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Fantômes en fête (Scrooged)

Publié le par Rosalie210

Richard Donner (1988)

Fantômes en fête (Scrooged)

"Fantômes en fête" est une adaptation contemporaine du "Christmas carol" de Charles Dickens. L'histoire est transposée dans le New-York des années 80 qui se caractérise par l'insolente réussite de ses yuppies sur fond de grande misère sociale. Cette opposition brutale est symbolisée par la verticalité de l'urbanisme du central business district. Les riches vivent au sommet des tours et les pauvres végétent dans les bas-fonds ce qui confirme la justesse de la ségrégation socio-spatiale qu'avait imaginé un demi-siècle plus tôt Fritz LANG avec "Metropolis" (1926). Terry GILLIAM en a également proposé une illustration saisissante dans l'un de ses meilleurs films, "Fisher King" (1991).

"Fantômes en fête" repose en grande partie sur les épaules de sa star Bill MURRAY au point de rapidement tourner au one man show. Le titre en VF d'ailleurs est un clin d'œil appuyé à "S.O.S. fantômes" (1984) alors qu'en VO "Scrooged" est une référence au héros du conte de Dickens. Néanmoins le résultat est inégal en raison d'un scénario grossièrement manichéen. Aux grands méchants arrivistes tels que Frank Cross, le directeur de chaîne de TV cynique et cruel joué par Bill MURRAY il oppose les bons sentiments avec des personnages plus tire-larmes les uns que les autres: la veuve et l'orphelin mutique, le chômeur SDF vengeur, l'ex dévouée aux causes charitables mais qui dans le fond de son cœur n'attend que de retomber dans les bras du grand manitou, le héros lui-même lorsqu'il était un pauvre enfant négligé etc. Tant que le film reste centré sur les agissements odieux de Frank Cross, on s'amuse beaucoup car l'abattage de Bill MURRAY fait merveille. Mais à partir du moment où confronté à son passé, son présent et son futur (à l'aide de fantômes d'un goût discutable), il commence à s'amender, le film sombre dans la mièvrerie pour finir par une désolante scène de fin moralisatrice et hypocrite qui est à peu près du n'importe quoi filmé n'importe comment. Sur un canevas finalement pas si éloigné, Harold RAMIS réussira quelques années plus tard un chef-d'oeuvre de la comédie fantastique qui immortalisera Bill MURRAY, "Un jour sans fin" (1993).

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