Suzanne
Katell Quillévéré (2013)
J'avais vu "Suzanne", le deuxième film de Katell QUILLEVERE il y a 10 ans et son dernier film, "Le Temps d'aimer" (2022) m'a donné envie de le revoir. Au jeu des similitudes et des différences, les premières l'emportent largement: un début ancré dans une époque révolue; une chronique qui couvre l'histoire d'une famille sur vingt ans entrecoupée d'ellipses temporelles; une mère célibataire très jeune incapable de s'occuper de son enfant et qui se choisit un destin romanesque; l'évolution de cet enfant que l'on voit en bas âge, puis sur le point d'entrer au collège et enfin adolescent. Néanmoins en regardant Sara FORESTIER jouer, ce qui m'a sauté aux yeux, c'est sa ressemblance avec Sandrine BONNAIRE dans "A nos amours" (1983) de Maurice PIALAT. C'est ensuite que je me suis souvenue que son personnage s'appelait Suzanne et que cette ressemblance n'avait donc rien de fortuit. La Suzanne de Katell QUILLEVERE est en quelque sorte une émanation de celle de Maurice PIALAT. Moins provocante mais tout aussi radicale et irréfléchie, elle en fait voir des vertes et des pas mûres à sa famille que pourtant elle aime. Une contradiction insurmontable vis à vis de son père veuf et introverti (excellemment joué par Francois DAMIENS à contre-emploi), de sa soeur bien plus mûre qu'elle (Adele HAENEL) et de son fils Charlie qu'elle laisse derrière elle, préférant vivre une vie de cavale et d'incarcération aux côtés du truand qu'elle a dans la peau. L'alliage de réalisme brut et de mélodrame hollywoodien intrigue à défaut de complètement convaincre mais le film est prometteur.
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