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Articles avec #comedie dramatique tag

Indiana Jones et le temple maudit (Indiana Jones and the Temple of Doom)

Publié le par Rosalie210

Steven Spielberg (1984)

Indiana Jones et le temple maudit (Indiana Jones and the Temple of Doom)

La suite des aventures de "Indiana Jones" est en réalité ce que le jargon hollywoodien appelle aujourd'hui une préquelle. L'histoire se déroule en effet en 1935 soit un an avant "Les Aventuriers de l'arche perdue" ce qui permet en réalité de ne pas avoir les mains liées par un scénario préexistant et rapproche encore plus la saga des serials, cartoons et autres comics dont elle s'inspire avec une succession de morceaux de bravoure ébouriffants. L'introduction est aussi magistrale que celle du premier opus avec ses hommages simultanés aux comédies musicales et aux films de gangsters des années 30, une ambiance très "Lotus bleu", un clin d'oeil à "Star Wars" (le club s'appelle "Obi Wan"!), un autre à James Bond et encore une autre à "19413 (1979) (le gong qui se détache comme le faisait la grande roue) et cette incroyable mise en scène où les personnages courent après un diamant et un antidote qui ne cessent de se dérober au moment où ils vont les attraper: un véritable ballet! Il en annonce un autre, celui de la course-poursuite en wagonnet qui fait de ce "Temple maudit" un film "rollercoaster" qui sera ensuite décliné à Disneyland (tout comme Star Wars). S'y ajoute la scène du pont suspendu qui est également spectaculaire.

Cependant, des trois Indiana Jones que j'ai vu, c'est celui que j'aime le moins. Autant "L'Empire contre-attaque" (1980) réussit à avoir des accents de tragédie shakespearienne (merci Akira KUROSAWA!) autant les pérégrinations souterraines de Indiana Jones et de ses amis m'ont paru relever du grand guignol bien plus que d'une descente aux enfers (les effets spéciaux vieillis n'arrangent rien). Et si Willy Scott (Kate CAPSHAW) en chanteuse de cabaret perdue dans la jungle façon "la ferme célébrités" ou confrontée à des plats exotiques peu ragoûtants ou encore assaillie de bestioles plus que jamais "Ford Boyard" est drôle au début, sa mue est ratée: elle devient tout simplement une potiche lambda pendue au cou de son aventurier préféré. Dommage car on reconnaît à travers le trio du film une ébauche de la famille dysfonctionnelle chère à Steven SPIELBERG avec un père immature voire défaillant qui annonce la relation père-fils de "Indiana Jones et la dernière croisade" (1989). Il y a même un petit côté "Joueur de flûte de Hamelin" dans le film en ce sens que Indiana Jones à la recherche d'un artefact magico-mystique doit choisir entre ses réflexes d'archéologue occidental pilleur de trésor et sa promesse de le rendre aux villageois à qui il a été dérobé, leur permettant par là même de retrouver leurs enfants eux aussi volés, donc leur avenir.

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Les Aventuriers de l'Arche perdue (Raiders Of The Lost Ark)

Publié le par Rosalie210

Steven Spielberg (1980)

Les Aventuriers de l'Arche perdue (Raiders Of The Lost Ark)

J'avais sept ou huit ans quand j'ai vu "les Aventuriers de l'Arche perdue" (1980) pour la première fois dont la fin m'avait terrifiée à l'époque! Mais cette touche d'horreur ne doit pas occulter que Indy est l'héritier de toute une série d'oeuvres l'ayant précédé et d'un genre qu'il a contribué à relancer. Principalement des BD et des films de série B mais aussi l'aventure avec un grand A incarnée par le film de John HUSTON "Le Trésor de la Sierra Madre" (1947), le look de Harrison FORD s'inspirant de celui de Humphrey BOGART. Ou encore la comédie de Philippe de BROCA, "L'Homme de Rio" (1964) qui s'inspire des aventures de Tintin ce qui explique la parenté entre le célèbre reporter belge (que ne connaissait pas à l'époque Steven SPIELBERG, il s'est rattrapé depuis) et l'archéologue intrépide. Mais des références ne font pas un film, encore moins un film culte à l'origine d'une saga mythique. Alors forcément, "Les Aventuriers de l'arche perdue" innove aussi. Avec d'abord un héros d'un nouveau genre, certes très physique mais également intellectuel, même si ce n'est pas son érudition qui semble fasciner ses étudiantes. Surtout Indy est cool et attachant, vulnérable et plein d'autodérision en harmonie avec ce que dégage Harrison FORD (et dont on sent qu'il a fait école avec "À la poursuite du Diamant vert" (1984), "Allan Quatermain et les mines du roi Salomon" (1985), Bruce WILLIS pour la saga "Die Hard" ou encore bien sûr les OSS 117 de Michel HAZANAVICIUS entre Le Caire et Rio et ses nazis d'opérette). Et le film est à l'unisson. Un rythme haletant, ponctué de morceaux de bravoure qui préfigurent "Ford Boyard", ses mygales et ses serpents, ses coffres et "La Boule" ^^ mais laissant des espaces pour la comédie comme le célèbre gag improvisé du pistolet tueur de sabre dicté par un épisode de dysenterie qui obligeait Harrison FORD à boucler la prise entre deux passages au toilettes. Enfin on ne peut pas faire l'impasse sur la partition mythique de John WILLIAMS qui est à l'aventure ce que celle de "Star Wars" est à la science-fiction.

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Victoria

Publié le par Rosalie210

Justine Triet (2016)

Victoria

Après avoir vu et cordialement détesté le premier film de Justine TRIET, "La Bataille de Solférino" (2013) je m'étais dit que je ne remettrais plus les pieds dans son cinéma. Mais c'était il y a 10 ans et la récente Palme d'Or qu'elle a reçu m'a donné envie de voir son évolution. "Victoria" est encore bien trop hystérique pour moi (c'était ce que je reprochais à "La Bataille de Solférino") (2013) avec un personnage très proche de celui joué par Laetitia DOSCH. A savoir une jeune mère au bord de la crise de nerf à force d'être tiraillée entre un métier exigeant et des tâches domestiques trop lourdes à porter que les hommes et en particulier un ex toxique refusent de partager tout en essayant de saboter la vie professionnelle de leur ancienne compagne. S'y ajoute l'injonction inconsciente mais intégrée par Victoria (Virginie EFIRA) à avoir une sexualité épanouie qui se transforme en suite de rendez-vous stéréotypés et sordides par petites annonces dignes de "Jeanne Dielman 23, Quai du Commerce 1080, Bruxelles" (1975), l'aspect tarifé en moins. On peut y ajouter une autre injonction, celle consistant à aller bien et à avoir le contrôle de sa vie qui ne fait que faire courir davantage Victoria de son cabinet de psy à sa diseuse de bonne aventure sans qu'elle n'y voit plus clair pour autant dans sa vie. Conséquence, elle vit dans un tourbillon permanent comme le montrait déjà le générique de "La Bataille de Solférino" (2013) qui l'enfonce toujours davantage dans son aliénation.

La différence avec "La Bataille de Solférino" (2013) qui en restait au niveau des tripes avec une suite de scènes chaotiques remplies de disputes incessantes (et indigestes) jusqu'à l'épuisement c'est qu'il y a un début d'introspection dans "Victoria". Grâce principalement au personnage de marginal joué par Vincent LACOSTE qui parvient à instaurer un échange avec celui de Virginie EFIRA. Le spectateur voit tout de suite la différence alors que pour elle, il n'est qu'un élément du décor parmi d'autres et qu'elle n'a pas "deux secondes de calme intérieur" pour y réfléchir. Du moins jusqu'au dérapage de trop qui lui offre l'espace mental dont elle a besoin. La fin de "Victoria" se détache alors du reste du film, prend de la hauteur et offre à Virginie EFIRA l'occasion de libérer une palette d'émotions apaisantes et apaisées qui font du bien. Je l'ai tellement aimée que je l'ai regardée deux fois.

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Divorce à l'italienne (Divorzio all'italiana)

Publié le par Rosalie210

Pietro Germi (1961)

Divorce à l'italienne (Divorzio all'italiana)

J'avais oublié que je connaissais déjà "Divorce à l'italienne", le film le plus célèbre de Pietro GERMI puisque m'est revenu en mémoire la fin pendant que je le regardais. Une fin qui constitue le clou d'un film parfaitement maîtrisé de la première à la dernière image. Une comédie de moeurs satirique et cynique jouant avec un délicieux humour noir afin d'épingler l'hypocrisie d'une société rigide et arriérée (d'où la comparaison qui a été établie avec les comédies anglaises de la même époque qui s'en donnaient à coeur joie avec leur propre société corsetée). Peu de choses semblent avoir évolué en effet depuis que Roberto ROSSELLINI a montré dans "Stromboli" (1949) que l'obsession du mâle sicilien était d'être traité de "cornuto" (cocu) par ses congénères pour le simple fait de ne pas avoir réussi à cloîtrer sa femme étrangère. Pietro GERMI enfonce le clou au début des années 60 en montrant que le mariage est une prison dans laquelle s'engouffre la population parce que c'est la seule forme de sexualité autorisée par la religion catholique, les coutumes et les traditions qui parviennent encore à verrouiller la société. Une prison à perpétuité puisqu'au début des années 60 le divorce est interdit en Italie. En ce sens, on peut penser que le film de Pietro GERMI a contribué à faire évoluer la loi comme à la même époque dans un genre différent "La Victime" (1961) en Angleterre pour la dépénalisation de l'homosexualité.

Le film de Pietro GERMI se place du point de vue de son personnage principal, Ferdinando Cefalù (Marcello MASTROIANNI) issu de la vieille aristocratie italienne (autre signe de l'arriération de cette société) qui ne cesse d'échafauder des stratagèmes pour se débarrasser de son épouse, Rosalia qu'il ne peut plus souffrir. Non seulement on le comprend tant Rosalia est disgracieuse et insupportable mais on entre en connivence avec lui ce qui souligne à quel point le puritanisme religieux est pervers puisque loin de rendre les gens meilleurs, il donne des envies de meurtre en les privant de leur libre-arbitre. Les différents "scénarios" totalement amoraux imaginés par Ferdinando pour en finir avec son mariage sont juste désopilants en plus de lui redonner un pouvoir sur sa vie. Tel un cinéaste, il choisit parmi plusieurs candidats celui qui pourra faire "fauter" Rosalia et créé les conditions de leur rapprochement afin de pouvoir agir au moment propice avec le maximum de circonstances atténuantes. En effet, si l'Eglise diabolise la sexualité, elle ferme les yeux sur les crimes d'honneur, surtout s'ils sont commis par un homme envers sa femme adultère en raison de sa misogynie foncière mais aussi de celle des communautés qu'elle contrôle et pour qui l'honneur se lave dans le sang. La présence de la jeune, belle et innocente cousine (Stefania SANDRELLI dont la carrière a été lancée par le film) dont Ferdinando tombe amoureux sert de catalyseur. Mais on sent dès le départ qu'il s'agit d'un mirage ce que la fin vient confirmer. Marcello MASTROIANNI est drôlissime dans le rôle avec son impayable tic inspiré de Pietro GERMI lui-même. Enfin, on assiste avec une délectation particulière aux anathèmes de l'Eglise envers "La Dolce vita / La Douceur de vivre" (1960) sorti un an auparavant et qui est projeté dans le village où tout le monde feint de s'offusquer mais se rince l'oeil devant Anita EKBERG appelant un certain Marcello qui reste invisible à l'écran et pour cause... une mise en abyme réjouissante de plus.

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C.R.A.Z.Y.

Publié le par Rosalie210

Jean-Marc Vallée (2005)

C.R.A.Z.Y.

Lorsque j'ai rendu hommage à Jean-Marc VALLÉE, j'ai écrit à l'époque que je souhaitais revoir "C.R.A.Z.Y." dont je n'avais presque plus aucun souvenir. J'ignorais alors que le film était invisible depuis six ans en raison de problèmes de droits sur sa bande musicale très riche qui est absolument essentielle au film, tant pour marquer le passage du temps que pour exprimer les doutes de Zach sur son identité. Heureusement, ces droits (qui n'avaient été accordés que pour dix ans, Jean-Marc VALLÉE ayant même rogné son salaire pour gonfler celui de la musique) ont été renouvelés sans limite de durée ce qui signifie que le film est désormais sauvé dans son intégrité ce qui a permis sa restauration et sa ressortie, en DVD et VOD notamment.

"C.R.A.Z.Y." est le film qui a propulsé Jean-Marc VALLÉE sur le devant de la scène en raison de son énorme succès au Québec mais aussi parce qu'il s'agit du premier teen-movie mainstream qui aborde la question de l'homosexualité, quelques années avant l'éclosion de Xavier DOLAN. "C.R.A.Z.Y." est une chronique familiale s'étalant sur une vingtaine d'années, son titre faisant référence à la chanson de Patsy Cline dont est fan Gervais, le père de famille (Michel CÔTÉ) au point que ses cinq garçons ont un prénom dont l'initiale se compose d'une de ses lettres, d'où découle le titre du film (Christian, Raymond, Antoine, Zac et Yvan). Si trois d'entre eux se réduisent à un seul trait de caractère qui en font juste des éléments du décor (encore un problème de budget apparemment), les deux autres, Raymond et Zach sont les "déviants" qui se détestent d'autant plus que chacun est le miroir de l'autre. En témoigne leurs goûts musicaux, leur look rebelle et leur difficulté pour trouver leur place. Zac, le personnage principal qui est symboliquement né le jour de noël (coïncidence, Jean-Marc VALLÉE est également décédé ce même jour) et qui est interprété enfant par le fils de Jean-Marc Vallée doit refouler très tôt ses inclinations en raison du regard désapprobateur de son père qui essaie de le remodeler en fonction des normes viriles qu'il incarne. Il faudra donc beaucoup de temps à Zac pour s'affirmer et se faire accepter par lui contrairement à sa mère qui le traite avec bienveillance depuis son plus jeune âge. Quant à Raymond qui incarne jusqu'à la caricature la virilité mal dégrossie, son parcours tragique symbolise l'échec des tentatives de normalisation de Zac qui ne peut se libérer que lorsque "l'ennemi intime" s'efface de la scène. "C.R.A.Z.Y." est un film attachant même s'il comporte un certain nombre de maladresses et de longueurs.

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Les 2 Alfred

Publié le par Rosalie210

Bruno Podalydès (2020)

Les 2 Alfred

Parce que j'adore "Playtime" (1967) de Jacques TATI et parce que je sortais tout juste d'un cours où l'on s'était amusé à traduire la novlangue des start-up avec ses "ASAP" (as soon as possible) "KPI" (indicateurs clés de performance) et autres "benchmark à forwarder" (étude comparative à faire suivre) avant la "deadline" (date limite) et le "conf-call" (la visioconférence), j'ai eu envie de voir "Les 2 Alfred" qui en constitue la satire réussie. Pour une fois, les tics qui me gênent tant dans d'autres films de Bruno PODALYDÈS (l'accumulation de gadgets technologiques par exemple) trouvent ici un emploi justifié. De même, l'intrigue est resserrée autour de trois personnages ce qui atténue l'effet de clan (même si les potes comme Michel VUILLERMOZ ou Isabelle CANDELIER sont présents dans de petits rôles). Et la résistance au "monde moderne déshumanisé 2.0" n'est plus à chercher cette fois dans une méga-fête où tout le monde se lâche étant donné que c'est justement ce que la start-up singe avec ses soirées "galette des kings" (anglicismes toujours) mais dans la reformation des liens que les nouvelles formes de travail en miettes cherchent à détruire. D'un côté l'usine digitale, sorte de "meilleur des mondes" sous serre où règne en maître l'injonction paradoxale (espace de travail organisé comme un espace de détente, jeunisme et infantilisation des salariés par ailleurs interdits d'enfanter, liberté d'organisation contredite par l'exigence d'être disponible 24h sur 24, transparence des lieux qui s'oppose à la nécessité de mentir pour ne pas être licencié). De l'autre, l'ubérisation, modèle dans lequel un actif offre ses services à qui veut veut bien les acheter, le rendant également taillable et corvéable à merci. Alexandre (Denis Podalydès) incarne ainsi un chômeur déclassé embauché à "The box" pour être "reacting process" (en réalité parce qu'il connaît le maire de la ville dont "The box" veut décrocher le marché) et Arcimboldo (Bruno PODALYDÈS), un précaire "entrepreneur de lui-même" mais qui squatte chez les autres comme le Llewyn Davis des frères Coen. Les éléments de langage servent de cache-misère à un travail en lambeaux privé de sens que seule la solidarité entre les deux amis (dont on sait qu'ils sont joués par des frères et symbolisés par deux peluches de singe nommées "les 2 Alfred") parvient à masquer. Le troisième personnage important est la supérieure d'Alexandre, Séverine Capulet (Sandrine KIBERLAIN) exécutive woman surbookée et matrixée puis dépassée par des technologies censées lui faciliter la vie et que les deux amis vont faire sortir de sa "boîte" et mettre de leur côté. On rit beaucoup devant les nombreux quiproquos et situations absurdes provoquées par le monde ubuesque dans lequel évoluent les personnages et en même temps le film sonne juste. Il est même prémonitoire en ce qu'il a été réalisé avant le covid et montre déjà le télétravail, la visioconférence et autres appareils se substituant à la présence humaine ou pénétrant dans sa vie privée tout en détournant leur usage. Mention spéciale à la voiture autonome légèrement capricieuse et à la reprise en version folk au banjo de "Da Funk" des Daft Punk. Finalement ce sont les machines qui s'humanisent et non l'inverse.

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Soupe au lait/La Voie lactée (The Milky Way)

Publié le par Rosalie210

Leo McCarey (1936)

Soupe au lait/La Voie lactée (The Milky Way)

Après "La Soupe au canard" (1933) avec les Marx Brothers, Leo McCAREY remet le couvert avec Harold LLOYD (très bon encore dans le cinéma parlant) pour la "Soupe au lait". Pas de canard au menu cette fois-ci mais quelques animaux sont de la partie, notamment un tigre, le surnom donné à Harold LLOYD et surtout une jument facétieuse nommée Agnès et son poulain (Agnès junior) qui vont donner du fil à retordre au champion de boxe Speed (William GARGAN) et son garde du corps Spider (Lionel STANDER), deux types qui en dépit de leurs surnoms cocasses ne sont vraiment pas des flèches. Quand ils ne sont pas bourrés, le second donne au premier un somnifère juste avant le combat en croyant lui prescrire un anti-inflammatoire. De quoi saboter les plans de Gabby Sloan, leur patron auto-proclamé l'homme "le plus honnête" du monde (Adolphe MENJOU) qui monte une magouille autour du laitier loser joué par Harold LLOYD qu'un quiproquo avec Speed transforme en champion de boxe. Ce n'est pas le seul d'ailleurs, le film, très bien rythmé en regorge et offre en prime une satire des médias contemporaine de "L'Extravagant Mr. Deeds" (1935) (outre Lionel STANDER dans le rôle de l'homme de main on retrouve Charles LANE dans celui du journaleux) qui annonce en mode comique la célèbre phrase de "L'Homme qui tua Liberty Valance" (1962), "Entre la légende et la vérité, imprimez la légende".

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Un éléphant, ça trompe énormément

Publié le par Rosalie210

Yves Robert (1976)

Un éléphant, ça trompe énormément

Pourquoi est-ce que je n'avais jamais eu envie de regarder "Un éléphant, ça trompe énormément?" Sans doute parce que je pensais que c'était "Le Coeur des hommes" (2003) des années 70 (nul doute que Marc ESPOSITO a d'ailleurs trouvé l'inspiration chez Yves ROBERT) et que ça parlait d'adultère qui est le sujet qui m'ennuie le plus au cinéma! C'est en visionnant par la force des choses plusieurs extraits au fil des différents numéros du web-magazine d'Arte Blow Up ("Le tennis au cinéma", "Le parking au cinéma", "C'était quoi, Jean Rochefort?") que l'image que j'avais du film a changé. Un film de copains dans la lignée de "Vincent, François, Paul et les autres..." (1974) qui a été écrit à la même époque par le même scénariste, Jean-Loup DABADIE mais plus léger et sous influence américaine comme l'était aussi un autre grand succès de Yves ROBERT, "Le Grand blond avec une chaussure noire" (1972). Outre l'emprunt à "7 ans de réflexion" (1955), la couleur rouge symbolisant le désir qui ne quittera plus Etienne (Jean ROCHEFORT), c'est à Blake EDWARDS que l'on pense le plus, le film d'Yves Robert ayant eu l'idée (géniale) d'évoquer la crise de la quarantaine sur le mode burlesque au travers du personnage d'Etienne dont les déboires et la maladresse (mais aussi la tenue et l'allure) ne sont pas sans rappeler ceux de Peter SELLERS dans les différents volets de "La Panthère rose". D'ailleurs par un jeu de vases communicants, Blake EDWARDS s'est ensuite inspiré du film d'Yves Robert pour son désopilant "Elle" (1979). Etienne et ses trois amis se comportent davantage comme des gosses que comme des adultes et c'est ce qui les rend infiniment attachants. Simon (Guy BEDOS) dépassé par sa mère juive envahissante (Marthe VILLALONGA), Bouly (Victor LANOUX) dépassé par sa libido, Daniel (Claude BRASSEUR) vivant le plus naturellement du monde ce qui pourtant à l'époque était encore un tabou relevant d'une infraction pénale et enfin Etienne, contemplant ses chaussures avec l'air penaud d'un enfant pris en faute devant Charlotte (Anny DUPEREY) laquelle lui fait part elle aussi le plus naturellement du monde d'un désir que lui même a tant de mal à assumer. Car outre sa drôlerie, l'éternelle jeunesse de ce film se nourrit de la libre circulation du désir, même celui qui anime le jeune Lucien (Christophe BOURSEILLER qui se faisait alors appeler Christophe BRUCE) vis à vis de Marthe (Danièle DELORME), l'épouse d'Etienne, deux fois plus âgée que lui.

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La Chinoise

Publié le par Rosalie210

Jean-Luc Godard (1967)

La Chinoise

En regardant "La Chinoise" de Jean-Luc GODARD, j'ai pensé à un autre film, vu à sortie, "La Seconda volta" (1995) dans lequel une ancienne victime des brigades rouges jouée par Nanni MORETTI retrouvait fortuitement la militante qui avait tenté de l'assassiner 10 ans auparavant (jouée par Valeria BRUNI-TEDESCHI) au nom de slogans criminels tels que "en tuer un pour en éduquer cent". Véronique, le personnage joué par Anne WIAZEMSKY dans "La Chinoise" pourrait représenter les années de formation de Lisa Venturi, le personnage joué par Valeria BRUNI-TEDESCHI. Soit une étudiante en philosophie à la faculté de Nanterre un an avant les événements de 1968 (ce qu'était réellement Anne WIAZEMSKY, nouvelle compagne de Jean-Luc GODARD) sous influence maoïste, l'idéologie alors tendance car d'un rouge "pur et parfait"* rejoignant la soif d'idéalisme de la jeunesse face aux "socio-traîtres" soviétiques ayant osé pactiser avec "le tigre de papier" américain pour éviter une guerre nucléaire. Si Jean-Luc GODARD utilise de nombreux procédés de distanciation (l'influence de Brecht est explicitement revendiquée) pour ridiculiser les discours de Véronique et de ses amis étudiants qui jouent au grand timonier entre les quatre murs d'un appartement bourgeois repeint aux couleurs aussi primaires que les idées qu'ils "bêlent comme des moutons" jamais il ne se place d'un point de vue véritablement humain ce qui rend son positionnement au final assez ambigu. Tout au plus, insère-t-il dans son film un moment qui le sort de la cour d'école pour le placer sur un terrain plus réaliste. Il s'agit de la séquence de conversation dans le train entre Véronique et son professeur de philosophie, joué par Francis Jeanson, le véritable professeur de philosophie de Anne WIAZEMSKY qui avait été Résistant puis engagé aux côtés du FLN durant la guerre d'Algérie et qui donc a l'expérience nécessaire pour mettre Véronique face à l'inanité de ses projets terroristes. Néanmoins la légitimité de la méthode n'est quant à elle jamais questionnée et encore moins l'aliénation de toutes les formes d'endoctrinement, à l'opposé de l'émancipation individuelle recherchée par la jeune fille mais aussi collective défendue par son professeur. Le film de Jean-Luc GODARD manque donc de hauteur de vue aussi bien que d'humanité, se réduisant pour l'essentiel à un exercice de style (un manifeste?) esthetico-intellectuel désincarné.

* Un rouge si pur et si parfait qu'il fit des millions de victimes (celles du Grand Bond en avant superbement ignorées avant celles dans les années 70 des Khmers rouges).

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Secrets et mensonges (Secrets and Lies)

Publié le par Rosalie210

Mike Leigh (1996)

Secrets et mensonges (Secrets and Lies)

Mike LEIGH a un point commun avec Pedro ALMODÓVAR: c'est un cinéaste qui sait donner du relief à ses personnages et mettre en valeur ses acteurs. Si la jeune génération a découvert David THEWLIS, Imelda STAUNTON ou Timothy SPALL avec les films de la saga Harry Potter, tous trois ont connu la consécration d'un prix d'interprétation dans un grand festival international (Cannes ou Venise) grâce aux films de Mike LEIGH dans lesquels ils ont joué (respectivement "Naked" (1993), "Vera Drake" (2005) et "Mr. Turner") (2014).

Ce talent de portraitiste, Mike LEIGH le met en abyme dans "Secrets et mensonges" au travers du personnage de Maurice (Timothy SPALL) qui est photographe de profession et dont les clichés tentent de saisir la vérité de l'instant sous l'artificialité de la pose (le secret derrière le mensonge?). C'est dans la maison où il habite depuis un an avec sa femme Monica (Phyllis LOGAN) que l'on découvre sur l'un de ses clichés Roxanne (Claire RUSHBROOK), une petite fille charmante et souriante que l'on pense être leur fille. On a tout faux. Roxanne est leur nièce et est devenue une jeune femme au visage renfrogné qui vit encore chez sa mère, Cynthia (Brenda BLETHYN) dans une maison ouvrière exigüe, délabrée et encombrée. Pour ne rien arranger les rapports entre les deux femmes sont exécrables. Si Roxanne semble toujours être en colère, Cynthia semble se résumer à une plainte perpétuelle. Inversant les rôles, elle passe son temps à réclamer de l'amour (voire leur amour exclusif) à sa fille ou à Maurice (qui est son petit frère et qu'elle a plus ou moins élevé) avec une insupportable voix de petite fille geignarde ce qui logiquement les fait fuir tous les deux. Les rapports de Maurice avec Monica ne sont guère plus satisfaisants, celle-ci s'avérant facilement irritable ou souffrante.

Dans cette famille éclatée façon puzzle et dysfonctionnelle, Mike LEIGH introduit non un élément perturbateur (la famille l'est déjà bien assez, perturbée) mais au contraire un élément rassembleur: Hortense (Marianne JEAN-BAPTISTE), la fille aînée de Cynthia abandonnée à la naissance et qui à la mort de sa mère adoptive entreprend des recherches pour retrouver sa mère biologique. L'apparence exogène de Hortense, tant par son appartenance sociale aisée que par sa couleur de peau ou son tempérament apaisant s'avère être une bouffée d'air frais dans le microcosme vicié de la famille de Cynthia. Plus que la fin du film qui pèche parfois par un excès de lourdeur, j'aime les scènes où l'on voit Cynthia et Hortense ensemble, la manière dont elles se découvrent, dont elles s'apprivoisent et le temps que le cinéaste prend pour filmer ce processus (la longueur du film qui a été déplorée par certains est sur ce plan là un atout). Le changement qui s'opère alors chez Cynthia qui redresse la tête, retrouve le goût de se faire belle et surtout la force de sortir de sa posture infantile pour prendre ses responsabilités d'adulte justifie amplement le prix d'interprétation attribué à Brenda BLETHYN (cumulé avec la Palme d'Or, à l'époque, c'était possible), énième preuve du talent de Mike LEIGH à diriger ses acteurs.

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