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L'année du requin

Publié le par Rosalie210

Ludovic Boukherma et Zoran Boukherma (2022)

L'année du requin

Ayant eu des échos flatteurs de "Teddy", le précédent film des frères Boukherma et alléchée par la promesse d'une parodie de "Les Dents de la mer", je suis allée voir le film enthousiaste et en suis sortie pour le moins déçue voire furieuse avec l'impression de m'être fait avoir par certaines critiques flatteuses et le label "art et essai" accolée au film. Il faut être bien chauvin pour ne pas voir que ce film pue l'amateurisme à plein nez. C'est bien simple, la sauce ne prend jamais, la faute à un manque de maîtrise évident des genres abordés. Le film est "vendu" comme une comédie, or comme je l'ai souvent dit, le comique est avant tout une affaire de rythme. "L'année du requin" est tout sauf rythmé, le film est mollasson et de ce fait, les quelques gags et bons mots tombent à plat. De plus, les réalisateurs ont l'ambition de mélanger les genres sauf qu'ils n'en maîtrisent aucun. Lorsqu'ils se décident à tourner des scènes de film-catastrophe à la Spielberg, ils oublient purement et simplement le comique sans que pour autant la tension dramatique ne soit véritablement instaurée. Vient se juxtaposer là-dessus un discours régionaliste (de la voix off horripilante, de la radio etc.) qui semble tomber comme un cheveu sur la soupe et qui se réduit à des propos de péquenots réacs: le requin, c'est la faute aux parisiens, aux wokistes, aux écolos, au covid, au réchauffement climatique... Certes, les réalisateurs ne pouvaient pas savoir au moment du tournage que le bassin d'Arcachon allait être frappé par des mégafeux mais on ne peut pas dire que le film se montre visionnaire là-dessus. Comme pour tout le reste, il hésite, le cul entre deux chaises et ne parvient pas à se hisser à la hauteur des enjeux (pour ne s'aliéner aucun public?). En témoigne le sort du requin, marqué par une énième volte-face (un titre qui aurait bien mieux convenu au film). L'arnaque se retrouve jusque dans l'affiche. On nous fait croire à une dynamique de trio alors que seule Marina Foïs occupe le devant de la scène, jouant un personnage aux motivations nébuleuses la plupart du temps figé en gros plan selon un grand angle déformant dont on se demande à quoi il sert sinon à faire original à tout prix. Kad Merad et Jean-Pascal Zadi, censés être les plus values comiques du film sont scandaleusement sous-exploités. Bref, rien ne fonctionne dans cette catastrophe de film dont les ambitions se heurtent au manque évident du savoir-faire le plus basique (écrire un scénario qui se tient par exemple). 

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