Mars Express
Jérémie Périn (2023)
Esthétiquement superbe, le film d'animation néo-noir et cyberpunk de Jeremie PERIN m'a tout de même déçue de par son manque d'originalité et de profondeur. Ce que développe le film -la relation entre l'homme et les robots- a été déjà traité de nombreuses fois depuis que Isaac Asimov a formulé en 1942 les lois qui fondent l'éthique des robots, l'avatar high-tech d'un mythe remontant à Prométhée et à Frankenstein pour ne citer que ses figures les plus connues. La plupart des oeuvres de SF qui en ont dérivé questionnent l'âme des robots (comme la série "Real Humans : 100 % humain" (2012) ou "Ghost in the Shell" (1995)) leurs émotions et leur degré de libre-arbitre. Par conséquent, tôt ou tard ils échappent à leurs créateurs et peuvent même se retourner contre lui (comme par exemple dans "2001 : l'odyssee de l'espace" (1968) ou "Blade Runner") (1982). On le voit, "Marx express" croule tellement sous les références qu'il peine à proposer une vision personnelle et surtout incarnée. On reste en surface, tant en ce qui concerne les personnages dont la diversité de nature est sous-exploitée (humain, humain augmenté, robot sauvegardant la mémoire d'un être humain décédé, robot "déplombé" c'est à dire débridé par des hackeurs ou bien au contraire instrument servile) qu'en ce qui concerne l'univers, magnifique, pensé dans les moindres détails, cohérent mais cruellement privé de contexte et de vie. C'est ce qui à mon avis explique qu'il s'oublie très vite et comporte contrairement à ses modèles (en plus de la SF il y a tous les films noirs et néo-noirs américains autour de la figure du privé) bien peu de mélancolie (seul le fantôme de Carlos dans son corps de robot apporte un peu d'émotion à ce film par ailleurs aussi froid qu'une machine).
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