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Articles avec #branagh (kenneth) tag

Peter's friends

Publié le par Rosalie210

Kenneth Branagh (1992)

Peter's friends

"On s'était dit rendez-vous dans 10 ans,
Même jour, même heure, même pomme,
On verra quand on aura 30 ans,
Sur les marches de la place des grands hommes."

Parmi tous les tubes des eighties qui parsèment "Peter's friends" celui-ci aurait eu parfaitement sa place bien qu'il ne soit pas anglo-saxon. Car voilà une bande-son tout sauf décorative, qui commente l'action et en souligne les enjeux. Le "You're my best friend" de Queen pour accompagner les retrouvailles d'une bande de trentenaires qui ne se sont pas vus depuis 10 ans et se retrouvent en 1992 ou le "Everybody wants to rule the world" de Tears for fears pour le générique qui égrène 10 ans de ravages du thatchérisme ou encore le "Girls want to have fun" de Cindy Lauper pour la croqueuse d'hommes qu'est Sarah, tous ces titres ancrés dans la mémoire collective nous plongent dans la nostalgie d'une période révolue faussement légère.

Car "Peter's friends", le troisième film de Kenneth Brangh est ce qu'on peut appeler une comédie mélancolique. Contrairement à l'avis de certains critiques, je ne pense pas que la mise en scène du film soit "sans originalité". Elle se distingue au contraire par sa fluidité et son rythme enlevé. Je l'ai dit dans un avis précédent, Branagh est un cinéaste énergique qui aime le mouvement. Cela lui permet de ne jamais se laisser enfermer dans des cases. Par un mouvement subtil de va et vient, ses personnages très typés et qui nous offrent leur lot de scènes comiques (la nymphomane, l'intello coincée, l'hystérique, l'alcoolique, la vedette névrosée...) se glissent hors du moule pour devenir tout simplement humains, notamment lors d'une séquence finale poignante qui rappelle que les années 80 strass et paillettes étaient aussi les années sida.

Beaucoup de films (britanniques ou non) ultérieurs essayeront de copier la recette du film choral de Branagh, certains avec succès comme le "4 mariages et un enterrement" de Mike Newell, sorti en 1994. Mais aucun ne parviendra à atteindre ce degré de subtilité. 

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Frankenstein

Publié le par Rosalie210

Kenneth Branagh (1994)

Frankenstein

« J'ai imaginé toutes ces machines parce que j'étais possédé, comme tous les hommes de mon temps, par une volonté de puissance. J'ai voulu dompter le monde. Mais j'ai voulu aussi passionnément connaître et comprendre la nature humaine, savoir ce qu'il y avait à l'intérieur de nos corps. Pour cela, des nuits entières, j'ai disséqué des cadavres, bravant ainsi l'interdiction du Pape. Rien ne me rebutait. Tout, pour moi, était sujet d'étude (...) Ce que j'ai cherché finalement, à travers tous mes travaux, et plus particulièrement à travers ma peinture, ce que j'ai cherché toute ma vie, c'est à comprendre le mystère de la nature humaine. »

Voici ce qu'écrivait Léonard de Vinci dans ses Carnets, vers 1510. L'esprit de la Renaissance humaniste qui imprègne Victor Frankenstein est symbolisé dans le film de de Branagh par le célèbre dessin de Vinci représentant l'Homme de Vitruve, mesure de toute chose et centre du monde. Il est présent aussi à travers l'allusion à la création d'Adam de Michel-Ange lorsque l'électrisation d'Elizabeth et de Victor fait jaillir une étincelle au bout de leurs doigts qui se frôlent.

Cependant l'histoire se situe au siècle des Lumières et de cela également Branagh tire un brillant parti en situant la demeure familiale de Victor dans un château mozartien lumineux et coloré (on y pense d'autant plus qu'Henry Clerval le médecin ami de Victor est joué par Tom Hulce qui 10 ans auparavant incarna Amadeus pour Milos Forman). Seul l'escalier en spirale jette une ombre sur ce décor rationnel et solaire tant il rappelle la tour tordue des films de Whale.

L'ancrage très fort du film dans l'histoire occidentale de la science et des arts s'explique aussi par une analogie évidente. Victor créé la vie exactement comme Branagh réussit à l'insuffler dans les œuvres qu'il adapte: en canalisant les flux énergétiques du cosmos (dont l'être humain est un échantillon) pour qu'ils traversent et animent des corps inertes. Le cinéma de Branagh se caractérise par une énergie à réveiller les morts. Son deuxième film s'intitule "Dead again" mais il aurait pu s'appeler "Born again": Il a revivifié Shakespeare, ressuscité Mary Shelley et fait également sortir de la tombe James Whale. Il y a l'escalier directement transposé du film des années 30 dans le film des années 90. Il y a l'union dans la mort de la créature et de son créateur que Whale n'avait pas pu filmer à cause des studios (qui voulaient un happy end pour Frankenstein et son épouse et censuraient ainsi l'aspect homosexuel/incestueux de sa relation à la créature). Il y a aussi des allusions à la médecine traditionnelle chinoise: le film de Branagh fait référence à l'acupuncture alors que dans celui de Whale, la créature à peine née recherche l'énergie solaire en faisant des gestes avec ses mains très semblables à ceux du Qi-Gong.

Le seul bémol de ce film est lié au fait que le rôle de la créature est moins finement écrit que dans le film de Whale et que Boris Karloff est irremplaçable. 

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Dead again

Publié le par Rosalie210

Kenneth Branagh (1991)

Dead again

Le deuxième film de Kenneth Branagh garde la flamboyance du premier tout en changeant de cadre de référence. "Dead Again" lorgne clairement du côté du thriller hitchcockien. Un mélange de "Rebecca" (les fantômes du passé, la gouvernante jalouse), du "Crime était presque parfait" (les ciseaux comme arme du crime déclinés sous toutes les coutures), de "Psychose" (le noir et blanc, la scène de meurtre) et de "Vertigo" (une vivante hantée par une morte). Le tout avec une bonne dose d'humour parodique qui fait passer la pilule de ce que cette histoire de réincarnation et de phénomènes paranormaux peut avoir d'abracadabrantesque. Les dialogues entre Derek Jacobi en antiquaire hypnotiseur arnaqueur et Kenneth Branagh en détective rationnel sont particulièrement savoureux.

Mais "Dead Again" n'est pas qu'un exercice de style, même parodique. Il est aussi une histoire d'amour fou, un de ces amours passionnels et fusionnels qui ne peuvent finir que tragiquement. Le couple romantique des années 40 (Roman et Margaret) est en quelque sorte une projection fantasmée du couple des années 90 (Mike et Amanda). Ce couple contemporain n'est au final que le reflet de Kenneth Branagh et Emma Thompson, véritables "étoiles jumelles" à l'écran comme dans la vie. Dans le film, leur proximité est telle qu'ils peuvent même changer de sexe pour se réincarner dans l'autre puisqu'ils se définissent comme "deux moitiés d'une même personne que rien ne peut séparer." Mais la réalité a fini par les rattraper.

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Celebrity

Publié le par Rosalie210

Woody Allen (1998)

Celebrity

"Celebrity" est un remake new-yorkais de la "Dolce Vita" de Federico Fellini, l'un des maîtres de Woody Allen. Un journaliste-écrivain en panne (Woody Allen dans le corps de Kenneth Branagh) décide de relancer sa vie et sa carrière en se rendant disponible (c'est à dire en divorçant de sa femme enseignante bien peu glamour), en achetant une Aston Martin et en approchant le monde des paillettes et ses stars clinquantes (Melanie Griffith et Charlize Theron vampent, Leonardo DiCaprio casse tout, se drogue et fait des parties fines entre deux avions etc.) Il n'avait cependant pas prévu que son ex-femme (Judy Davis) allait mieux réussir que lui sans même l'avoir cherché. Elle a en effet l'occasion d'entrer dans le monde de la télévision et approche même un certain Donald Trump (on est en 1998) qui lui annonce qu'il va "acheter la cathédrale St-Patrick, la raser et construire un immeuble à la place"!

Ce n'est pas un grand Woody Allen. Sa satire du showbiz est divertissante avec quelques passages amusants comme celui-ci:
"Papadakis le réalisateur est un artiste prétentieux, un de ces connards qui ne filment qu'en noir et blanc, un cliché après l'autre. Tom Dale, une grande star tourne une adaptation de la suite d'un remake. Voici un grand critique, il détestait tout, il a épousé une jeune plantureuse et il adore tout." Cependant ce dézingage des milieux intellos et people tourne rapidement à vide d'autant que l'intrigue principale sent le recyclage à plein nez (de "Maris et femmes" surtout). Les personnages principaux (un velléitaire qui ne sait pas ce qu'il veut et une hystérique qui rencontre un prince charmant qui accepte tous ses caprices)sont peu sympathiques. Le fait qu'il ne joue pas lui-même est également une faiblesse. Kenneth Branagh a été choisi sans doute parce qu'il est à la fois devant et derrière la caméra comme Woody Allen tout en étant plus jeune que Woody Allen. Mais il n'a visiblement pas le droit de faire autre chose que du Woody Allen. Résultat, cela sonne faux.

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Beaucoup de bruit pour rien (Much Ado About Nothing)

Publié le par Rosalie210

Kenneth Branagh (1993)

Beaucoup de bruit pour rien (Much Ado About Nothing)

Cette deuxième adaptation d'une pièce de Shakespeare par Kenneth Branagh après le drame historique "Henry V" est aussi joyeuse, rayonnante et légère que la première est sombre et torturée. On en sort euphorique, avec l'impression que le soleil de Toscane a réussi à traverser l'écran pour nous englober dans son rayonnement. Ce n'est d'ailleurs pas qu'une impression. En 1993, lorsque j'ai vu le film pour la première fois au cinéma, j'y suis allé avec une terrible migraine que ce film a réussi à guérir comme par enchantement. Et un film qui guérit les migraines, ce n'est pas si fréquent!

Il y a quand même quelques traces résiduelles du Shakespeare sombre et torturé, celui du "Conte d'hiver" au milieu de cet enchantement dionysiaque à base de jeux amoureux, de fêtes, d'agapes, d'ivresse. C'est le personnage luciférien de Don Juan (Keanu Reeves) jaloux et malfaisant qui en porte la plus large part. Refusant la main tendue de son demi-frère Don Pedro (Denzel Washington) qui est le prince légitime alors que lui n'est qu'un bâtard, il choisit de de se venger en semant la désolation autour de lui. Il est bien aidé par la crédulité (pour ne pas dire la bêtise) de Don Pedro et de son acolyte Claudio (Robert Sean Leonard, le minet benêt de service). Il suffit qu'il lui montre une scène de fornication au balcon de la chambre de celle qu'il doit épouser pour qu'il soit persuadé de la trahison de sa promise Hero (Kate Beckinsale alors encore étudiante et tout aussi lisse que son partenaire). Shakespeare nous livre alors l'une de ces scènes de violence passionnelle et destructrice dont il a le secret et qui font jaillir l'enfer au cœur du paradis. Claudio ruine son mariage avec la même violence aveugle que celle qui s'empare du roi Léonte dans "Le Conte d'hiver" et lui fait répudier sa femme et sa fille, hurlant que celle-ci "est de la graine de Polixène" (son pourtant meilleur ami).

Heureusement tout comme "Le Conte d'hiver", "Beaucoup de bruit pour rien" est une comédie où le mal peut être réparé après que le coupable ait éprouvé la souffrance du remords (et que les méchants responsables de la conspiration aient été punis. C'est le rôle du truculent Dogberry joué par un Michael Keaton directement échappé de "Sacré Graal" et ses chevaux fantômes). Et surtout, même au moment le plus critique, la joie ne s'éclipse pas. Elle est portée par l'autre couple vedette du film devant et derrière la caméra, Benedict et Beatrice alias Kenneth Branagh et Emma Thompson dont l'union faisait alors étinceler le talent (ce n'est pas pour rien que l'on parlait à leur égard de "couple doré"). Ceux-ci réussissent à introduire la screwball comedie d'Howard Hawks dans l'univers shakespearien. La modernité de ces personnages était déjà dans la pièce qui mettait en parallèle un couple romantique (Claudio et Hero) et un couple comique (Benedict et Beatrice). Beatrice regrette de ne pas être un homme alors que Benedict est le seul protagoniste masculin qui prend le parti des femmes (en dépit de sa misogynie de façade qui s'effondre d'une pichenette) De plus leurs chamailleries permanentes les placent dans une relation d'égalité (soulignée également par leurs prénoms similaires et leurs initiales identiques). Il n'y a pas une mais deux mégères à apprivoiser. D'où les hilarantes scènes parallèles où leurs amis leur tendent un piège pour les faire tomber amoureux l'un de l'autre. Branagh approfondit cette thématique en inversant les codes de genre: Beatrice parle d'une voix grave, a la peau brûlée par le soleil et est aussi décidée et intrépide qu'un garçon alors que Benedict est pâle, minaude devant la glace et est doté d'une voix qui part dans les aigus.  

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Henry V

Publié le par Rosalie210

Kenneth Branagh (1989)

Henry V

Tout un symbole: l'année même où mourrait Laurence Olivier dont le premier film en 1944 avait été "Henry V" sortait sur les écrans la version de Kenneth Branagh dont c'était également le premier film. Au Royaume-Uni on l'appelait déjà le nouveau Laurence Olivier en raison de sa jeune (il n'avait pas encore 30 ans en 1989) et brillante carrière théâtrale dans les adaptations de pièces de Shakespeare.

Film au départ confidentiel, réalisé avec peu de moyens, "Henry V" tapa dans l'oeil de Gérard DEPARDIEU qui partageait avec Branagh l'amour des Belles Lettres et le sens de la démesure. Il finança sa distribution en France et supervisa le doublage. C'est ainsi que Kenneth Branagh se fit connaître outre-Manche.

"Henry V" est un modèle d'adaptation réussie. Ne pouvant financièrement se permettre une reconstitution fastueuse, Branagh privilégie la stylisation afin de stimuler l'imagination à la manière de John Boorman dans "Excalibur". L'excellence de l'interprétation, le souffle épique de la musique (signée Patrick Doyle), l'atmosphère onirique créée par les plans filmés en clair-obscur, l'emphase des ralentis lors de la bataille d'Azincourt ont une puissance d'évocation dont des films plus réalistes sont privés.

La pièce de Shakespeare fait partie d'un ensemble de chroniques historiques des rois d'Angleterre participant à la construction du "roman national". Autrement dit: guerre, conquête, héroïsme, sang versé... Un programme peu excitant en soi mais outre la beauté du film c'est une passionnante réflexion sur la responsabilité que donne le pouvoir. Un pouvoir charnel fait de renoncements (les flashbacks sur le passé de débauche du roi montrent qu'il a dû sacrifier ses compagnons de beuverie à sa nouvelle fonction) de trahisons, de doutes et de tourments. La fin avec Emma Thompson offre une rupture de ton bienvenue et annonce le marivaudage de "Beaucoup de bruit pour rien".

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Harry Potter et la chambre des secrets (Harry Potter and the Chamber of Secrets)

Publié le par Rosalie210

Chris Columbus (2002)

Harry Potter et la chambre des secrets (Harry Potter and the Chamber of Secrets)

Toujours réalisé par Chris Columbus, ce deuxième opus souffre des mêmes défauts que le premier à savoir une succession de (trop) longues scènes illustratives du deuxième roman dont le film est l'adaptation. L'énergie de Kenneth Branagh, irrésistible en Gilderoy Lockart donne quelques bons moments mais ne réussit pas à insuffler de la pêche au film qui se traîne en longueur. Davantage de soin a été accordé à l'atmosphère, plus sombre que dans le premier volet mais hélas cela ne suffit pas même si cela reste un divertissement honnête avec des effets spéciaux bien réalisés (Dobby, la voiture volante, la poudre de cheminette, le polynectar ou encore le basilic).

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