeur (joué par Paul GIAMATTI) bourru a un coeur d'or, on a déjà vu ça cent cinquante fois au moins, on sait qu'il va s'attacher au gamin (insignifiant) et vice-versa. Quant à la cuisinière, le scénario a prévu le moyen de compenser sa perte. Tout ce petit monde forme au final une jolie famille de substitution réunie autour des repas et de la soirée télévision sur le canapé. On cherche désespérément quelques aspérités auxquelles se raccrocher pour se sentir quelque peu concerné par ce qui se passe sur l'écran mais rien ne dépasse. Pour couronner le tout, fallait-il pour justifier le rejet quasi unanime que subit le professeur l'affubler de tant de tares? Petit, borgne, misanthrope, pédant, puant le poisson pourri (un désordre métabolique socialement invalidant), suant des mains et vraisemblablement impuissant même si Alexander PAYNE ne s'aventure pas sur ce terrain là hormis lors d'une scène maladroite alors que Hal ASHBY l'aurait exploré sans aucun tabou. Mais de toutes façons, on aura compris que ce n'est pas véritablement chez lui que Payne a puisé son inspiration mais dans le "Merlusse" (1935) de Marcel PAGNOL, une référence nettement moins "arty".

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