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Articles avec #court-metrage tag

Malec l'insaisissable (The Goat)

Publié le par Rosalie210

Buster Keaton et Malcom St-Clair (1921)

Malec l'insaisissable (The Goat)

"The Goat" a été malencontreusement traduit en français par "La chèvre" même si "Malec l'insaisissable" est le titre le plus souvent employé en VF. "The Goat" fait en effet allusion au statut de bouc-émissaire de Buster Keaton ("scapegoat" en VO) un malchanceux pris à tort pour un dangereux criminel et poursuivi par le chef de la police. Réalisé en 1921, c'est l'un des courts-métrages les plus importants de Buster Keaton. Le degré de sophistication des gags, véritables chorégraphies millimétrées annonce ses longs-métrages. Le plan saisissant de Keaton assis à l'avant d'une locomotive fonçant sur la caméra annonce le "Mécano de la Général" par exemple. L'influence de "The Goat" déborde d'ailleurs l'œuvre de Keaton puisque Chaplin s'inspirera de la scène d'inauguration de la statue pour l'ouverture des "Lumières de la ville".

Malcolm St Clair, co-réalisateur du film avec Buster Keaton avait été précédemment scénariste puis réalisateur chez Mack Sennett. Il apparaît dans le film dans le rôle du vrai truand, Dead Shot Dan qui en se baissant au moment de se faire photographier laisse Keaton (qui se trouvait juste derrière lui) prendre sa place.

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Les Mistons

Publié le par Rosalie210

François Truffaut (1958)

Les Mistons

Voici le contenu de l'annonce parue le 31 juillet 1957 dans le journal Midi Libre: "Offre d'emploi pour (futures) vedettes. Metteur en scène de cinéma cherche 5 jeunes garçons de 11 à 14 ans pour jouer "Les Mistons". S'adresser à Midi Libre." Le metteur en scène c'est Truffaut qui a déjà réalisé un premier court-métrage en 1954 "Une visite" qu'il a renié, le jugeant indigne. Miston signifie gamin dans le Midi. Or l'histoire se déroule à Nîmes.

Avec ce film, Truffaut pose les principes de la Nouvelle Vague: tournage en décors naturels, large part laissée à l'improvisation et au système D, autofinancement, acteurs inconnus au jeu fluide et naturel. C'est la première apparition de Bernadette Lafont dont on peut comprendre la convoitise qu'elle suscite chez les gamins. Tout chez elle n'est que mouvement et sensualité avec ses pieds nus et sa jupe volant au vent lorsqu'elle pédale ou joue au tennis. Mais la vie est indissociable de la mort qui finit par frapper la jeune femme, l'enfermant dans un voile noir de tristesse. L'influence de Renoir dans cette célébration de l'Eros se muant en Thanatos paraît évidente.

"Les Mistons" préfigure les grands films sur l'enfance que réalisera Truffaut par la suite. Il avait pensé à faire dans un premier temps un film à sketches, idée qu'il développera et qui deviendra "L'argent de poche." Quant à Bernadette, Claude Miller a peut-être pensé à ce film lorsqu'il lui a offert le rôle de la mère de l'Effrontée près de 30 ans plus tard.

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Une partie de campagne

Publié le par Rosalie210

Jean Renoir (1936)

Une partie de campagne

Ce que je trouve absolument fascinant dans "Partie de campagne" c'est la manière dont Renoir suggère trois temporalités (passé, présent, avenir) à partir d'un même lieu.

- Le passé situé dans la seconde moitié du XIX° siècle est celui de la nouvelle de Maupassant mais aussi (et surtout) celui du propre père de Jean Renoir, l'illustre peintre impressionniste Auguste Renoir. Le choix de tourner sur les bords du Loing s'explique avant tout par le fait qu'il s'agissait de paysages adorés par son père. Et combien de scènes du film se réfèrent à ses tableaux de la Balançoire à la Yole en passant par les Amoureux ou les Canotiers!

-Le présent est celui du tournage du film, l'été 1936, moment mythique du Front populaire où les classes laborieuses accèdent pour la première fois aux congés payés. "L"embellie dans des vies obscures" pour reprendre les mots de Léon Blum on la ressent dans l'aspect hédoniste et sensuel du film (l'envol sur la balançoire, la promenade au fil de l'eau, le rossignol, le temps des cerises ou encore Renoir dans un petit rôle qui invite à goûter la bonne "chair"...)

-Le futur est annoncé par les gros nuages noirs qui s'amoncellent, l'orage violent et le destin funeste d'Henriette (Sylvia Bataille) enchaînée à sa famille et à son mariage arrangé avec un sinistre imbécile. Henriette condamnée à ne plus vivre que dans ses souvenirs. Henriette dont la détresse du regard face caméra nous bouleverse toujours tel un petit agneau sacrifié sur l'autel de la mesquinerie bourgeoise. Une bourgeoisie dont le slogan "Mieux vaut Hitler que le Front populaire" prépare son ralliement aux forces les plus obscurantistes du pays.

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Les vacances de Max

Publié le par Rosalie210

Max Linder (1914)

Les vacances de Max

C'est l'un des courts-métrages de Max Linder qui a été le plus étudié par Chaplin. Son intention d'origine consistait à pervertir l'ordre bourgeois. Max a omis d'annoncer son mariage à son oncle. Celui-ci l'invite donc à passer avec lui des vacances de célibataire. Que faire dès lors de l'encombrante mariée?

Dans une histoire réaliste et rationnelle, elle resterait seule au foyer conjugal ou bien Max avouerait la vérité à son oncle. Dans le court-métrage, elle décide de suivre son époux et celui-ci décide de la cacher. C'est l'occasion de mettre en scène une belle trouvaille cinématographique: à l'aide d'un trucage (jump-cut), elle se dissimule dans la valise de Max (exactement comme le bestiaire du récent "Animaux fantastiques"). Par la suite, Max doit sans arrêt trouver de nouvelles cachettes pour sa femme (la cheminée, la baignoire), de plus en plus visiblement maltraitée en plus d'être exclue.

Si à l'époque c'était le mariage qui était visé à travers le sort peu enviable de l'épouse, aujourd'hui le court-métrage possède d'évidents relents misogynes qui n'auraient pas existé si c'était Max qui s'était retrouvé brinquebalé dans la valise, couvert de suie, trempé ou à genoux dans la posture du tabouret humain.

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Max pédicure

Publié le par Rosalie210

Max Linder (1914)

Max pédicure

Une fois de plus dans ce court-métrage, Max Linder filme les rites et les coutumes de la bourgeoisie de la Belle-Epoque qui se caractérise par son oisiveté.

L'introduction est la meilleure partie du film. On y voit une jeune femme promenant son petit chien tout en étant plongée dans la lecture. Deux gamins farceurs en profitent pour détacher l'animal lequel est récupéré par Max qui en profite pour commencer à flirter avec la jeune femme. En revanche la suite qui voit Max prendre la place du pédicure pour tromper le père de la jeune fille revenu à l'improviste de sa partie de billard est plus que poussive. Les gags autour du pied de la jeune fille et de celui du père sont laborieux. Tout au plus remarque-t-on la position d'infériorité du pédicure qui fait penser à celle du cireur de chaussures. Enfin la fin est bâclée. C'est donc un court-métrage un ton en dessous de ceux que l'on peut visionner dans le coffret des éditions Montparnasse (une sélection de 10 films réalisés entre 1910 et 1915 pour la maison Pathé).

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Max et sa belle-mère

Publié le par Rosalie210

Max Linder (1911)

Max et sa belle-mère

Dans beaucoup de ses courts-métrages, Max Linder a mis en scène un mariage contrarié par un ou plusieurs membres de la famille. Ici c'est la belle-mère qui, n'acceptant pas de perdre sa fille, s'incruste au sein du couple qu'elle forme avec Max. Les premières scènes la montrent suivant le couple de pièce en pièce en leur refusant l'intimité à laquelle ils devraient avoir droit. Puis elle s'immisce dans leur voyage de noces à Chamonix, se transformant en boulet dans toutes leurs activités.

Le film met en scène les sports d'hiver pratiqués par les bourgeois au début des années 10: patinage, luge, ski. La différence avec notre société de loisirs de masse saute aux yeux. Max Linder filme de grands espaces quasiment désertiques et joue sur la profondeur de champ pour nous montrer la belle-mère dévalant la pente à toute allure. Il fait également une nouvelle démonstration (après l'Amour tenace) de son élégance et de sa souplesse sur la glace. On pense évidemment à "Charlot patine" réalisé quelques années plus tard.

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Max et Jane veulent faire du théâtre

Publié le par Rosalie210

Max Linder (1912)

Max et Jane veulent faire du théâtre

Court-métrage fondé sur les faux-semblants, l'illusion, le trompe-l'oeil.

La première partie dresse le portrait d'un homme et d'une femme en miroir. Max et Jane ont les mêmes désirs, les mêmes aspirations et font preuve de la même ingéniosité pour se réaliser en déjouant les plans de leurs parents. Ils se partagent d'ailleurs le titre du film ce qui souligne leur égalité. Voir ces films d'avant guerre permet de remettre en cause l'image stéréotypée de la femme soumise que nous associons trop souvent à cette époque. En revanche les déguisements choisis par les jeunes gens pour s'enlaidir (lui en asiatique aux longues dents façon "Lotus bleu", elle en africaine) ont des connotations racistes qui ne peuvent plus passer de nos jours

La deuxième partie commence par un intertitre, le seul du film (vraisemblablement parce que les autres ont disparu). Il n'est là que pour induire le spectateur en erreur. Celui-ci croit en ce qu'il voit mais un travelling arrière nous révèle qu'il ne s'agissait que d'une illusion. Ou pas: Max tuant sa femme avant de se suicider, laissant un bébé orphelin c'est exactement ce qui est arrivé dans la réalité, 13 ans plus tard.

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L'Amour tenace

Publié le par Rosalie210

Max Linder (1912)

L'Amour tenace

Ce n'est pas le meilleur court-métrage de Max Linder car il est assez pauvre en idées. Il consiste en une série de courses-poursuite entre le père et la fille Rocdefer d'une part et Max d'autre part. Max et la fille Rocdefer sont amoureux mais le père s'oppose à leur union. Une intrigue qui annonce à l'état rudimentaire celle de "Soyez ma femme". Le principal intérêt du film est esthétique. Il y a de nombreux plans en extérieur composés comme des tableaux. Max Linder joue (comme dans beaucoup de ses films) sur la symétrie et un jeu de couleurs assorties (ici le blanc) pour suggérer que Max et la fille Rocdefer sont faits l'un pour l'autre. D'autre part on voit Max s'adonner à de nombreux sports: équitation à l'arrière du train, patinage, ski. Cela nous rappelle qu'à cette époque, les vacances et les loisirs étaient réservés à un tout petit milieu privilégié dont était issu Max Linder.

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Max a peur de l'eau

Publié le par Rosalie210

Max Linder (1912)

Max a peur de l'eau

Max Linder comme Marcel Proust a retranscrit dans ses premiers films le mode de vie oisif de la bourgeoisie française de la Belle-Epoque. Dans "Max a peur de l'eau" on voit quelques uns de ses membres s'adonner aux joies du tennis et des bains de mer. Sauf qu'il y a un hic. Max a une telle phobie de l'eau qu'il ne peut suivre sa fiancée. Cela suffit à le faire baisser dans son estime au point de remettre en cause leur union. On voit au passage la superficialité de ce milieu et son manque d'ouverture d'esprit. Sommé d'aller chercher la bague de fiançailles au fond de l'eau, le pauvre Max s'escrime en vain pour surmonter sa phobie. Mais un heureux concours de circonstances va lui permettre de renverser la situation à son avantage.

Le film n'est guère palpitant en soi mais il offre comme la plupart des autres Linder de délicieuses trouvailles. Ici c'est une séquence d'animation à partir de papiers découpés montrant des poissons cherchant â s'emparer de la bague de fiançailles. Une technique reprise beaucoup plus tard par Terry Gilliam, grand admirateur de Linder. Les têtes des Monty Python apparaissent d'ailleurs sur des corps de poissons dans plusieurs séquences du Sens de la vie.

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Entente cordiale

Publié le par Rosalie210

Max Linder (1912)

Entente cordiale

Entente cordiale est un court-métrage de Max Linder plein de charme. L'intrigue est un marivaudage des plus classiques. Une jeune femme très riche (Jane Renouard ou Renouardt, une collaboratrice de Max Linder qui posait aussi pour les peintres et photographes) se fait passer pour une bonne afin de tester les sentiments de Max, un jeune bourgeois dont elle est amoureuse. Au passage elle séduit l'ami de Max, le musicien Harry Fragson (mort en 1913, ce sera son seul film) ce qui introduit une rivalité entre eux.

Mais le film se teinte de véritables moments de fantaisie voire de poésie absurde. Un piano devient un véhicule que l'on remorque. Eenfin presque, il perd ses pieds dans l'histoire. Un duel au pistolet abat non les duellistes mais leurs témoins et les animaux qui sont sur leur chemin. Enfin presque, lorsqu'il est révélé que les armes sont chargées à blanc, tout le monde se relève indemne (vive les trucages et l'illusion). Enfin lorsque survient le happy end, les amoureux se mettent à danser, accompagnés... par les meubles de la pièce qui comme s'ils étaient dotés d'une vie propre sautent de plus en plus haut jusqu'à se renverser. 

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