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Casse-tête chinois

Publié le par Rosalie210

Cédric Klapisch (2013)

Casse-tête chinois

"Casse-tête chinois" est la troisième et dernière partie de la trilogie de Cédric Klapisch consacrée aux tribulations sentimentales et géographiques de Xavier Rousseau, son Antoine Doinel joué par Romain Duris. Dans "L'Auberge espagnole" (2002), il était un étudiant en quête d'identité, dans "Les Poupées russes", c'était un trentenaire instable et dans "Casse-tête chinois", devenu quadragénaire, il a beau s'être assagi, sa situation sentimentale et géographique reste toujours compliquée. Séparé de sa compagne anglaise Wendy (Kelly Reilly) avec laquelle il a vécu dix ans et eu deux enfants, il part à New-York pour pouvoir garder un contact avec eux. Là-bas, il retrouve sa pote lesbienne Isabelle (Cécile de France) qui vit en couple sans se priver de petits extras histoire d'entretenir la flamme de la jeunesse tout en désirant fonder une famille dont le père biologique ne serait autre que lui. Et puis pour corser encore la recette, s'ajoute Martine (Audrey Tautou) elle aussi séparée et flanquée de deux gosses et les services de l'immigration qui enquêtent sur le mariage (blanc) que Xavier a contracté pour rester sur le sol américain.

"Casse-tête chinois", tout aussi frais, dynamique et savoureux que ses deux prédécesseurs contient de délicieux moments de comédie tout en conservant l'esthétique du patchwork culturel propre au contexte cosmopolite dans lequel il s'inscrit.  L'histoire se déroule pour l'essentiel dans le quartier chinois de New-York (ville par ailleurs filmée de façon très originale, comme un village convivial et familier!) et aborde des thématiques sociétales telles que les familles recomposées ou l'homoparentalité. En effet même si la recette est identique aux deux premiers films, l'âge abordé fait que la question de la parentalité et de la filiation est centrale dans "Casse-tête chinois". S'y ajoute une amusante (bien que superficielle) mise en abyme avec le roman que Xavier écrit pour mettre de l'ordre (et du sens) dans sa vie et que son éditeur (joué par Dominique Besnehard) commente à distance par Skype. Bref je ne me joins pas à tous les pisse-froid qui ont démoli le film en le jugeant inutile ("réchauffé", "embourgeoisé", "clipesque et publicitaire" etc.) car j'ai pris grand plaisir à le voir et le revoir.

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Le Festin de Babette (Babettes Gæstebud)

Publié le par Rosalie210

Gabriel Axel (1987)

Le Festin de Babette (Babettes Gæstebud)

De même qu'il fallu quatorze ans à Babette pour toucher le gros lot et être en mesure de préparer le somptueux dîner gastronomique français qui donne son titre à la nouvelle de Karen Blixen dont le film est adapté, il fallut quatorze ans pour que le réalisateur Gabriel Axel parvienne à obtenir les crédits nécessaires à la réalisation du film. Les conseillers qui accordent les subventions de l'institut du cinéma danois jugeaient le scénario trop mince pour un long-métrage et pensaient également qu'il n'intéresserait pas un public moderne. Raté! Car c'est l'austérité de la première partie du film qui par contraste donne l'eau à la bouche lorsqu'arrive le moment du plantureux repas. Qui n'a jamais rêvé d'être assis à la table des convives pour goûter des mets qui au mieux se dégustent une fois par an à noël (les cailles farcies aux truffes et au fois gras, le caviar) mais la plupart du temps sont tout simplement inaccessibles au commun des mortels (les grands vins, la soupe de tortue qui avec les fruits confits me font penser au repas gargantuesque qui clôt "Le général Dourakine" de la comtesse de Ségur!)

"Le Festin de Babette" est un film d'oppositions mais aussi un film de médiations. Opposition entre les pays nordiques (La Norvège dans la nouvelle, le Danemark dans le film) et son austérité luthérienne et la France vue comme un pays de débauchés, entre Martine et Philippa, les deux vieilles filles puritaines et soumises et Babette, ex chef cuisinière d'un grand restaurant et ex Communarde, entre les acteurs scandinaves issus pour la plupart des films de Dreyer et de Bergman et la française Stéphane Audran plutôt abonnée à des rôles de femme fatale ou de bourgeoise, entre l'amour et l'art vus comme autant de tentations diaboliques (comme par hasard l'air que Achille Papin fait chanter à Philippa est "La Ci Darem la Mano" extrait de Don Giovanni et les victuailles apparaissent aux deux sœurs comme des émanations de l'enfer, un véritable sabbat de sorcières)  et une conception de la foi ascétique qui implique de renoncer à toutes les formes de plaisir terrestre pour se consacrer à Dieu et à son œuvre.

Toute la beauté du film réside dans le fait que la médiation l'emporte sur l'opposition et la vie sur la mort, du moins un bref instant (la dernière image de ce point de vue est éloquente). En effet la petite communauté luthérienne dirigée par Martine et Philippa (prénoms en relation avec Martin Luther et son ami Philippe Melanchthon) se déchire sous leurs yeux consternés et impuissants et c'est le festin de Babette, pourtant accueilli avec un mélange de crainte et d'ignorance qui paradoxalement va faire communier ses membres, leur apporter la paix du cœur et de l'esprit en comblant leurs sens et ce alors qu'ils avaient juré de nier l'effet que le repas aurait sur eux. Preuve s'il en est que la vraie spiritualité prend ses racines dans la sensualité (ce qui est d'ailleurs le message originel du christianisme!) et que le puritanisme lui est parfaitement stérile. La médiation, c'est également celle qu'accomplit le général Lorens Löwenhielm, seul convive à ne pas appartenir à la secte et qui en fin connaisseur commente chaque plat et chaque vin pour finir par reconnaître la signature de l'artiste des fourneaux qui se cache derrière le repas*. C'est enfin celle du réalisateur né au Danemark mais élevé en France et accomplissant sa carrière théâtrale et audiovisuelle dans les deux pays entre lesquels il effectue de nombreux allers-retours. Il a par ailleurs mis en scène de nombreux classiques français au Danemark.

* D'ailleurs la séquence du repas est l'occasion d'un total renversement de valeurs, les luthériens devenant des profanes ignares et le général, leur guide spirituel.

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Memories of murder (Salinui chueok)

Publié le par Rosalie210

Bong Joon-ho (2003)

Memories of murder (Salinui chueok)

Le deuxième film de Bong Joon-ho "Memories of murder" est aussi l'un de ses plus grands films. Il s'inspire d'une pièce de théâtre elle-même issue d'un fait divers qui avait défrayé la chronique en Corée: le viol et le meurtre d'une dizaine de femmes de tous âges à Hwaseong au sud de Séoul entre 1986 et 1991 par un serial killer, le premier du genre au pays du matin calme et qui n'a été confondu que trente ans après les faits c'est à dire en 2019.

Le film de Bong Joon-ho qui se concentre sur la traque infructueuse du coupable tient en haleine du début à la fin avec une montée en puissance impressionnante sur la dernière demi-heure qui tourne à la tragédie noire à l'entrée d'un tunnel ferroviaire. Avec un sujet pareil, on pourrait s'attendre à un film seulement très sombre mais en maestro du mélange des genres, Bong Joon-ho en fait aussi un film très drôle. Un humour burlesque ravageur qui souligne l'incompétence de la police de l'époque dans un contexte politique par ailleurs troublé. En effet le trio d'enquêteurs, Park (Song Kang-ho) le policier local, son brutal coéquipier Jo Young-goo et un inspecteur venu de Séoul leur prêter main-forte, Seo (Kim Sang-kyeong) vont systématiquement se retrouver mis en échec par un tueur insaisissable qui profite des failles béantes du système pour s'évanouir dans la nature. La Corée du sud des années 80 n'était pas développée comme elle l'est aujourd'hui et elle était encore en transition entre l'autoritarisme et la démocratie. Par conséquent les policiers manquent de rigueur scientifique et de moyens pour mener leur enquête. Les tests ADN ne peuvent être menés qu'aux USA*, les scènes de crime ne sont pas assez protégées et face au manque de preuves Park se réfugie dans toute une série de pistes plus farfelues les unes que les autres (le "contact visuel" alors qu'une scène prouve qu'il est incapable de différencier un coupable d'une victime, la méthode chamanique, la visite des saunas pour tenter de repérer des hommes imberbes, le criminel ne laissant aucun poil sur les lieux de ses crimes, la recherche d'un auditeur qui demande la même chanson à la radio les soirs de meurtre etc.) Par ailleurs, on voit ces mêmes policiers utiliser la torture pour faire endosser les crimes à des boucs-émissaires tels qu'un attardé mental ou un miséreux surpris en pleine forêt en train de se masturber avec des dessous féminins volés. Des séquences qui pourraient être révoltantes mais qui tournent au grotesque avec les interrogatoires surréalistes des hommes incriminés. Hommes à qui n'est offert par la suite qu'une réparation dérisoire. Enfin le régime offre un boulevard au meurtrier en utilisant les forces de police pour la répression des manifestants plutôt que pour traquer les criminels et en imposant un couvre-feu qui facilite d'autant son passage à l'acte (les lumières qui s'éteignent symbolisent un régime qui ferme les yeux). Alors des années plus tard quand Park qui a changé de métier (on le comprend) revient sur les lieux du premier crime et apprend de la bouche d'une fillette que le tueur est venu s'y recueillir peu de temps auparavant, il regarde droit dans les yeux par un regard caméra les spectateurs de son pays pour qu'ils ne puissent plus jamais détourner le regard.

* C'est d'ailleurs par son ADN que le meurtrier a fini par être confondu. Les bavures, les erreurs de l'enquête et le retard technologique m'ont fait penser à l'affaire Grégory qui date de la même époque et qui reste irrésolue.

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Mother (Madeo)

Publié le par Rosalie210

Bong Joon-ho (2009)

Mother (Madeo)

Avant de commencer ma critique proprement dite, je mets en garde contre tout risque de confusion entre le film du coréen Bong Joon-ho et celui plus récent et plus connu de Daren Aronofsky avec Jennifer Lawrence et Javier Bardem qui porte le même titre mais qui est suivi d'un point d'exclamation.

"Mother" (sans ! donc) qui a été réalisé en 2009 entre "The Host" et "Snowpiercer" est nettement moins flamboyant et spectaculaire qu'eux. Il est aussi, il faut le dire plus rébarbatif avec des personnages peu sympathiques plongés dans une situation sordide non compensée par les touches d'humour habituelles du cinéaste. Il s'inscrit cependant dans le style d'un réalisateur qui est passé maître dans le mélange des genres, ici le mélo familial et le thriller policier. S'il y a un film auquel on peut comparer "Mother" c'est "Psychose" d'Alfred Hitchcock qui fait d'une histoire de fusion monstrueuse entre mère et fils la substance de son intrigue policière. Il y a d'ailleurs une phrase quasi-identique prononcée dans les deux films: "Elle ne ferait pas mal à une mouche" (à propos de Mrs Bates dans "Psychose"), "Il ne ferait pas même pas mal à une araignée d'eau" (à propos de Do-joon dans "Mother") alors qu'ils sont tous deux accusés de meurtre.

Contrairement à "Psychose", Do-joon et sa mère sont deux entités vivantes aux corps distincts, une séparation matérialisée la plupart du temps par une vitre. Mais l'emprise de la seconde sur le premier tant physique que mentale est très forte puisque Do-joon souffre de retard mental ce qui l'empêche d'être indépendant. Et il est significatif que sa mère n'ait pas de nom, ce qui définit bien comment son identité se confond avec son rôle de mère. Dans l'une des premières scènes du film, Bong Joon-ho définit de façon admirable ce qu'est la non-séparation psychique. La mère massicote des racines au fond d'une pièce tout en surveillant son fils grâce à une baie vitrée qui ouvre sur l'autre côté de la rue où il se trouve. Arrive le moment où il se fait renverser par une voiture, elle se précipite vers lui en hurlant qu'il saigne mais découvre que c'est elle qui s'est coupé au niveau du doigt comme s'ils ne formaient plus à ce moment là qu'un seul corps. Et ces moments de fusion, on les retrouve ponctuellement tout au long du film, le fils étant "programmé" de façon pavlovienne par sa mère et celle-ci prête à toutes les extrémités pour sauver son fils (en raison d'un sentiment de culpabilité inconscient).

"Mother" possède cependant une dimension proprement asiatique, la mère s'avérant dans les (magnifiques) première et dernière scène du film étroitement connectée aux forces de la nature avec lesquelles elle danse, faisant ainsi circuler à travers elle les flux énergétiques de l'univers*. En occident, elle aurait été depuis longtemps brûlée comme sorcière mais en Corée, elle exerce (illégalement) la profession d'acupunctrice et connaît donc bien les différents points du corps qui doivent être stimulés pour que l'énergie vitale y circule de façon harmonieuse. Elle a d'ailleurs appris à son fils une technique qui lui permet de retrouver la mémoire, technique qui joue un rôle clé dans le film tout comme celle qui consiste à se défendre quand on le traite d'idiot. Le film joue beaucoup sur les apparences trompeuses. Tout est fait pour que le spectateur croient Do-joon et sa mère inoffensifs mais le sont-ils vraiment?

Ces dimensions psychiques et spirituelles enrichissent considérablement un film qui en surface ne serait qu'une banale intrigue policière autour du thème du faux coupable (Hitchcock, encore) aggravé par les tares de la société coréenne bien mises en avant par le réalisateur (corruption, inégalités sociales, incompétence) et rehaussé par une mise en scène brillante (voir la scène à suspens où la mère tente de quitter la pièce jonchée de bouteilles sans réveiller l'homme qu'elle surveille et qu'elle croit être le vrai meurtrier). Elles donnent au personnage de la mère* toute sa richesse, en surface une femme pauvre, seule, faible, démunie (sa couleur fétiche, le violet est celle des veuves et des martyrs) mais en profondeur un maelstrom de forces obscures d'une terrifiante puissance capables de dévaster tout sur leur passage. De quoi bien faire réfléchir sur l'ambivalence de l'instinct maternel et du dévouement sans limite.

* Un équivalent de ce Qi-Gong dans la nature peut être trouvé chez les amérindiens du film de Terrence Malick "Le Nouveau Monde".

* Beaucoup de références des films de Bong Joon-ho nous échappent. Ainsi pour "Mother", il a choisi une actrice qui symbolise la mère aux yeux des coréens, rôle qu'elle a joué de multiples fois dans la production locale.

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The Host (Gwoemul)

Publié le par Rosalie210

Bong Joon-ho (2006)

The Host (Gwoemul)

Les américains ont King-Kong. Les japonais Godzilla. Et depuis 2006 grâce à Bong Joon-ho, les coréens possèdent leur propre monstre géant, symbole de sociétés "évoluées" mais dénaturées confrontées à l'effet boomerang de leurs ravages écologiques. Mais dans "The Host", plus grand succès du cinéma sud-coréen sur le sol national comme à l'étranger (du moins jusqu'à ce que Bong Joon-ho ne pulvérise son propre record avec ses films suivants dont "Parasite" en 2019), il ne se contente pas de brillamment renouveler le genre du film de monstre. C'est en effet le propre de ce réalisateur d'investir des genres populaires à grand spectacle et tout en y étant à l'aise comme un poisson dans l'eau, de leur donner une portée sociologique et géopolitique qui n'est pas artificiellement plaquée mais qui fait corps avec l'histoire, avec les décors, avec les personnages, une famille de losers aussi imparfaite qu'attachante confrontée à des événements qui la dépassent. Pas étonnant qu'il obtienne à la fois les faveurs des critiques et du grand public et que son cinéma ait fini par avoir une résonance universelle. 

"The Host" est d'abord une critique de l'occupation américaine en Corée du sud qui s'est maintenue après la fin de la guerre froide en raison de la persistance du conflit avec la Corée du nord communiste (soutenue en sous-main par la Chine). Quelques années avant la réalisation du film, des bases militaires et scientifiques US avaient été accusées d'avoir déversé des rejets polluants dans la rivière Han qui traverse Séoul, la capitale de la Corée du sud. C'est cet épisode qui constitue le point de départ de "The Host" où l'on voit un scientifique américain ordonner à son employé de vider les stocks de déchets polluants dans l'évier, pollution qui est directement à l'origine de la naissance du monstre qui quelques années plus tard terrorise Séoul. Par la suite les méthodes US pour "gérer" la crise sont elles aussi épinglées que ce soit au niveau de la (dés)information avec le récit parfaitement fictif du virus que transmettrait la bébête par simple contact* ou de leurs méthodes d'éradication avec l'agent jaune qui fait référence sans nul doute à l'agent orange qui fut employé lors des guerres au Vietnam mais aussi en Corée. Au passage on voit bien affleurer le racisme des américains vis à vis des asiatiques qu'ils considèrent comme des cobayes et on peut mesurer à quel point le concept de souveraineté limitée utilisé par Brejnev pour justifier la mise sous tutelle des "Etats satellites" de l'URSS s'applique aussi aux relations entre la Corée du sud et les USA (qui lui dictent en gros sa politique).

Mais la société coréenne n'est pas non plus épargnée par Bong Joon-ho qui dépeint ses concitoyens en employant des touches burlesques et grotesques. Les autorités incompétentes sont tournées en ridicule (le porte-parole qui vient "informer" les survivants mis en quarantaine dans un gymnase commence par se vautrer sur le sol) de même que les médias qui mitraillent la famille Park en train de se rouler par terre tout en passant sous silence les véritables événements dans un premier temps. La famille Park elle-même se compose d'anti-héros avec Kang-du (Song Kang-ho, acteur récurrent des films de Bong Joon-ho) un fils aîné léthargique qui semble avoir deux neurones dans le cerveau, un cadet diplômé mais chômeur et une sœur championne de seconde zone au tir à l'arc, ces deux derniers regardant néanmoins leur frère aîné de haut. Mais l'adversité (l'enlèvement par le monstre de Hyun-seo l'adorable fille adolescente de Kang-du jouée par Ko Ah-seong, autre habituée du cinéaste) autant que le refus des autorités de rechercher la gamine va les ressouder. A ce propos, il y a une scène que je trouve très belle, c'est celle du dernier repas pris en famille où Hyun-seo qui pourtant ne peut être présente physiquement apparaît au milieu des autres sans que ceux-ci ne s'en étonnent. Au passage, on note la tendresse particulière que Bong Joon-ho voue aux parias de la société à travers le portrait de la famille Park et plus particulièrement de Kang-du (défendu jusqu'au bout par son père Hee-bong), mais aussi l'aide apportée par un SDF et enfin l'importance du petit Se-joo, lui aussi sans-abri et orphelin de surcroît.

* Les mensonges d'Etats oups, les "faits alternatifs" ne datent pas de l'ère Trump, il suffit de se souvenir des fioles brandies par Colin Powell à l'ONU en février 2003 censées prouver que l'Irak possédait des armes de destruction massive pour justifier l'intervention américaine imminente dans le pays dirigé alors par Saddam Hussein et qui ce sont avérées être des fakes.

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Snowpiercer, le Transperceneige (Seolgungnyeolcha)

Publié le par Rosalie210

Bong Joon-ho (2013)

Snowpiercer, le Transperceneige (Seolgungnyeolcha)

Six ans avant "Parasite", Bong Joon-ho réalisait un blockbuster d'anticipation complètement givré et totalement prophétique sur notre époque confinée, cynique et déréglée à partir d'une BD des années 80. Mélange assez détonnant de "Mad Max" (pour la violence et l'ambiance post-apocalyptique), du "Truman Show" (une vie sous cloche dirigée par un "Deus ex machina" joué par Ed Harris), de "Wall-E" (pour la catastrophe écologique et la fragile renaissance de la fin) ou encore de "Métropolis" (pour la lutte des classes compartimentées mais à l'horizontale, les huiles à l'avant, les espaces productifs au milieu, les misérables à l'arrière), le transperceneige est une sorte d'arche de noé ferroviaire qui abrite les derniers survivants de l'humanité après que des expériences sensées enrayer le réchauffement climatique aient transformé la terre entière en pôle nord*.

L'histoire se déroule 18 ans après ces événements quand les parias de l'arrière qui ne supportent plus leur condition décident de se soulever pour investir l'avant. Comme dans "Parasite", Bong Joon-ho traduit avec beaucoup d'inventivité visuelle dans un espace très architecturé la ségrégation socio-spatiale en subvertissant le système par l'infiltration des pauvres dans l'univers des riches. Et la profondeur de cette réflexion, indissociable de l'action qui est menée de main de maître avec des scènes de combat très puissantes visuellement alors même que l'espace est réduit ne faiblit jamais. En effet la révolution fait intégralement partie du système comme on le découvre à la fin. Elle joue un rôle malthusien et darwinien (réduire la population, sélectionner les meilleurs), le leader étant ensuite corrompu pour prendre la place du maître à bord sans que rien ne change… ou presque. Car dans cette superproduction où le casting anglo-saxon est majoritaire (coproduction américaine oblige), il y a aussi deux acteurs coréens qui mènent la révolution aux côtés de Curtis (Chris Evans). Et alors que celui-ci dont on découvre au passage le monstrueux passé fonce tête baissée dans le piège d'un avenir en forme d'éternel recommencement (symbolisé par un train qui tourne autour de la terre sans pouvoir s'arrêter pour ne pas geler sur place), Namgoong Min-soo (Song Kang-ho) l'ingénieur du train fait un pas de côté et lui montre l'issue de secours latérale, celle qui mène à l'extérieur. Car pendant que Curtis (et les autres) gobaient tout cru la propagande que Wilford (Ed Harris) leur servait (sur le refrain bien connu de "there is no alternative") Namgoong a remarqué que la neige fondait** et que peut-être il redevenait possible de vivre hors du train donc hors du système***. Il est intéressant de constater que même aliéné à l'extrême dans ce qui s'apparente à un système concentrationnaire, un homme a toujours la possibilité de faire des choix imprévisibles. C'est ce libre-arbitre qui fera toujours dérailler les systèmes les mieux huilés.

* Expériences basées sur des propositions scientifiques hasardeuses qui existent actuellement pour tenter de modifier le climat.

** Les wagons situés à l'arrière n'ayant pas de fenêtre, il est impossible pour les plus pauvres d'imaginer un autre monde que celui dans lequel ils sont plongés. Ceci étant les classes sociales supérieures étant embrigadées par le récit de Wilford basé sur les sept personnes qui ayant tenté de sortir du train ont été changées en statues de glace, elles ne peuvent pas non plus imaginer qu'un autre monde est possible.

*** De façon assez symbolique là aussi, les classes dirigeantes du train sont blanches alors que les deux seuls humains qui parviennent à s'en extraire sont une adolescente asiatique, Yona dotée du don de clairvoyance et un petit garçon noir, Timmy. L'une doit la vie à son père Nangoong Min-soo et l'autre, à Curtis qui l'a extrait de l'esclavage de la machine et l'a protégé avec son corps, une manière de se racheter pour le mal qu'il a fait quand il était jeune. Quant à l'ours polaire qu'ils rencontrent et qui est la preuve qu'une vie est possible à l'extérieur de la machine, il symbolise la mère des coréens et donc une renaissance possible de l'histoire sur fond de page blanche à écrire (la neige environnante). Une fin qui n'est pas sans analogie avec "Les fils de l'homme" d'Alfonso Cuaron.

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Chaos

Publié le par Rosalie210

Coline Serreau (2001)

Chaos

Avec son commando bazooka composé d'elle-même munie de sa caméra coup de poing et de ses deux actrices chocs, l'une équipée d'une poutre en bois et l'autre d'un lance-flamme, on sent que le patriarcat va vivre un sale quart d'heure. De fait Coline Serreau a réalisé une satire sur le sexisme aussi drôle que violente et dérangeante en forme de succession d'uppercut plus jouissifs les uns que les autres où bourgeois et prolos, immigrés et mafieux en prennent plein la figure sous la houlette de femmes opprimées qui prennent leur revanche. 

Le début du film avec sa réalisation nerveuse et précipitée et son style vidéo colle au train du couple bourgeois formé par Paul (Vincent Lindon) et Hélène (Catherine Frot) qui courent en tous sens pour être à l'heure à une soirée mondaine. Arrive un "léger contretemps": une jeune femme en sang et terrorisée vient s'écraser contre le pare-brise de leur voiture et les supplient de la faire monter. Hélène voudrait bien l'aider, appeler les secours mais c'est Paul qui décide: il verrouille les portières et empêche sa femme d'appeler avant d'aller faire laver la voiture (pour ça il a le temps et c'est d'ailleurs symboliquement sur ce lavage que défile le générique). Ils ont eu le temps cependant de voir la jeune femme rattrapée par ses bourreaux qui l'ont roué de coups en la laissant pour morte. En quelques minutes et avec une efficacité redoutable plusieurs visages des violences faites aux femmes sont esquissés. Et la suite est à l'avenant avec la mère de Paul (jouée par Line Renaud) que son fils évite de même que Fabrice, le fils de Paul évite sa mère Hélène. Paul ne s'intéresse qu'à son travail et son réseau de relations tandis que Fabrice entend profiter au maximum de ses conquêtes interchangeables par le mensonge et la manipulation. Tous deux s'avèrent par ailleurs complètement perdus quand Hélène abandonne le foyer et les laisse se démerder seuls avec la cuisine et le repassage (petit tacle pour rappeler l'inégalité de partage des taches domestiques).

Coline Serreau entend remédier à cet ordre des choses par la solidarité féminine qui reste hélas une pure utopie dans notre société. De même que les copines de Fabrice finissent par se liguer contre lui, l'obligeant à des déménagements constants, dès le lendemain de l'accident, Hélène se rend à l'hôpital où est soignée Malika/Noémie, la jeune femme passée à tabac et fait tout ce qui est en son pouvoir pour l'aider à guérir et la protéger du réseau de proxénétisme qui s'acharne sur elle. Symboliquement les étapes de la rééducation de Malika/Noémie valent pour toutes les femmes opprimées qui peu à peu sortent de leur état comateux, réapprennent à marcher (l'autonomie) et à parler (pour dénoncer leur condition et réclamer justice). Le récit terrifiant de Malika/Noémie (Rachida Brakni qui a été révélée par le film) rapproche l'asservissement de la femme dans les milieux d'immigrés musulmans de son exploitation par les réseaux mafieux (dans les deux cas il s'agit de prostitution, travestie dans les milieux croyants en mariages arrangés et financièrement intéressés). Et celle-ci passe sans crier garde du statut de légume sur pattes à celui de guerrière en gants de boxe. Enfin aux extrémités de la chaîne, il y a Zora la petite sœur que Malika veut arracher à la fatalité qu'elle a dû elle-même endurer et la père de Paul qui retrouve une dignité et une utilité sociale en hébergeant Malika.

Bref c'est un film qui même s'il ne fait pas dans la dentelle provoque le rire en grossissant des comportements qui ont un fondement bien réel. Il ne propose pas non plus de solution réaliste mais offre un exutoire particulièrement revigorant à toutes les formes d'oppression vécues par les femmes en les incitant avec autant de force que de rage à ne plus les accepter.

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Persona

Publié le par Rosalie210

Ingmar Bergman (1966)

Persona

La persona qui donne son titre au film provient de la psychanalyse jungienne qui désigne par là le rôle social prédéfini que chacun est appelé à jouer et qui peut aller jusqu'à se confondre avec l'identité. Mais comme nombre de concepts freudiens, Jung a puisé la persona dans l'antiquité. Le verbe "personare" (parler à travers) désignait les masques que les acteurs de théâtre devaient porter pour endosser l'apparence du personnage qu'ils interprétaient et qui les obligeaient à parler de façon suffisamment audible pour être entendus des spectateurs.

L'énigmatique film de Ingmar Bergman porte ce titre pour orienter la vision du spectateur sur ce qui se joue à huis-clos et la plupart du temps en gros plan sur les visages d'Elisabeth (Liv Ullmann) et Alma (Bibi Andersson). Toutes deux ont de "super persona". La première est en effet actrice de théâtre (domaine de prédilection de Bergman) c'est à dire qu'elle incarne des rôles, jusqu'au jour où elle cesse de parler et se retire du monde. La seconde est infirmière c'est à dire l'un des rôles sociaux les plus assignés aux femmes avec celui d'épouse et ménagère. Mais cela aussi c'est prévu puisque Alma est fiancée et pense déjà à sa future vie familiale toute tracée. De là à penser que Elisabeth est une projection de l'esprit d'Alma il n'y a qu'un pas car son mutisme et son inexpressivité en font une page blanche ou un écran noir (Bergman joue beaucoup sur le contraste noir/blanc, lumière/obscurité) que Alma, très volubile n'a plus qu'à remplir avec ses confidences ininterrompues. Alma entretient alors un rapport fusionnel avec Elisabeth qui est pour elle un alter ego. Mais vient le moment où le miroir se brise et l'altérité se fait jour lorsque Alma lit une lettre indélicate écrite par Elisabeth qui non seulement rapporte à un tiers les confidences intimes qu'elle lui a faite mais lui prête des intentions et des sentiments qu'elle n'a peut-être pas et se permet aussi de juger son comportement. La lettre relate également que pour Elisabeth, Alma est un "sujet d'étude" c'est à dire qu'elle la voit exactement comme un nouveau rôle à endosser. La perspective se renverse alors: ce n'est pas tant Alma qui fusionne avec Elisabeth qu'Elisabeth qui vampirise Alma (version étayée par le fait qu'on la voit boire son sang et lui embrasser le cou) comme le font tous les artistes qui ont besoin de puiser dans le mouvement de la vie la matière de leurs créations.

A cette colonne vertébrale qu'est la relation complexe et fascinante entre les deux femmes qui s'aimantent (s'amantent ^^) et se repoussent (avec beaucoup de violence, psychologique pour Elisabeth, physique pour Alma qui frappe et blesse ce qu'elle a adoré, l'analogie avec la passion amoureuse étant ici une évidence autant que l'est la parabole sur l'art) s'ajoutent des passages au début et à la fin en forme de "flashs mentaux" tournant autour de la sexualité et de la violence. L'un des plans sur un sexe masculin en érection fut d'ailleurs longtemps coupé ce qui en dit long sur les sociétés qui diffusèrent le film. Film qui s'attaque par ailleurs à un autre tabou, celui de l'enfant non désiré avec les thématiques de l'avortement (pour Alma) et de l'infanticide (pour Elisabeth qui rejette son enfant).

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Le Doulos

Publié le par Rosalie210

Jean-Pierre Melville (1962)

Le Doulos

Avec "Le Doulos", son quatrième film Jean-Pierre Melville a frappé un grand coup en établissant tous les canons de ses plus grands films à venir et en créant un film matrice qui a inspiré nombre de réalisateurs ultérieurs*. On peut même dire que "Réservoir dogs" le premier Tarantino en constitue un remake informel.

"Doulos" signifie en argot "chapeau" et "indic" comme l'explique l'avant-générique. Et si le scénario du film de Jean-Pierre Melville est écrit pour embrouiller l'esprit du spectateur, l'enjeu lui est limpide: "Qui est le traître?". Car le paradoxe Melville est parfaitement posé dans ce film qui nous plonge au cœur du marigot moral du milieu des flics et des truands tout en montrant comment ces derniers s'accrochent à un "code d'honneur" qui pourrait bien n'être qu'une illusion. "Pourrait" car le film distille une ambiguïté absolument remarquable tournant autour du personnage de Silien interprété par Jean-Paul Belmondo. Celui-ci est décrit comme n'ayant que deux amis, Maurice Faugel (Serge Reggiani), un braqueur tout juste sorti de prison et Salignari (Daniel Crohem), un inspecteur. Ce qui lui vaut la méfiance du milieu qui le prend pour un indic. Mais Faugel croit en la parole donnée et place sa confiance entre les mains de Silien. Tout le talent du réalisateur réside dans le fait que par le jeu de savantes ellipses dans le récit, on est amené à croire en la traîtrise de Silien puis à en douter sans que jamais on ait la réponse définitive. Faugel quant à lui raisonne d'une manière manichéenne. Il descend ou fait descendre ceux qui le trahissent tout en étant prêt à se faire tuer pour ceux qui lui restent fidèles. Pas étonnant qu'avec une telle morale ("je te tue ou je me fais tuer pour toi"), le film prenne des allures de tragédie antique où tout le monde finit par s'entretuer. 

Ce qui joue beaucoup dans la réussite du film réside également dans l'interprétation. Comme dans ses films ultérieurs, les acteurs ont un jeu minimaliste, "l'underplay" que certains ont cru inspiré par le jeu blanc des acteurs de Robert Bresson mais qui selon Jean-Pierre Melville a été inventé à Hollywood dans les années 30. "Le Doulos" est d'ailleurs un hommage au film noir américain des années 40 avec un jeu de lumières expressionnistes et un véritable fétichisme de la panoplie du gangster/privé, en particulier son chapeau que celui-ci contemple dans son miroir et ne cesse d'ajuster (dans "Le Samouraï", cela deviendra même un gimmick). En même temps, le jeu retenu pour ne pas dire inexpressif, le code d'honneur et l'abstraction géométrique (déjà présente dans "Le Doulos" notamment dans la séquence remarquable du générique) sont au cœur d'un nombre incalculable de films asiatiques dont Jean-Pierre Melville finira par assumer l'héritage tout en les inspirant fortement en retour. Si cette manière de jouer va comme un gant à Alain Delon (qui est d'ailleurs une icône en Asie), elle est plus surprenante chez Jean-Paul Belmondo plus connu pour sa tendance au cabotinage que pour la sobriété de son jeu. Mais excellement dirigé, il est parfait en homme inquiétant aux motivations indéchiffrables. 

* Il disposait d'un budget plus confortable que pour ses premiers films en raison du succès de "Léon Morin, prêtre" et avait créé ses propres studios ce qui lui garantissait une totale liberté artistique.

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Nelly et Monsieur Arnaud

Publié le par Rosalie210

Claude Sautet (1995)

Nelly et Monsieur Arnaud

Claude Sautet a terminé sa carrière en apothéose avec l'un des plus beaux films de sa carrière, pourtant riche en trésors. Mais "Nelly et Monsieur Arnaud" a une saveur particulière tant il est le fruit d'un alliage subtil entre tout ce qu'il y a de plus intime chez ce cinéaste qui avait beaucoup de mal à se cerner lui-même. "Nelly et Monsieur Arnaud" est l'un de ces films en creux qui en dit long pour peu que l'on y soit attentif.

Le film est fondé sur un paradoxe qui traverse d'autres films du cinéaste: c'est l'histoire d'une rencontre véritable sur fond d'amour impossible, ce qui fait lien créant en même temps un obstacle infranchissable. Celui de la différence d'âge et d'expérience tout d'abord: Nelly (Emmanuelle Béart) qui a 25 ans maîtrise l'informatique et pas Arnaud (Michel Serrault) qui en a 60, elle va donc l'aider à coucher ses mémoires, non sur le papier mais dans la mémoire de l'ordinateur. Ce sera la base de leurs échanges tandis que la mise en scène faite de champs/contrechamps sur un Arnaud debout mobile et volubile et une Nelly assise à l'écoute et statique à son bureau matérialise leur séparation et la sujétion de l'une à l'autre. Car l'inégalité est également sociale. Arnaud est un grand bourgeois friqué, Nelly survit tant bien que mal en faisant des petits boulots précaires. Leur premier échange est basé sur l'argent qu'il lui donne et pourtant ils parviendront à échapper à la logique de prostitution qui semblait se dessiner au départ au profit de la sublimation dans l'écriture*. Leur relation sera professionnelle, amicale et même amoureuse mais platonique, marquée par une grande retenue et beaucoup de non-dits. Dans une scène délicieuse où il l'invite dans un grand restaurant, ils s'amusent d'ailleurs de la curiosité que leur présence provoque et Nelly glisse à l'oreille d'Arnaud que les clients doivent sûrement la prendre pour une pute. 

Mais l'impossibilité de faire coïncider le cœur et le corps, récurrente chez Sautet a un prix, celui de la solitude et d'une certaine mélancolie**. En développant des sentiments pour Arnaud, Nelly s'interdit d'aimer un autre homme ce qui provoque la fin abrupte de sa relation avec Vincent (Jean-Hugues Anglade) avec lequel elle refuse de s'engager. Et la passion interdite qu'éprouve Arnaud s'exprime outre sa jalousie ("Il y a des débuts tardifs", j'adore cette phrase si révélatrice) lors d'une scène magnifique inspirée des "Belles endormies" de Yasunari Kawabata où il contemple Nelly endormie et la caresse sans la toucher. La filiation entre Arnaud et les autres personnages masculins phares de Sautet est très claire sauf qu'il ne cache plus qu'Arnaud est un double de lui-même et que le film est testamentaire, l'appartement d'Arnaud se vidant au fur et à mesure que celui-ci libère sa parole. Il révèle aussi bien sa part de lumière que sa part d'ombre, incarnée notamment par les apparitions fugitives pour reprendre l'intitulé du générique de Michael Lonsdale qui incarne sa mauvaise conscience. Les provocations de Nelly qui raconte à son mari (Charles Berling) qu'elle a accepté l'argent d'Arnaud puis à Arnaud qu'elle a couché avec Vincent (et qu'elle y a pris plaisir) alors qu'elle ne l'a pas encore fait jouent le même rôle de révélateur de l'inconscient. Michel Serrault livre une composition extraordinaire, remplie d'humanité qui lui a valu un César bien mérité ainsi que celui du meilleur réalisateur pour Claude Sautet.

* Max et les ferrailleurs présente une situation similaire où la relation entre une prostituée et son client bourgeois est subvertie par l'attitude de ce dernier qui refuse d'en profiter.

** Encore que la fin reste d'une certaine manière en suspens, chacun pensant à l'autre tout en s'éloignant physiquement de lui.

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