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Articles avec #hawks (howard) tag

Les hommes préfèrent les blondes (Gentlemen Prefer Blondes)

Publié le par Rosalie210

Howard Hawks (1953)

Les hommes préfèrent les blondes (Gentlemen Prefer Blondes)

Les hommes préfèrent les blondes est la seule comédie musicale réalisée par Howard Hawks. Il s'agit d'un divertissement enjoué et drôle avec un zeste de burlesque derrière lequel se dissimule une satire vitriolée des rapports hommes-femmes dictés par l'argent et le sexe. Les premiers sont dépeints comme des benêts infantiles quant aux secondes, sexy en diable, fortes et indépendantes, elles manipulent les premiers avec délectation. Marilyn qui était alors moins connue (et moins payée) que Jane Russell lui vole facilement la vedette. Elle joue le rôle de la ravissante idiote (ou plutôt celle qui feint de l'être "je peux être intelligente quand il le faut mais la plupart des hommes n'aiment pas ça") avec jubilation, assumant crânement la totale vénalité de son personnage capable notamment de faire les yeux doux à un vieux barbon juste parce qu'il possède une mine de diamants. Diamonds are a girl's best friends isn't it?

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Scarface

Publié le par Rosalie210

Howard Hawks (1932)

Scarface

Un film noir, très noir, au sens propre et au sens figuré. Le film de Hawks a contribué à fixer les codes du genre tout en s'inscrivant dans un contexte précis, celui de la société américaine au temps de la Prohibition.

Scarface raconte l'ascension et la chute d'un gangster, Tony Camonte surnommé Scarface à cause de la balafre en forme de croix qui marque sa joue gauche. Un motif récurrent dans le film et qui désignait autrefois l'emplacement d'un cadavre. Pour se hisser au sommet de la pègre, Camonte qui n'a aucun scrupule prend le plus court chemin, celui du crime. Il assassine ses patrons successifs qui croyant se servir de lui sont vite débordés par son comportement incontrôlable, ses rivaux ainsi que tous ceux qui lui résistent. Ses meurtres sont mis en scène dans des plans-séquences magistraux tout en clair-obscur comme celui de Gros Louis, son premier patron (On pense fortement à M Le Maudit d'autant que Tony sifflote juste avant de tuer). La montée de la violence est illustrée par les pages d'un calendrier qui défilent sur fond de rafale de mitraillette alors que les cadavres s'accumulent comme le montre la scène des 7 hommes du gang O' Hara abattus dans un garage au sommet duquel on voit des bardeaux en forme de croix (xxxxxxxx). Les autorités sont incapables de protéger la société et de contrer les gangsters particulièrement retors lorsqu'il s'agit de manipuler l'habeas corpus garanti par l'Etat de droit. Quant à la société, elle est fascinée par ces modèles tapageurs de réussite rapportés dans les journaux. Le gangster est le self-made man du capitalisme sauvage. Tony s'achète des costumes coûteux, va au théâtre, séduit la maîtresse de son patron aux goûts de luxe etc.
Scarface ne peut donc être arrêté que par lui-même. Sa chute est un modèle d'auto-destruction. La femme fatale du film est sa sœur Cesta au caractère tout aussi indomptable que lui et pour laquelle il éprouve une jalousie incestueuse proche de la folie qui conduira à sa perte. Hawks s'est inspiré des Borgia pour dresser le portrait de cette relation perverse sur fond de pouvoir. Entre eux il y a le second couteau de Tony, Rinaldo dont le tic consistant à lancer en l'air une pièce de monnaie à été repris dans de nombreux films comme Certains l'aiment chaud où son interprète George Raft dit au bandit qui lance la pièce "Pourquoi tu m'imites?" (!) Enfin le secrétaire de Tony surnommé l'abruti offre un contrepoint comique bienvenu à toute cette noirceur même s'il y a aussi quelque chose de pathétique dans ce personnage.

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Chérie, je me sens rajeunir (Monkey Business)

Publié le par Rosalie210

Howard Hawks (1952)

Chérie, je me sens rajeunir (Monkey Business)

15 ans après L'impossible M. Bébé, Hawks renoue avec les aventures rocambolesques d'un scientifique farfelu joué par Cary Grant. L'effet de connivence avec le spectateur a lieu dès le générique où Hawks interpelle à deux reprises Cary Grant par son prénom d'acteur pour lui signifier qu'il entre trop tôt en scène bref qu'il est décalé. Mais les références à son chef d'oeuvre ne s'arrêtent pas là. Hawks reprend la scène où Grant cache l'arrière-train de sa femme avec un objet (ici une serviette) car elle se promène en sous-vêtements sous son tablier et ne s'en est pas aperçue. On retrouve aussi au centre du jeu un animal, Esther le chimpanzé qui s'avère directement responsable de la retombée en enfance des protagonistes. Cette métamorphose permet de faire sauter les inhibitions et de renouer avec ses instincts primitifs. Cary Grant est particulièrement irrésistible dans ce registre. La fin où il scalpe son rival déguisé en indien au milieu des enfants est un grand moment burlesque. Mais sa phase adolescente est aussi très drôle à cause du décalage entre son apparence et son comportement de chauffard et de dragueur ridicule. L'occasion de placer un délicieux dialogue plein de sous-entendus sexuels lié à la jalousie de sa femme qui a découvert des traces de rouge à lèvre sur son visage: " J'ai battu des records (...) J'ai fait des choses folles (...) Pas étonnant que tu sois épuisé mon chéri." Derrière le fantastique se cache l'autopsie d'un couple un peu usé que la bombe Marilyn Monroe (encore peu connue et dans un rôle secondaire) va sortir de sa torpeur. Et il n'y a pas que Grant/Barnaby qui rêve de "jouer" avec elle et de lui mettre la main au panier. Le vieux directeur du laboratoire Oxly est très intéressé par le réveil de la libido d'un chimpanzé de 84 ans. Et lorsqu'il boit l'élixir de jouvence, il utilise une bouteille d'eau de Seltz comme un pistolet à eau pour tirer en direction des fesses de sa secrétaire, le tout au milieu d'une joyeuse pagaille. Le film de Hawks a le même titre en VO que celui des Marx Brothers de 1931. C'est peut-être une coïncidence mais elle ne manque pas de saveur quand on voit Grant et Rogers saccager par leurs gamineries un très sérieux conseil d'administration.
Si le film de Hawks reste cependant en deça de ses précédents chefs d'oeuvre c'est à cause de longueurs entre les scènes comiques mais aussi à cause d'une fin ultra-conventionnelle où tout rentre dans l'ordre comme si le moment de folie vécu n'avait été qu'un défoulement, un carnaval sans conséquence.

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L'impossible monsieur Bébé (Bringing up Baby)

Publié le par Rosalie210

Howard Hawks (1938)

L'impossible monsieur Bébé (Bringing up Baby)

Hawks, largement ignoré dans son propre pays a été défendu par la critique française, notamment Les cahiers du cinéma (La nouvelle vague était très « hichcoco-hawksienne »). Mais si Hitchcock a été défendu surtout par Truffaut, c’est Rivette qui a mis en évidence l’importance de Hawks en 1953 avec un article intitulé Génie d’Howard Hawks : en apparence, Hawks ne fait jamais le même film et touche à tous les genres : films de gangster (Scarface), screwball comédies (Train de luxe, L’impossible M. Bébé, La dame du vendredi, Chérie je me sens rajeunir, Boule de feu, Le sport favori de l’homme, Allez coucher ailleurs ce dernier comme Certains l’aiment chaud ou Sylvia Scarlett étant aussi un drag-film puisque Cary Grant est déguisé en femme la moitié du temps), films d’aviation (Seuls les anges ont des ailes), western (La captive aux yeux clairs, Rio Bravo, Rio Lobo, Eldorado), films noirs (le port de l’angoisse, Le grand sommeil), comédie musicale (Les hommes préfèrent les blondes), fantastique (La chose d’un autre monde qui a donné lieu à un remake de John Carpenter, The Thing). Le génie de Hawks pour Rivette c’est de rester lui-même et reconnaissable quel que soit le genre abordé. En effet, il filme toujours de la même façon, à hauteur d’homme et de façon très énergique.

L’impossible M. Bébé est une comédie de la science comme Chérie je me sens rajeunir et Boule de feu. Le film aborde également le changement de sexe et les limites de l’humain (l’identité sexuelle souvent instable est au cœur des films de Hawks). C’est une screwball comédie (screwball signifie frénétique, fofolle, loufoque, déjantée) avec une forte présence de l’animalité (« comédie avec chien, léopard et brontosaure ») héritée du burlesque (Harold Lloyd) où un tandem qui se dispute se réconcilie à la fin.
Le film appartient au genre de la comédie du remariage (thème majeur de la screwball comédie) en ce que le héros est sur le point d’épouser une certaine Mrs Swallow qui lui promet une vie fossilisée symbolisée par le brontosaure. La rencontre avec Susan lui permet de suivre son instinct et de se réconcilier avec sa part animale qu’il refuse au départ comme le montre sa réaction à la première vision du léopard. La contamination homme/animal est particulièrement forte pendant le dîner avec le major qui imite le cri du léopard. Le film est anarchiste car il s’en prend à toutes les institutions et tous les conformismes. La screwball comédie est profondément subversive socialement, notamment sur les rapports hommes/femmes. Elle joue un rôle d’exutoire comme le carnaval en renversant l’ordre établi et en proposant des modèles de femmes fortes et libres.

Les sources de comique sont nombreuses :
-Répétition (par exemple: les phrases répétitives comme « Je reviens dans une minute Mr Peabody" ou « Tout va bien »)
-Gestes : olives, chutes, inversion des sacs de femme, costumes déchirés etc. L'héritage burlesque joue à plein comme le film avec Laurel et Hardy Son altesse Royale de Léo Mc Carey (un court-métrage muet) où l’on trouve également le gag de la robe déchirée.
-Allusions salaces : « Mr Bone-Mr Bony » qui signifie en argot "en érection" ; « Cet os doit faire partie de la queue » ; Mrs Swallow ; « Arrêtez de faire ça avec votre chapeau » (en fait une main aux fesses déguisée).
-Inversion, métamorphose, transformation (homme/femme), dédoublement (léopard apprivoisé/sauvage) et symétrie (première et dernière séquence, celle-ci étant reprise dans La mort aux trousses).

 

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