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7 ans de malheur (Seven Years Bad Luck)

Publié le par Rosalie210

Max Linder (1921)

7 ans de malheur (Seven Years Bad Luck)

10 ans avant l'émergence des grands noms du cinéma burlesque américain, Max Linder invente le genre au cinéma, d'abord en France puis aux Etats-Unis. 7 ans de malheur est le premier des trois longs-métrage qu'il a tourné aux USA au début des années 20. C'est le seul des trois qui nous est parvenu sans altération ou mutilation majeure. Hélas, Max Linder est depuis tombé dans l'oubli et ce n'est qu'aujourd'hui qu'un lent et patient travail de restauration nous permet de le redécouvrir et de lui redonner sa place au panthéon du cinéma mondial.

Une superstition affirme que briser un miroir est de très mauvais augure: cela apporte 7 ans de malheur. Or le film commence par Max enterrant joyeusement sa vie de garçon. Une soirée très arrosée qui lui fait perdre tous ses repères. Lorsqu'il rentre chez lui passablement éméché, il confond le mur où se trouve son armoire avec celui d'en face où se trouve la fenêtre ce qui lui fait commettre bévue sur bévue. En bref, il est prêt à passer de l'autre côté du miroir où il a pu mirer un autre moi parfaitement symétrique et synchrone pendant de longues minutes. Une scène célèbre qui a directement inspirée celle de Soupe au canard où les Marx Brothers interrogent leurs rapports fraternels. Chez Linder, conjurer le sort du miroir cassé, c'est devenir cet autre moi social, animal et même racial qui se cache derrière le costume du dandy. La suite du film est un immense jeu mené à 100 à l'heure où Max entre deux courses-poursuites pratique avec maestria l'art de la dissimulation et du déguisement pour berner les autorités quand il ne rentre pas se réfugier dans une cage aux fauves, lesquels s'avèrent être ses meilleurs amis (la scène inspirera directement Chaplin pour le Cirque). Le dénouement qui se déroule 7 ans plus tard nous prouve que le sort est effectivement conjuré: Max et sa femme filent le parfait amour en compagnie de leurs 7 enfants et autant de chiens. Le 7 n'est plus un symbole de malheur mais d'harmonie cosmique et cyclique qui renvoie à la première image du film, une plongée sur une table circulaire qui évoque un mandala.

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