Wrong
Quentin Dupieux (2012)
Un employé archétypal de la classe moyenne aux journées réglées comme du papier à musique se réveille dans son pavillon de banlieue comme il en existe partout aux USA. Pourtant quelque chose ne tourne pas rond dans ce paysage conformiste au possible. Déjà l'horloge située près de son lit passe de "7h59" à "7h60" au lieu de "8h00". Ensuite le chien de Dolph Springer (Jack Plotnick) semble s'être mystérieusement volatilisé. Le grand palmier de son jardin s'est transformé en sapin. Enfin le pauvre homme qui a été licencié trois mois auparavant continue de se rendre comme si de rien n'était à son bureau, dans une agence noyée sous les trombes d'eau. Mais la perte de son chien contrairement à celle de son emploi menace de lui faire perdre la tête.
Bien que "Wrong" soit considéré comme un film lynchien en raison de la contamination du quotidien le plus banal et le plus conformiste par l'étrangeté, c'est aussi un film bunuélien où l'ombre de la folie guette Dolph mais aussi son entourage, constitué d'hommes qui pourraient être ses doubles. Le summum de la confusion est atteint avec son jardinier français (joué par Eric Judor dont l'évolution du jeu est impressionnante) qui pour avoir voulu profiter d'une nymphomane attirée par la voix de son maître au téléphone se retrouve dans une situation cauchemardesque, quand il n'est pas "possédé" (comme d'autres personnages) par une autre voix, celle du gourou ami des bêtes responsable de l'enlèvement du chien de Dolph. A plusieurs reprises, ces hommes se retrouvent coincés dans un film qui n'est pas le leur, sans prise sur des événements qui leur échappent, en proie à de terribles angoisses ce qui préfigure "Réalité".
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