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Déserts

Publié le par Rosalie210

Faouzi Bensaïdi (2023)

Déserts

Il y a deux films dans "Déserts". Le premier qui dure la première heure narre avec brio les aventures de deux pieds nickelés d'une agence du recouvrement de Casablanca sillonnant les villages du sud marocain pour tenter d'obtenir le remboursement des crédits contractés par les villageois. Cette partie-là est très réussie. Un peu à la manière de Jacques TATI dans "Playtime" (1967), le récit déroule une variété de situations burlesques causées par l'inadéquation des deux bonhommes vêtus de costumes-cravates qui en font deux petites mains de la mondialisation à l'environnement rural profond dans lequel ils évoluent. Chaque saynète tout en faisant rire illustre en effet la violence sociale que le Maroc moderne et urbain exerce sur ses territoires arriérés sans occulter lors d'une ahurissante chorégraphie d'entreprise la violence qui s'exerce sur les employés eux-mêmes. Le comique jaillit au sein même de l'image, extrêmement bien composée. Pour ne prendre qu'un exemple, Medhi et Hamid réclament de l'argent à un homme à la porte de sa maison qui prétend ne plus avoir de chèvres alors que juste au-dessus d'eux, on voit justement une chèvre pointer le bout de son nez. Autre exemple, les deux employés frappent à la porte d'une maison qui semble vide mais une échelle apparaît depuis le toit d'où descendent silencieusement et sans être vus les habitants etc.

Puis au bout d'une heure, comme s'il avait épuisé son filon, le film change du tout au tout. Il délaisse Medhi et Hamid pour un personnage mutique de repris de justice qui s'évade dans le désert avec la femme qu'il aime après avoir braqué son mari, petit tyran local qui rackette les villageois. A partir de ce moment là, le film se perd dans les sables, se contentant de montrer les personnages errer dans les paysages désertiques (magnifiques au demeurant): l'évadé, la jeune femme, son mari qui les poursuit, les deux employés du recouvrement qui ont été dépouillés de leur voiture par l'évadé puis une cohorte de migrants. Ce remplissage ne tient évidemment pas la route et on est déconcerté par l'absence de lien avec la première partie. C'est donc un film largement inabouti qui aurait mérité d'être réduit de moitié ou alors d'avoir un développement plus convaincant et cohérent.

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