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Articles avec #minnelli (vincente) tag

Tous en scène (The Band Wagon)

Publié le par Rosalie210

Vincente Minnelli (1953)

Tous en scène (The Band Wagon)

"Tous en scène" de Vincente MINNELLI est la quintessence du second âge d'or de la comédie musicale dominé par la MGM, à égalité avec l'autre sommet que constitue "Chantons sous la pluie" (1952) de Stanley DONEN. Les deux films ont d'ailleurs plus d'un point commun:

- C'est le même duo de scénaristes qui est aux commandes, Betty COMDEN et Adolph GREEN et par conséquent les thématiques des deux films sont voisines avec dans l'un et l'autre cas une mise en abyme de l'univers du show business à un moment délicat de son histoire (passage du cinéma muet au cinéma parlant, de la comédie musicale années 30 à la comédie musicale années 50). On peut imaginer que le duo de scénaristes de film joué par Nanette FABRAY et Oscar LEVANT est leur double de fiction. Par ailleurs le rôle de Cosmo Brown dans "Chantons sous la pluie" (1952) est inspiré de Oscar LEVANT et avait été écrit à l'origine pour lui.

- On y trouve le même salutaire sens de l'autodérision. A la voix de crécelle de Lina Lamont joué par Jean HAGEN se substituent les caprices de diva de Fred ASTAIRE à propos de son âge, de sa carrière et de la taille de ses partenaires de danse transposés sur son personnage de fiction, Tony Hunter. Le caractère mégalo de la comédie musicale que doit préparer la troupe (un "Faust moderne" défendu avec force mimiques outrancières et effets spéciaux ridicules par le metteur en scène Jeffrey Cordova interprété par Jack BUCHANAN et inspiré de l'acteur-réalisateur José FERRER) aboutit par ailleurs à un bide monumental obligeant la troupe à revenir à plus de simplicité.

- La structure des numéros musicaux présente des similitudes avec une longue séquence finale où les deux films (et les deux arts, théâtre et cinéma) se croisent: "Tous en scène" qui raconte la création d'un spectacle finit dans l'univers des privés, gangsters et femmes fatales des films noirs ("Girl Hunt") alors que "Chantons sous la pluie" (1952) qui raconte le tournage du premier film parlant "Lockwood et Lamont" se termine par un hommage aux comédies musicales de Broadway ("Broadway Melody"). Cyd CHARISSE est par ailleurs présente dans les deux numéros. Dans "Chantons sous la pluie" (1952), elle porte une cigarette à sa bouche. Dans "Tous en scène" on découvre qu'elle déteste fumer (autre détail autobiographique, on y découvre ses origines de danseuse classique). Et les deux films possèdent leur hymne fédérateur avec "Make 'Em Laugh" dans un cas et "That's Entertainment" de l'autre (doublé d'un grand moment burlesque, celui des fameux "Triplets"). Enfin chaque film a son moment de grâce gravé dans toutes les mémoires: le "Singin' in the rain" de Gene KELLY contre le "Dancing in the dark" de Fred ASTAIRE et Cyd CHARISSE dont c'était par ailleurs le premier grand rôle "parlant" au cinéma.

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Le Chant du Missouri (Meet Me in St. Louis)

Publié le par Rosalie210

Vincente Minnelli (1944)

Le Chant du Missouri (Meet Me in St. Louis)

Si la qualité d'un film se mesurait juste au scénario, "Le Chant du Missouri" serait un épouvantable navet. Il n'y a pas vraiment d'histoire d'ailleurs dans le film qui se résume à de jolies cartes postales célébrant les valeurs et les rites familiaux les plus traditionnels (Halloween, Noël) avec une grande et belle maison, une grande progéniture (5 enfants!), un pater familias chargé de faire vivre son foyer et donc presque toujours absent, une mère au foyer ménagère modèle assistée d'une domestique intégrée dans le cercle familial et un aéropage de petites filles modèles (le seul garçon, on ne le voit presque pas). Il est amusant de constater que cinq ans plus tard, Mervyn LeROY reprendra une partie du casting pour sa version de "Les Quatre filles du Dr March" (1949) avec Mary ASTOR une fois de plus dans le rôle de la mère (dans les systèmes patriarcaux, il n'y a que deux rôles possibles pour une femme, celui de la maman et celui de la putain, rôle que Mary ASTOR a parfaitement endossé dans "Le Faucon maltais") (1941) ainsi que la jeune Margaret O BRIEN dans le rôle de l'une de ses filles.

Il y aurait donc tout pour s'ennuyer ferme devant cette bluette passéiste (le film date de 1944 mais l'histoire se déroule en 1903) sans autre intrigue que de petits flirts parfaitement inintéressants et un déménagement avorté qui confirme s'il en était encore besoin le caractère viscéralement réac de cette famille qui rejette la grande ville pour les charmes de l'entre-soi à la campagne. Mais voilà c'est Vincente MINNELLI qui est aux commandes pour son troisième film "en chanté" (le premier en couleurs) et c'est un régal aussi bien pour l'oeil (l'utilisation des couleurs, notamment dans les gammes de costumes est prodigieuse) que pour l'oreille (les chansons à l'inverse de l'histoire sont toutes très réussies), le tout enlevé par une sublime Judy GARLAND hyper bien mise en valeur. De plus Vincente MINNELLI peut être considéré avec ce film comme le fondateur de la comédie musicale moderne, celle qui intègre les numéros musicaux et chorégraphiés dans le fil de l'histoire, aussi mince soit-elle, une structure qui donnera plus tard avec des scénarios plus étoffés et plus audacieux des chefs d'oeuvre tels que "Chantons sous la pluie" (1952), "Mary Poppins" (1964) ou "Les Demoiselles de Rochefort" (1967).

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Un américain à Paris (An American in Paris)

Publié le par Rosalie210

Vincente Minnelli (1951)

Un américain à Paris (An American in Paris)

Un américain à Paris n'est pas un chef-d'oeuvre car il est trop inégal pour cela. La faute à un scénario bourré de clichés qui tient sur un timbre-poste assorti avec un Paris de carte postale reconstitué en studio et donc assez figé. Mais dans ce médiocre canevas sont incorporés des morceaux de génie qui composent à la fois une invitation au rêve et un hommage à l'art sous toutes ses formes. A ce titre l'Américan in Paris Ballet final, morceau de bravoure de 17 minutes est une des expérience d'art total les plus réussies du cinéma avec son hommage aux grands peintres dont le style donne lieu à une ambitieuse tentative de correspondance avec la musique et la danse. Autre morceau mythique le concerto en fa où Oscar Levant se duplique pour jouer tous les rôles à l'intérieur d'une salle de concert. Enfin les pas de deux sous les ponts du duo Kelly-Caron sont magiques et gracieux.

Ces moments de grâce on les doit à la collaboration de plusieurs talents. Gershwin pour la musique, Gene Kelly pour les chorégraphies et la danse, Minelli pour la mise en scène et le sens de la couleur. Ancien peintre, il conçoit le film comme une sucession de tableaux. Enfin le producteur Arthur Freed a joué un rôle important dans la création du film. Dommage que celui-ci n'ait pas bénéficié d'un scénariste à la hauteur.

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