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Articles avec #comedie horrifique tag

Le manoir hanté (Haunted Spooks)

Publié le par Rosalie210

Alfred J. Goulding et Hal Roach (1920)

Le manoir hanté (Haunted Spooks)

L'image la plus célèbre d'Harold Lloyd après celle où il est suspendu à une horloge est celle où ses cheveux se dressent sur sa tête. Elle provient du "Manoir hanté" qui en dépit de son titre n'est pas qu'une histoire de fantômes. C'est avant tout un court-métrage burlesque qui progressivement glisse dans le fantastique ou plutôt dans l'illusion du fantastique car après-coup, toutes les apparitions trouvent une explication rationnelle. Il y a l'oncle avide d'hériter du manoir qui cherche à faire déguerpir les jeunes gens en les effrayant. Il y a aussi l'intervention aggravante des serviteurs noirs, crédules et morts de peur selon les clichés racistes en vigueur à l'époque.

Il n'y a pas que le fantastique qui est déjoué dans ce film que l'on pourrait renommer "La perte des illusions" et ce à plusieurs niveaux. Les tentatives de suicide de Lloyd qui se soldent toutes par un échec jouent beaucoup sur l'illusion (le pistolet est factice, le lac est peu profond, le tramway change de direction au dernier moment etc.) D'autre part le mariage en prend pour son grade. Ainsi le jeune premier élégant joué par Harold Lloyd déploie une énergie considérable pour demander la main d'une fille qui pendant ce temps se console dans les bras d'un autre. Ce n'est pas mieux avec l'héritière du manoir qui a besoin d'un mari juste pour pouvoir hériter. L'avocat débarque alors avec un kit prêt à l'emploi: Lloyd (attrapé dans la rue alors qu'il allait tenter une énième fois de se suicider), des alliances, un prêtre et un livre de cuisine (la vision de la femme est tout aussi cliché que celle des noirs). Seule l'épreuve de la nuit dans le manoir transforme le mariage d'intérêt en vrai couple.

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Le bal des vampires (The Fearless Vampire Killers)

Publié le par Rosalie210

Roman Polanski (1967)

Le bal des vampires (The Fearless Vampire Killers)

Honnêtement, je trouve que ce film culte de ma jeunesse a un peu vieilli et qu'il manque de rythme, surtout au début. Le mythe du vampire a été depuis bien dépoussiéré et réactualisé. Mais il faut reconnaître à Polanski le mérite d'avoir été le premier à mélanger avec réussite le fantastique et le burlesque. Le fantastique car le film se situe dans un univers réaliste d'où surgissent des événements surnaturels. Et le burlesque à cause de son duo comique composé d'un savant illuminé sosie d'Einstein et de son assistant Alfred, homme-enfant timide et extrêmement maladroit (joué par Roman Polanski lui-même). À ce duo comique répond un autre duo, parodique, celui du comte von Krolock (dont le nom peut se lire comme "crocs vissés") écho du comte "Nosferatu" Orlok de Murnau, sosie de Christopher Lee dans les Dracula de la Hammer et son serviteur bossu aux dents plantées de travers Koukol (cou/col). Les sources de comique sont nombreuses et issues de la veine slapstick: coups de pied, chutes, vitesse accélérée, détournements d'objets (un cercueil devient une luge, deux épées un crucifix, un saucisson un bâton etc.) sans parler de quelques traits d'humour bien sentis se moquant du folklore vampirique et de ses sous-entendus (l'aubergiste juif qui n'a pas peur du crucifix, le vampire homosexuel qui tente de "draguer" Alfred au sens propre...)

Mais si le film a un côté bouffon, il n'est pas léger pour autant car sur le fond il est extrêmement noir. La sexualité est par exemple montrée sous son angle le plus mortifère, ainsi la scène du bain de Sarah (la flamboyante Sharon Tate qui devait mourir assassinée deux ans plus tard dans des circonstances atroces) fait penser à Psychose avec ses pulsions voyeuristes et meurtrières teintées d'impuissance. De même l'aubergiste finit dans une tombe avec le cadavre de son employée qu'il a vampirisée jusqu'à la moelle. Et quand le professeur quitte le château, loin d'avoir éradiqué le mal, il l'emporte avec lui ce qui mondialise la contamination. L'enfer est pavé de bonnes intentions.

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