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Articles avec #hansen-love (mia) tag

Eden

Publié le par Rosalie210

Mia Hansen-Love (2014)

Eden

Il vaut mieux aimer la "french touch" pour apprécier un film qui comporte un grand nombre de scènes musicales en boîte de nuit. Sans nul doute, le film de Mia HANSEN-L-iVE est trop long, trop répétitif et ne parvient pas aussi bien qu'il aurait fallu à faire ressentir l'échec de la vie de son personnage principal, Paul (Felix de GIVRY), un DJ de musique électronique spécialisé dans le garage (inspiré du frère de la réalisatrice). Certes, son parcours finit par être assez pathétique à force d'enchaîner les déconvenues sentimentales et les bides financiers. Une réelle mélancolie sourde émane de cet éternel adulescent observant, impuissant ses ex le quitter et avoir des enfants avec d'autres, des amis disparaître, son style musical devenir has-been etc. Néanmoins le dénommé Paul est trop propre sur lui, trop lisse et trop bobo pour être vraiment touchant. Solaje évoque avec ironie le fait qu'il se déplace en taxi à Paris alors qu'il est censé être désargenté mais même son logement sous les toits avec sa baie vitrée courant sur toute la longueur du couloir n'est pas à la portée de toutes les bourses. Sans parler de ses aller-retour entre Paris et New-York et de sa consommation de coke. Surtout, les années ont beau défiler sur l'écran, lui ne change pas d'un poil ou presque, ses copines non plus d'ailleurs ce qui achève s'il en était encore besoin de rendre le film complètement irréel, plus rêverie mêlée de spleen que véritable chronique ancrée dans l'histoire et la réalité sociale. Finalement, le plus sympa dans ce film un peu poseur reste le contrepoint des touches d'humour apportées par les membres du groupe Daft Punk (interprétés par Vincent LACOSTE et Arnaud AZOULAY) qui eux traversent le temps avec succès mais se font systématiquement recaler à l'entrée des boîtes de nuit parce que sans leurs casques "il y a un problème de dress code" ^^.

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Bergman island

Publié le par Rosalie210

Mia Hansen-Love (2021)

Bergman island

Il n'y a selon moi que deux ou trois choses à sauver dans ce film: la musique, les paysages (très bien photographiés) ... et la bibliothèque de Ingmar Bergman. Pour le reste, il s'agit d'un exercice de style calibré pour plaire à la critique cannoise c'est à dire à une élite bourgeoise internationale ayant par le passé déjà sacré un film qui tournait autour du réalisateur suédois ("Les meilleures intentions" de Bille August en 1992). Mais pour vraiment le connaître, mieux vaut passer son chemin que de regarder ce film prétentieux et creux qui n'est même pas capable de restituer correctement ce qui fait le génie du réalisateur. On a droit au contraire à une vision caricaturale, sinistre et nombriliste qui évacue la part de magie et d'enfance de son oeuvre ("La Flûte enchantée" et "Fanny et Alexandre" en étant les plus beaux exemples) et plus généralement, tout son versant lumineux (la comédie "Sourires d'une nuit d'été" n'est même pas évoquée sans parler des baladins, comédiens et jeunes menant la vie de bohème pleins de joie de vivre qui peuplent nombre de ses films. Quant à "Scènes de la vie conjugale", le film le réduit à un cliché, celui des divorces que celui-ci aurait entraîné alors qu'il est bien plus complexe que cela). Et si le but était de faire de l'ironie sur le culte du cinéaste, c'est raté: Ingmar Bergman n'est certainement pas quelqu'un qui génère un tourisme de masse!

L'aspect inauthentique du prétendu hommage à Ingmar Bergman (hormis la beauté des lieux qui l'ont inspiré) est ce qui m'a le plus agacé tant il sent la posture à plein nez. Si on l'enlève, il n'y a plus grand-chose à se mettre sous la dent. Le couple de scénaristes américains interprétés par Tim Roth et Vicky Krieps est lui aussi l'objet d'une enfilade de clichés (paraît-ils, autobiographiques. Mais on ne fait pas des films que pour soi ou pour l'entre-soi, surtout que ni Mia Hansen-Love, ni Olivier Assayas son ancien compagnon ne sont Ingmar Bergman): la différence d'âge déjà entre les deux (la deuxième pourrait être la fille du premier), leur très vague crise conjugale à peine effleurée, leurs scénarios bidons (comme l'est celui du film qui ouvre des pistes sans les explorer). De celui de monsieur, on ne saura absolument rien sinon qu'il contient des dessins copiés sur le Kamasutra (ou inspirés de Sade?) Quant à celui de madame, il fait l'objet d'une double mise en abyme totalement inutile au vu de la vacuité de son sujet (un couple qui se sépare, se retrouve, se sépare à nouveau etc. joués par Mia Wasikowska et Anders Danielsen Lie, ce dernier tout aussi monolithique que dans "Oslo 31 août" de Joachim Trier) Tout cela se termine en queue de poisson, logique puisqu'il n'y avait rien à dire.  

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