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L'Homme qui rétrécit (The Incredible Shrinking Man)

Publié le par Rosalie210

Jack Arnold (1957)

L'Homme qui rétrécit (The Incredible Shrinking Man)

Les deux romans de science-fiction de Richard MATHESON que j'ai lu sont restés gravés en moi tant il excelle à mettre en scène les plus grandes peurs de l'humanité (la solitude, la mort, la perte) mais également à les relativiser, donnant à ses livres une dimension philosophique. Dans "Je suis une légende" comme dans "L'homme qui rétrécit", le personnage commence par lutter pour survivre dans un monde hostile avant de basculer dans une attitude d'acceptation face à son propre anéantissement. Le contexte était également propice à ce genre de réflexions avec la guerre froide, la course aux armes de destruction massive, les pollutions chimiques des secteurs agricoles et industriels le tout masqué par l'idéologie du progrès et de la modernité des Trente Glorieuses.

Le film est très fidèle au livre et pour cause, c'est Richard MATHESON qui a écrit le scénario. Mais il faut également saluer le travail de Jack ARNOLD pour donner vie au cauchemar du rétrécissement sans fin du héros. Comme dans le livre, celui-ci se fait par étapes, comment autant d'épreuves le faisant passer d'être intégré socialement à phénomène de foire brutalement renvoyé aux marges du monde avant d'en être totalement exclu. Dans cette dernière phase, le personnage est comme Robinson sur son île, un être seul, primitif, devant lutter contre les éléments les plus banals devenus infranchissables (des caisses, l'escalier) ou mortels (le chat, l'araignée). Les effets spéciaux, bluffants pour l'époque, sont essentiels à la réussite du film. Ils jouent beaucoup sur l'illusionnisme, les rapports de taille et d'échelle entre personnages et environnement ainsi que divers trucages comme les transparences. Grâce à tout ce travail et à l'interprétation habitée de Grant WILLIAMS, on s'identifie à ce personnage victime de son environnement, à son impuissance et à l'énergie du désespoir qu'il met à survivre.

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