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Les Ripoux

Publié le par Rosalie210

Claude Zidi (1984)

Les Ripoux

Amoral "Les Ripoux"? Pas plus que "Jackie BROWN" qui prend des risques en subtilisant de l'argent sale pour s'offrir une place au soleil qui lui aurait été interdite si elle était restée dans les clous de la loi et de sa fonction d'hôtesse de l'air de seconde zone. René Boisrond (Philippe NOIRET) c'est un peu pareil. Lui n'appartient pas aux minorités discriminées mais provient à l'évidence de par son langage, ses codes et ses goûts d'un milieu populaire pastis-PMU. Il est assez évident que Boisrond comprend et se sent bien plus proche du terrain que des institutions. Et ce n'est pas sa fonction officielle dans la maison "poulaga" qui va lui permettre de s'offrir la place au soleil dont il rêve. Parmi les qualités du film de Claude ZIDI, il y a celle de nous offrir un instantané de la vie grouillante d'un quartier populaire, celui de Barbès au début des années 80 avec toute une série de personnages issus de la rue adepte du système double D (débrouille et délinquance). Un monde parallèle d'artisans et commerçants aux pratiques délictuelles, de petits voleurs, vendeurs à la sauvette, sans-papiers, prostituées dont Boisrond pratique le langage et avec lequel il s'arrange selon des règles parallèles qui arrangent tout le monde au final. Car s'il fallait appliquer la loi à la lettre, les prisons déjà trop pleines exploseraient. Boisrond est donc l'un de ces rouages inavouables dont le monde de la légalité a besoin pour que "ça tourne". Une crapule décomplexée mais attachante à l'image de son quartier plein de vie et si utile à la société. D'où un sentiment de véracité dans la compréhension du réel qui explique que sur le fond, le film n'ait pas vieilli. On manque aujourd'hui visiblement de Boisrond dans la police pour apprendre la vraie vie, celle de "l'école de la rue" à tous les Lesbuche (Thierry LHERMITTE) hors-sol raides comme la justice et n'appartenant visiblement pas au même monde. Derrière la dynamique comique imparable au cinéma du duo de flics mal assorti lorsqu'il est interprété à la perfection et derrière le récit initiatique, c'est à regarder le monde avec d'autres yeux qu'invite le film. Même le commissaire Bloret (Julien GUIOMAR) avec ses prises involontaires de drogue en devient amusant!

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