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Articles avec #wilder (billy) tag

La valse de l'Empereur (The Emperor Waltz)

Publié le par Rosalie210

Billy Wilder (1948)

La valse de l'Empereur (The Emperor Waltz)

Bien que très mineure dans la filmographie de Wilder, cette Valse réalisée en 1948 se laisse voir sans déplaisir. Pas tellement en raison du technicolor daté et de la chanson sirupeuse interprétée par Bing Crosby (qui vaut au film l'étiquette exagérée de "comédie musicale"). Mais à cause du fait qu'il injecte dans un univers très kitsch à la Sissi une bonne dose de screwball comédie ainsi qu'une critique acerbe des discriminations sociales et surtout raciales. Issu d'une famille juive autrichienne, né dans l'empire austro-hongrois au début du vingtième siècle puis exilé aux USA, Wilder a perdu une partie de sa famille à Auschwitz. C'est ce parcours que l'on retrouve dans un film Mitteleuropa situé à la Belle Epoque mais qui évoque en réalité le nazisme et l'épuration raciale. On comprend mieux pourquoi l'histoire d'amour impossible entre une comtesse autrichienne et un commis voyageur américain (joués par Joan Fontaine et Bing Crosby) s'accompagne d'une métaphore canine qui a le mérite de mettre les points sur les i. Car lorsque Shéhérazade la chienne de race de la comtesse promise à une saillie avec le chien de l'empereur François-Joseph accouche de petits bâtards qu'elle a eu avec Buttons, le chien du commis voyageur, le père de la comtesse ordonne de les noyer...

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Irma la douce

Publié le par Rosalie210

Billy Wilder (1963)

Irma la douce

Le début du film nous plonge dans le ventre d'un Paris fantasmé de carton-pâte avec voix-off qui rappelle le début d'Ariane. Et ce n'est que le premier des nombreux échos aux précédents films de Wilder en particulier Sabrina (pour le conte de fée type Cendrillon avec chaussure perdue et Lord-prince charmant), Ariane déjà cité (pour le mixage du conte de fée et du graveleux), Certains l'aiment chaud (le type impuissant ranimé par les bons soins d'Irma ou qui se retrouve dans un espace confiné entouré de filles) et enfin La Garçonnière (Les parties de cartes se substituant au sexe avec le retour du beau couple formé par Jack Lemmon et Shirley Mc Laine ainsi que plusieurs seconds rôles). On est cependant loin de la finesse et de la profondeur des meilleures œuvres de Wilder. Il faut dire que l'opposition caricaturale entre les deux destins dIrma, celui de l'épouse et maman et celui de la putain n'aide pas. Tout semble outrancier, forcé, artificiel, jusqu'à la pirouette finale fantastique dont le seul intérêt est peut-être de remettre en cause le happy-end en rappelant que Nestor n'a pas avoué ses mensonges à Irma qui est persuadée qu'elle a porté l'enfant d'un autre. Mais le mordant des dialogues ravit (ah ce début parfaitement rythmé où Irma embobine ses clients avec des histoires plus mélodramatiques les unes que les autres sur son passé pour qu'ils ajoutent quelques billets.) Quant à la performance de Jack Lemmon dans un triple rôle (Nestor le policier, Nestor le mac et Lord X) elle vaut le détour. Comme presque toujours chez Wilder, les personnages passent par tout un tas d'épreuves (et d'identités) pour obtenir le droit de "se la couler douce". Alors même si Wilder n'est pas l'auteur du sujet tiré d'une comédie musicale à succès de 1956 (livret d'Alexandre Breffort, musique de Marguerite Monnot) même s'il méprisait le résultat et même si le film a mal vieilli (et dure tout de même 2h30!), il serait dommage de passer à côté.

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Témoin à charge (Witness for the Prosecution)

Publié le par Rosalie210

Billy Wilder (1957)

Témoin à charge (Witness for the Prosecution)

Témoin à charge est un film de procès, assez théâtral et statique donc qui fut souvent confondu à l'époque de sa sortie avec Le procès Paradine d'Hitchcock. L'influence d'Agatha Christie qui est l'auteur de la nouvelle et de la pièce dont est tiré le film est également très forte avec tous ces rebondissements qui rendent l'issue du procès imprévisible (et la vérité tout autant).

Mais si pour ces deux raisons, Témoin à charge n'est pas le film le plus personnel de Wilder il vaut quand même le détour pour ses dialogues brillants et sa direction d'acteurs exceptionnels. Les numéros des deux monstres sacrés amis de Wilder, Laughton et Dietrich sont à déguster sans modération. Wilder a eu l'idée géniale de mettre en valeur le personnage joué par Laughton, Sir Wilfrid en le confrontant en permanence à son infirmière trop zélée Miss Plimsoll ce qui donne lieu à des dialogues ciselés comme il en avait le secret. De plus l'infirmière est jouée par la femme de Laughton ce qui ajoute encore plus de saveur à ces chamailleries de vieux couple où Wilfrid tente 1001 stratagèmes pour fumer ses cigares et boire son brandy en douce ou prouver qu'il n'est pas un grabataire bon à mettre au placard. Quant à Dietrich, il lui offre un rôle à tiroirs qui lui permet de jouer brillamment de son image de femme fatale froidement manipulatrice tout en s'essayant à d'autres registres (l'amoureuse éperdue, la gouailleuse à l'accent cockney etc.)

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La huitième femme de Barbe-Bleue (Bluebeard's Eighth Wife)

Publié le par Rosalie210

Ernst Lubitsch (1938)

La huitième femme de Barbe-Bleue (Bluebeard's Eighth Wife)

Pour apprécier à sa juste valeur cette comédie de Lubitsch réalisée en 1938 il faut avoir en tête le contexte de l'époque. Celui des tournages en studio avec effets de transparence pour simuler un tour d'Europe et code Hays tout-puissant contraignant à évoquer la sexualité de façon allusive et métaphorique. D'autre part si les spécialistes du cinéma mettent en avant plutôt Haute Pègre ou To be or not to be, la Huitième femme de Barbe-Bleue est une comédie tout aussi brillante. De plus c'est la première collaboration de Lubitsch avec le duo Brackett-Wilder qui signe le scénario. Wilder a beaucoup appris de Lubitsch et ses futurs chefs-d'oeuvre comiques sont déjà en germe dans les scénarios qu'il écrit pour son compatriote.

La Huitième femme de Barbe-Bleue est un parfait exemple de Lubitsch "touch", cette capacité unique à mélanger plusieurs sortes de comique pour former un tout précis, rythmé, harmonieux. Screwball comédie (remariage et guerre des sexes), comédie loufoque à la Hawks avec des cris d'animaux émis par des humains comme dans l'Impossible M.Bébé sorti la même année, satire autour du pouvoir et de l'argent, burlesque (gifles, fessées, coups de poing) sur fond de musique martiale, comédie sophistiquée avec le décorum de la haute société, allusions grivoises dès la première scène du "pyjama partagé" (une idée de Wilder ce qui n'est pas surprenant) puis avec l'évocation cryptée de la frustration sexuelle (nom de code Tchécoslovaquie, un autre type de frustration après les accords de Munich de 1938) et du sado-masochisme (fessée, camisole...)

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Un, deux, trois (One, Two, Three)

Publié le par Rosalie210

Billy Wilder (1961)

Un, deux, trois (One, Two, Three)

Comédie satirique réalisée en 1961 au moment de l'édification du mur à Berlin, Un, deux, trois se caractérise par son rythme molto furioso c'est à dire complètement hystérique. Dominé par La danse du sabre de Khatchadourian et l'abattage d'un James Cagney roublard au débit de parole digne d'une mitraillette, le film renvoie dos à dos le capitalisme et le communisme dans un joyeux jeu de massacre dont nul ne sort indemne. En grand admirateur des Marx Brothers (d'où le jeu de mots "I said Karl Marx, not Groucho!"), Wilder orchestre une logique du désordre qui envoie valdinguer les oppositions binaires, le communiste se convertissant en capitaliste pendant que le capitaliste fricote avec des communistes, tous deux se révélant au final aussi opportunistes et cyniques l'un que l'autre. Les gags, très réussis, jouent à fond sur les symboles des deux idéologies (Coca-Cola utilisé pour soudoyer les gardes est-allemands à l'égal du champagne, trabant qui se désosse lors d'une course-poursuite alors que la mercedes n'a pas une égratignure, horloge à coucou oncle Sam qui sonne de plus en plus vite au fur et à mesure que progresse le relookage du communiste, frénésie d'achats jusqu'à faire ressembler le bureau à un magasin, portrait de Khrouchtchev qui en tombant révèle celui de Staline, coup de chaussure d'un commissaire politique soviétique qui rappelle justement celui de Khrouchtchev à l'ONU etc.) mais aussi sur les nomenclatures, attitudes et jeux de mots les plus révélateurs. Les différents noms de l'hôtel est-allemand (Bismarck puis Göering puis Potemkine) évoquent l'histoire de la ville tout comme les employés constamment au garde à vous devant leur chef ou l'assistant qui claque des talons à tout va et reconnaît dans un journaliste son ancien patron nazi. L'épouse de Cagney surnomme son mari autoritaire "Mein Führer" et ironise sur sa secrétaire qui "lui donne des cours de langue". Quant à l'écervelée Scarlet, la fille du patron de Cagney "She has gone with the wind" of course!

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Embrasse-moi idiot (Kiss me, Stupid)

Publié le par Rosalie210

Billy Wilder (1964)

Embrasse-moi idiot (Kiss me, Stupid)

Les meilleures comédies de Wilder étaient fondées sur un équilibre entre l'audace de leur histoire et de certaines répliques/situations et une sensibilité humaniste qui finissait par emporter le morceau (Certains l'aiment chaud, Ariane, La Garçonnière). Rien de tel dans Embrasse-moi idiot qui est une satire féroce du rêve américain sans aucun compromis. C'est à la fois sa force et sa limite.

C'est une force car le film est un jeu de massacre brillant et jubilatoire sur le thème de l'arrivisme cher à Wilder. Pour décrocher un contrat avec Dino, un chanteur à succès obsédé sexuel de passage dans leur ville, deux compositeurs locaux Orville Spooner et Barbey Milsap imaginent un stratagème pour le retenir consistant à lui offrir l'épouse d' Orville pour une nuit. Comme Orville est un jaloux pathologique, le rôle de l'épouse est confié à une prostituée, Polly pendant que Zelda, la femme d'Orville est censée retourner chez ses parents. Mais à la suite d'une série de quiproquos les faux-semblants tombent et les deux femmes échangent vraiment leurs rôles. La première se prend à rêver à la vie d'une épouse respectable alors que la seconde en chaleur et frustrée par son odieux mari fait d'une pierre deux coups: elle se venge de son époux tout en le servant auprès de Dino. Après tout n'est-ce pas le rôle d'une épouse modèle? On comprend que l'amoralité totale de cette histoire qui égratigne la sacro-sainte famille américaine ait fait scandale et entraîné l'échec commercial du film. Et ce d'autant plus que le code Hays s'étant affaibli, Wilder peut aborder la sexualité et l'adultère de façon beaucoup plus frontale qu'avec 7 ans de réflexion auquel Embrasse-moi Idiot ressemble beaucoup. Les allusions sexuelles sont permanentes avec divers objets phalliques (cactus, bouteille, chandelles), le nom des lieux (Climax traduit en VF par "Jouy", Chaude-ville et vallée du paradis), et de savoureuses répliques à double sens dans la bouche de Dino: " Je mettrai la main à la pâte." "Elle me montrera son persil." etc. Dean Martin qui interprète Dino s'amuse beaucoup avec son image de crooner prédateur sexuel à qui il faut absolument son en-cas tous les soirs sinon il se réveille le matin avec la migraine!

Malgré toutes ces qualités, Embrasse-moi idiot est un film limité. Comme 7 ans de réflexion, c'est un vaudeville plus épicé certes mais tout aussi laid et vulgaire. Une laideur et une vulgarité assumées, nécessaires mais que rien ne vient contrebalancer. Laideur morale du mari douteux, mesquin, méchant, parano, hypocrite et intéressé (ne parlons même pas de son acolyte qui vendrait père et mère pour l'argent et la gloire). Vulgarité du chanteur hédoniste bouffi, crétin, animal, visqueux et de son regard sur la prostituée réduite à ses fesses et son décolleté plongeant. Les femmes sont nettement plus fines que leurs congénères cro-magnonesques. Kim Novak est sublime plastiquement et touche avec son beau visage mélancolique et Félicia Farr (l'épouse de Jack Lemmon à la ville) est mutine à souhait. Mais on est quand même pas loin du dégoût.

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La vie privée de Sherlock Holmes (The Private Life of Sherlock Holmes)

Publié le par Rosalie210

Billy Wilder (1970)

La vie privée de Sherlock Holmes (The Private Life of Sherlock Holmes)

Film réalisé après plusieurs échecs successifs et amputé d'une bonne partie de son intrigue initiale (à l'origine il devait durer 4h), La vie privée de Sherlock Holmes respire la brume, le blues, l'amertume. Non que le film soit dépourvu d'humour. On retrouve les dialogues ciselés habituels chez Wilder et des quiproquos hilarants, comme celui superbement chorégraphié où lors d'une fête dans les coulisses de l'opéra des danseurs se substituent aux danseuses autour de Watson au fur et à mesure que la rumeur de son homosexualité se répand. Mais l'arrière-plan est crépusculaire. Cinéaste des faux-semblants, Wilder a voulu sonder le célèbre personnage de fiction à la perfection inhumaine et en révéler les failles. D'où la métaphore limpide du monstre du Loch Ness qui oblige à plonger sous la surface des eaux pour en explorer les profondeurs. Son Sherlock Holmes est mélancolique, drogué et impuissant. Sa relation ambiguë avec Watson est un paravent qui lui permet de fuir le contact avec l'autre sexe. Lorsque Ilse s'offre à lui nue mais sous une fausse identité (celle de Gabrielle Valladon), il se laisse abuser psychologiquement tout en restant physiquement paralysé. Une situation réitérée tout au long du film tel un leitmotiv douloureux. En témoigne la scène où ils se surnomment par leurs noms d'emprunt, ceux d'un couple marié, alors qu'ils dorment dans deux lits-couchettes de train, jumeaux mais séparés. Celle-ci fait écho en négatif au rapprochement transgressif des corps au sein de ces mêmes trains-couchettes propices à la promiscuité dans "Certains l'aiment chaud" et "Uniformes et jupons courts". On pense également à la scène où il trouve Ilse nue dans son lit et la recouvre. Rarement la sexualité réprimée n'aura été aussi finement évoquée. Cela ne rend que plus poignantes les déclarations d'amour muettes ou codées que s'envoient l'espionne et le détective car la distance qui les sépare est infranchissable.

Derrière Sherlock Holmes, c'est aussi en arrière-plan un autoportrait de Robert Stephens, grand acteur shakespearien écrasé durant toute sa carrière par la figure de Laurence Olivier et souffrant de troubles bipolaires, d'alcoolisme et d'addiction sexuelle. Les exigences de Billy Wilder l'ont tellement fragilisé qu'il a fait une tentative de suicide pendant le tournage, fragilité qui ressort dans le film.

Rajoutons que la reconstitution de l'époque victorienne est somptueuse grâce notamment au travail d'Alexandre Trauner sur les décors, absolument fabuleux.

Echec à sa sortie, "La vie privée de Sherlock Holmes" est devenu culte avec le temps et a inspiré à son tour d’autres oeuvres à commencer par la série "Sherlock"  dont les auteurs ont d’ailleurs dit que le film de Wilder était plus proche de l’esprit des histoires originales que les adaptations "canoniques". En se situant de nos jours, l’aspect sociopathe et déréglé du personnage ressort de façon encore plus évidente.

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Les cinq secrets du désert (Five Graves to Cairo)

Publié le par Rosalie210

Billy Wilder (1943)

Les cinq secrets du désert (Five Graves to Cairo)

Le deuxième film hollywoodien de Wilder sorti pendant la seconde guerre mondiale brode une intrigue d'espionnage à partir de l'épisode de la guerre du désert qui opposa les allemands aux anglais pour le contrôle du canal de Suez, principale voie d'accès alliée aux colonies britanniques de l'Océan indien et à l'URSS. Mais le film est moins historique que propagandiste. Il s'agit surtout d'expliquer comment les alliés ont pu vaincre Erwin Rommel, l'un des plus brillants généraux nazis. L'intrigue est assez invraisemblable et fait penser à une série B. Mais la Wilder's touch relève l'ensemble. Le film s'insère parfaitement dans la thématique wildérienne déguisement-usurpation d'identité-quiproquo cette fois-ci à des fins dramatiques. Le rythme du film est très maîtrisé avec une situation de huis-clos tendu où le suspens est constant grâce à des rebondissements parfaitement calculés. La plupart sont introduits par Farid le maître d'hôtel qui joue un rôle clé. La photographie est superbe et Erich von Sroheim impérial dans le rôle de Rommel.

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Uniformes et jupons courts (The Major and the Minor)

Publié le par Rosalie210

Billy Wilder (1942)

Uniformes et jupons courts (The Major and the Minor)

Uniformes et jupon court est la première réalisation américaine de Billy Wilder. Cette variation alerte et plaisante sur le thème de Lolita pose les bases de son univers à base de déguisements, d'usurpation d'identités, de quiproquos et situations rocambolesques, de sous-entendus sexuels permanents et de dialogues incisifs. L'illusion créée par le déguisement et l'humour font passer ce que les situations peuvent avoir de scabreux et déjouent la censure. Comme 17 plus tard dans Certains l'aiment Chaud, Wilder réussit au nez et à la barbe du code Hays à faire cohabiter dans la même couchette de train un lieutenant et une soi-disant gamine de 12 ans pour laquelle il éprouve de une attirance embarrassante. Ladite gamine grandissant à vue d'oeil lorsqu'il s'agit de vamper tout un régiment. Susan qui s'est en partie déguisée pour échapper au harcèlement des hommes (le billet 1/2 tarif est un prétexte) éprouve une vraie jouissance à mener le jeu de séduction tout en découvrant l'amour. Ray Milland et Ginger Rogers sont excellents.

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Le Poison (The Lost Weekend)

Publié le par Rosalie210

Billy Wilder (1944)

Le Poison (The Lost Weekend)

Lorsque le 4° film de Billy Wilder sort sur les écrans il marque une petite révolution. C'est en effet la première fois qu'un film hollywoodien traite frontalement de l'alcoolisme. La descente aux enfers de Don Birnam, un écrivain raté vivant aux crochets de son frère est impressionnante de réalisme avec un Ray Milland particulièrement habité. Son addiction est disséquée dans des séquences à la mise en scène inventive. La figure du cercle vicieux apparaît dès la première image de beuverie et devient celle du film. La fin, un happy end en trompe-l'œil reprend exactement les images du début comme un éternel recommencement. Son obsession pour l'alcool devient celle de la caméra qui lors d'une scène d'opéra fixe verres et bouteilles bien remplis avant que le souvenir de la bouteille qui est dans la poche de son imper laissé au vestiaire n'envahisse tout l'espace. Nous voyons et ressentons l'avilissement et la rage de cet homme présenté comme foncièrement faible et lâche. Il ment, manipule, mendie, vole, menace, agresse, casse tout pour s'enfuir des lieux où on l'enferme, obtenir de l'argent ou directement de l'alcool. La scène où en pleine crise de manque il se traîne en vain d'un prêteur sur gages à l'autre pour mettre sa machine à écrire au clou est très forte.

Dommage néanmoins que les seconds rôles ne soient pas à la hauteur. Son frère et sa fiancée, deux saint-bernards très lisses font de la figuration. D'autre part certains effets visuels sont ratés. Je pense en particulier aux hallucinations de sa crise de delirium tremens. La souris qui fait une crevasse dans le mur passe encore (on est pas loin de Répulsion de Polanski) mais le mobile en forme de chauve-souris non!

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