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Faut pas s'en faire (Why Worry?)

Publié le par Rosalie210

Fred C. Newmeyer et Sam Taylor (1923)

Faut pas s'en faire (Why Worry?)

48 ans avant "Bananas" de Woody Allen et 53 ans avant "Tintin et les Picaros" d'Hergé, un hurluberlu (à moins que ce ne soit un joyeux Turluron) débarquait dans une république latino-américaine d'opérette en pleine révolution. Non pas San Theodoros ni San Marco mais Paradiso. Nom parfaitement ironique qui exprime le décalage entre l'image que les riches américains s'en font et ce qui s'y passe vraiment. Car Paradiso est une sorte de miroir grossissant des rapports Nord-Sud et plus précisément americano-mexicains. Outre sa fonction touristique pour VIP, l'île est à la merci sur le plan politique des aventuriers venu des USA qui veulent s'enrichir en y fomentant un coup d'Etat. Combien de coups d'Etat dans la région ont été commandités par les USA pour s'emparer par exemple des ressources pétrolières du Mexique?

C'est sur ce fond politico-bouffon (mais inspiré d'un contexte géopolitique réel) que se déploie une jolie histoire initiatique. Celle d'Harold, cet oisif milliardaire hypocondriaque (encore un point commun avec l'univers de Woody Allen) dont la vie tourne autour de son petit nombril ou plutôt de ses petites pilules et qui est tellement déconnecté de ce qui l'entoure qu'il ne comprend rien à ce qui se passe. Jusqu'à ce qu'il tombe amoureux de son infirmière (Jobyna Ralston) et que pour la protéger, il révèle des trésors de courage et d'ingéniosité. D'autre part il est aidé par l'Hercule du coin, Colosso (John Aasen), un beau bébé de 2 mètres 67 et 250 kg qui lui voue une reconnaissance éternelle après qu'il l'ait délivré de sa rage de dents. A eux trois, ils réussissent à mettre une armée entière en déroute, séquence hilarante où l'art de l'illusion de Lloyd fait merveille!

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