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Articles avec #court-metrage tag

Charlot dans le parc (In the Park)

Publié le par Rosalie210

Charles Chaplin (1915)

Charlot dans le parc (In the Park)

Charlot dans le parc est le quatrième film tourné par Chaplin pour la Essanay. Pourtant il est très "keystonien" et fait penser par exemple au "Maillet de Charlot" ou encore à "Charlot et la somnambule" tournés en 1914. Chaplin disait à propos du premier film qu'il a réalisé (ou co-réalisé) en 1914 "Charlot et le chronomètre" qu'il lui suffisait d'un banc, d'une jolie fille et de deux trouble-fêtes pour faire une bonne comédie.

La recette des "park comédies" de la Keystone est donc largement réemployée au point que l'on peut parler ici de remake. En voici les ingrédients:

- L'unité de lieu: un parc qui a déjà servi de décor à "Charlot et le chronomètre".

- Le comportement amoral de Charlot, qui vole, joue les receleurs, frappe, tente de séduire grossièrement une femme qui a déjà un prétendant (on retrouve d'ailleurs dans ce film un gag phallique déjà utilisé dans "Charlot et la somnambule" et qui inspirera plus tard Harpo Marx: la jambe tendue posée abruptement sur les genoux d'une dame ici Edna Purviance).

- Des gags burlesques bruts de décoffrage déjà vus et revus à la Keystone: coups de pied aux fesses, claques, coups de briques...

- Un combat de coqs entre des messieurs de classe sociale différente: Un comte (Léo White), un bourgeois (Bud Jamison), un va-nu-pieds (Chaplin), un pickpocket (Billy Armstrong).

- La chute: lorsqu'on voit surgir le lac une ou deux minutes avant la fin, on sait qu'une bonne partie du casting va finir dedans.

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Max en convalescence

Publié le par Rosalie210

Max Linder (1911)

Max en convalescence

Max en convalescence tout comme Les débuts de Max au cinéma a un caractère autobiographique. Victime d'un accident pendant un tournage (éventration à la suite d'un saut acrobatique en patin à roulettes au Théâtre de la Cigale), Max Linder dût subir une opération et s'arrêter plusieurs mois en 1911 durant lesquels il effectua sa convalescence auprès de sa famille dans le bordelais.

L'influence des frères Lumière est bien repérable. Le début est un quasi copier-coller de L'arrivée d'un train en gare de La Ciotat. Sauf que nous ne sommes pas dans le sud-est mais dans le sud-ouest, à Saint-Loubès précisément. Max est accueilli par sa sœur Marcelle et tous deux se rendent dans la maison de leurs parents Jean et Suzanne Leuvielle (le véritable nom de Max Linder étant Gabriel Leuvielle). Le décor champêtre semble idéal pour se reposer. Mais c'est sans compter sur l'animosité d'un poney qui prend un malin plaisir à tourmenter le pauvre Max, l'arrosant, le faisant tomber de sa chaise et finalement le précipitant dans le canal. Seul le chien fidèle de la famille viendra à son secours.

Max Linder met en scène beaucoup d'animaux dans ses films. Soit en tant qu'alliés, soit en tant qu'ennemis. On peut tout à fait interpréter cette omniprésence comme une représentation des pulsions refoulées. Pulsion de vie avec le chien et pulsion de mort avec le poney. Le caractère autodestructeur de Max Linder n'avait pas encore pris le dessus mais il s'exprimait déjà dans ce film qui montre également qu'en dépit de l'apparente sérénité familiale, Max s'était isolé avec une existence de saltimbanque très éloignée des valeurs bourgeoises de celle-ci. La fin en forme d'engloutissement préfigure l'oubli de Max dans sa propre famille, l'enterrement honteux de ses films dans le jardin, une omerta que sa fille mettra des dizaines d'années à briser.

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Les débuts de Max au cinéma

Publié le par Rosalie210

Louis J. Gasnier et Max Linder (1910)

Les débuts de Max au cinéma

Max se rend chez les frères Pathé pour obtenir son premier rôle au cinéma, recommandé par un ami du théâtre de l'Ambigu Comique où il se produisait tous les soirs. Il y a donc une mise en abyme autobiographique savoureuse autour des vicissitudes du métier d'acteur: on le promène de bureau en bureau, il est giflé, défenestré, bombardé de meubles, jeté et roulé à terre, arrosé... Et à la fin on lui demande de remercier gentiment la caméra ce qui le fait exploser et s'en prendre au réalisateur (Lucien Nonguet).

Le titre est cependant trompeur. Ce n'est pas le premier film que Max Linder a tourné pour les frères Pathé. Il a commencé en effet cinq ans auparavant mais la plupart des films dans lesquels il a joué entre 1905 et 1910 (au rythme de un par jour!) sont semblent-ils perdus. On ne sait d'ailleurs pas exactement combien il en a tourné soit en tant qu'acteur sous la direction d'un des réalisateurs maison (Gasnier, Monca, Nonguet, Zecca etc.) soit en tant que réalisateur. On sait juste que c'est durant cette période qu'il a inventé son personnage de "Max", jeune dandy raffiné et séducteur à moustache fine et chapeau haut-de-forme.

L'art cinématographique n'en étant qu'à ses débuts, on ne sera pas surpris de l'abondance de plans basiques larges et fixes où l'on filme les décors de cinéma comme s'il s'agissait d'une scène de théâtre. Tout au plus remarque-t-on un léger raccord au moment de la bagarre de rue.

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Max prend un bain

Publié le par Rosalie210

Lucien Nonguet (1910)

Max prend un bain

Tourné en 1911, Max prend un bain est une comédie de mœurs assez tordante. A cause de ses tics nerveux, le docteur "Saimelamort" recommande à Max de prendre des bains froid une heure par jour. Mais en 1911, les appartements même bourgeois sont dépourvus de salle de bains et d'eau courante. Voilà donc ce pauvre Max contraint de prendre son bain sur le palier en espérant n'être vu de personne. Evidemment il n'en est rien et le jeune homme déclenche un joli scandale pour "atteinte à la pudeur". La baignoire devient une sorte de chaise à porteurs lorsqu'elle est expédiée avec son propriétaire jusqu'au commissariat. Puis après avoir vidé son contenu sur les policiers, Max s'enfuit en se cachant dessous, la transformant en baignoire-tortue à pattes. Pour finir il s'en sert comme projectile contre les policiers lancés à sa poursuite. L'absence de son costume daté fait encore plus ressortir la modernité du jeu de Max Linder, sa simplicité et son naturel. Il apparaît incroyablement vivant et proche de nous, plus de 100 ans après le tournage du film.

Bien que l'on trouve une majorité de plans larges et fixes, on observe aussi quelques innovations: l'insert d'un gros plan en plongée quand Max se cache sous l'eau pour tenter de ne pas être vu de ses voisins et une plongée verticale sur un sol peint en trompe-l'oeil pour faire croire qu'il s'agit d'un mur.

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Charlot débute au cinéma (His new Job)

Publié le par Rosalie210

Charles Chaplin (1915)

Charlot débute au cinéma (His new Job)

"His new job" est le premier film que Chaplin a tourné pour la Essanay d'où un titre qui peut être perçu comme une allusion au début de son nouveau contrat. Mais ce n'est pas le premier de ses films qui a pour cadre un studio de cinéma. Il en avait déjà tourné deux pour la Keystone: "Charlot fait du ciné" ("A film Johnnie") et "Charlot grande coquette" ("The Masquerader"). Dans "His new job", Chaplin y fait d'ailleurs allusion en nommant les studios fictifs dans lesquels il joue studios "Lockstone"! Ces films reflètent les premiers pas de Chaplin autant qu'ils nous renseignent sur l'époque pionnière du cinéma à Hollywood. On y voit apparaître Ben Turpin et même Gloria Swanson dans un petit rôle.

"His new job" n'est pas le meilleur court-métrage de Chaplin. Il se traîne en longueur et donc manque de rythme. De plus il utilise par moments des gags éculés de type slapstick (coups de marteau, gifles, coups de pied et de sabre aux fesses, porte dans la figure...) Mais il montre aussi un Charlot gaffeur, élément perturbateur dans un scénario trop bien huilé, semant la zizanie devant et derrière la caméra (et en plus il sort indemne de toutes les situations compromettantes, les apparences donnant tort à ses partenaires!) Un Charlot prolétaire assez brut de décoffrage, impoli voire brutal comme dans les premiers films de la Keystone. Mais voilà qu'il se permet d'entrer sans autorisation dans la loge de la star du film et revêt son uniforme (l'usurpation d'identité est au cœur des films de Chaplin). A ce moment là seulement et pour un bref moment, l'autre Charlot/Chaplin se fait jour, le gentleman distingué et sentimental qui s'épanouira dans ses films ultérieurs. Oui Chaplin est double et même un film aussi imparfait que celui-là en porte la marque.

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Max veut divorcer (Max Wants to Divorce)

Publié le par Rosalie210

Max Linder (1917)

Max veut divorcer (Max Wants to Divorce)

Max Linder a tenté par deux fois de faire du cinéma aux Etats-Unis. Avant de réaliser ses longs métrages indépendants, il a été embauché en 1916 par la Essanay qui souhaitait trouver un remplaçant à Chaplin qui venait de les quitter. Hélas l'aventure tourna court (les raisons ne sont pas claires: problème de santé ou manque de succès). Sur les 12 films prévus, il n'en tourna finalement que 3 dont 2 sont parvenus jusqu'à nous. Max veut divorcer est l'un de ces deux films, l'autre étant Max et son taxi.

L'intrigue de Max veut divorcer est assez sordide puisqu'il s'agit d'organiser un flagrant délit d'adultère pour divorcer et toucher un héritage avec la complicité de l'épouse mais le film est sauvé du mauvais goût par son grain de folie. En effet dans la pièce qui jouxte celle où Max reçoit sa pseudo-maîtresse un psychiatre reçoit lui des fous furieux plus hauts en couleur les uns que les autres, entassés dans une pièce qui finira par déborder et emporter tout le monde dans un délire contagieux.

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Charlot joue Carmen (Burlesque on Carmen)

Publié le par Rosalie210

Charles Chaplin (1915)

Charlot joue Carmen (Burlesque on Carmen)

Suite aux films "Carmen"  de Cecil B. DeMille et "Carmen" de Raoul Walsh tous deux sortis en 1915, Charlie Chaplin décida de faire sa propre adaptation de la nouvelle de Prosper Mérimée et de l'opéra de Bizet en parodiant la version de Cecil B. DeMille. Chaplin voulait faire un film en deux bobines, soit 30 minutes, mais les studios Essanay n'étaient pas d'accord. La version désirée par Chaplin sortit quand même le 18 décembre 1915, mais ce fut son dernier film pour la Essanay. Dès qu'il quitta les studios pour aller chez Mutual, ils s'empressèrent de tourner de nouvelles scènes avec Ben Turpin et de réintégrer des scènes écartées par Chaplin au montage. Au final ils obtinrent un film en 4 bobines de plus de 60 minutes qui ressortit le 22 avril 1916 et fut ensuite exploité dans cette version. Furieux, Chaplin qui n'avait pas été consulté intenta un procès contre Essanay, mais en vain. Il fallut attendre les années 1990 pour qu'une nouvelle version de 30 minutes proche de celle que voulait Chaplin voit le jour.

Le version reconstituée d'après les notes de tournage de Chaplin est assez inégale. Il y a des longueurs (même sur 30 minutes) mais aussi quelques passages burlesques très réussis comme le combat dans l'auberge et un final surprenant qui fait de cette version comique de "Carmen" le précurseur d'un film comme "La folie des grandeurs".

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Charlot au music-hall (A Night in the Show)

Publié le par Rosalie210

Charles Chaplin (1915)

Charlot au music-hall (A Night in the Show)

A night in the show est un film original parmi ceux que Chaplin a tourné pour la Essanay. Non par ses gags burlesques, très classiques (jet de tomates, tartes à la crème, chutes, arrosage général de l'assemblée à la lance à incendie) mais par le fait que Chaplin pour une fois ne joue pas son personnage de Vagabond. Il le remplace par un double rôle, deux facettes de sa personnalité qui apparaissaient déjà à la Keystone et qu'il reprendra dans nombre de ses films ultérieurs. D'un côté "M. Pest" (le fâcheux en VF) le dandy éméché caractériel qui sème la zizanie dans le parterre et les loges réservés aux riches ainsi que sur la scène et de l'autre "M. Rowdy" (le chahuteur en VF) l'ouvrier en salopette et chapeau rond encore plus ivre que M. Pest et qui sème la pagaille d'abord au balcon où il se trouve avec les pauvres puis dans les autres espaces du music-hall sans parler du fait qu'il manque tomber à chaque fois qu'il veut féliciter les artistes. L'absence de scénario ne pose pas de problème tant le film s'apparente à un jeu de massacre burlesque où chaque numéro est l'occasion d'une surenchère dans le défoulement. Et en renvoyant dos à dos son ouvrier malappris et son dandy infréquentable, Chaplin montre que derrière le vernis du smoking et du haut de forme, les pulsions et la grossièreté sont les mêmes lorsque l'alcool produit son effet désinhibant.

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Charlot marin (Shanghaied)

Publié le par Rosalie210

Charles Chaplin (1915)

Charlot marin (Shanghaied)

En anglais, le verbe « to shanghai » qui donne son titre au film en VO est un terme de marine qui signifie "enivrer ou endormir un homme pour l’embarquer sur un navire qui est à court d’équipage." Or c'est exactement ce qui arrive à Charlot. Il se retrouve coincé sur un navire qui est une bombe à retardement puisque l'armateur a demandé à son capitaine de faire couler le bateau en mer pour toucher la prime d'assurances. Evidemment les gaffes de Charlot vont compromettre ce plan. A cette intrigue principale s'en ajoute une autre, plus sentimentale. Charlot est amoureux de la fille de l'armateur (Edna Purviance) mais ce dernier s'oppose à leur union. Bravant son père, Edna s'embarque clandestinement déguisée en marin à bord du bateau. Celui-ci lorsqu'il le découvre part se porter à son secours.

Le film est inégal et un peu décousu. Il y a des longueurs, surtout au début. Puis à partir du moment où l'on voit Charlot dans les cuisines du navire, les scènes deviennent plus intéressantes. Chaplin utilise un décor sur rondins (comme dans l'Emigrant) pour faire croire au tangage du navire, danse avec un os de gigot, a le mal de mer et accomplit sous nos yeux des acrobaties assez impressionnantes avec un plateau dans les mains.

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His Regeneration

Publié le par Rosalie210

Gilbert M. Anderson (1915)

His Regeneration

Gilbert M. Anderson en cow-boy armé d'un pistolet est aujourd'hui la mascotte de la collection "cinéma muet" des éditions DVD Lobster. Il fut en effet la première star du western avec son personnage de Broncho Billy qu'il incarna dans 148 courts-métrages. Mais il était aussi réalisateur, scénariste, producteur et l'un des fondateurs des studios Essanay dans lesquels s'illustra Chaplin comme réalisateur et acteur entre 1915 et 1916.

His Regeneration réalisé par Anderson n'a pas de titre en VF car il n'a jamais été distribué en France. Il ne vaut que pour la très courte apparition de Chaplin dans les premières minutes du film. Celui-ci voulait remercier "Broncho Billy" d'avoir fait une courte apparition dans "Charlot boxeur" en lui rendant la pareille. Dans le générique, Anderson précise d'ailleurs qu'il a été "un peu aidé par Chaplin". Mais en fait s'il avait eu suffisamment de recul, il aurait dû ajouter "merci à Chaplin d'avoir sauvé mon film de l'oubli". Car il n'y a rien d'autre à sauver dans ce court-métrage incohérent où on voit un criminel (Anderson himself) se battre avec un rival dans un café puis faire un cambriolage qui tourne mal puisqu'il tue son partenaire, puis être "sauvé" par une jeune fille qui le couvre ce qui suffit à assurer sa rédemption. 

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