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Grease

Publié le par Rosalie210

Randal Kleiser (1978)

Grease

Les vrais "feel-good movies" ont souvent été réalisés avant l'invention de ce terme marketing et dans le but d'échapper à la sinistrose. Billy WILDER disait par exemple que lorsqu'il était très heureux il faisait des tragédies et quand il était déprimé il faisait des comédies. Et donc que pour "Certains l'aiment chaud" (1959) il était très déprimé, voire suicidaire. "Grease" s'inscrit dans la même logique. Dans les années 70 les USA connaissent une crise profonde aussi bien économique que politique et deviennent alors nostalgiques de leur supposé âge d'or des années 50. C'est connu, quand une société va bien, elle regarde vers l'avenir quand elle va mal, elle regarde vers son passé. Par conséquent les films et séries sur cette époque "bénie" se sont multipliés, en particulier "American graffiti" (1973) d'un certain George LUCAS qui avant de diriger son regard vers les étoiles regardait dans son rétro et la série au titre si révélateur "Happy Days" (1974) avec dans le rôle de Fonzie Ron HOWARD qui fut d'ailleurs le premier acteur pressenti pour le rôle de Danny Zuko. Mais finalement, il échu à John TRAVOLTA qui venait juste de rencontrer le succès avec "La Fièvre du samedi soir" (1977). Mais c'est avec "Grease" qu'il devint véritablement une star. Son duo avec Olivia NEWTON-JOHN fonctionne tellement bien qu'on les compare dans le film à celui de Fred ASTAIRE et de Ginger ROGERS. Mais si John TRAVOLTA possède la même fluidité que son illustre aîné, il a en plus le sex-appeal et un certain sens de l'auto-dérision. De fait "Grease" s'inscrit au carrefour de deux genres, celui classique de la comédie musicale et celui encore à venir du teen-movie. Et ce même si les acteurs et actrices de "Grease" ne font guère illusion quant à leur âge véritable. Olivia NEWTON-JOHN par exemple avait 30 ans alors qu'elle est censé en avoir 18. Néanmoins "West side story" (1960) avait ouvert la voie dans les années 60 à ce genre hybride qui se poursuivit dans les années 80 avec "Footloose" (1984) et "Dirty Dancing" (1987).

Mais le paradoxe des paradoxes est que si "Grease" s'est imposé dans la durée, c'est pour son irrésistible énergie seventies cachée derrière le vernis fifties. En effet, son succès durable est lié avant tout à la force de frappe de ses numéros chantés et dansés. Trois d'entre eux en particulier sont devenus mythiques: "Summer Nights", "Greased Lightnin'" et bien sûr "You're the One that I want". Des chansons rock and roll mais traversées par la vibe disco. Celle du générique chantée par Frankie Valli a même été composée par Barry Gibb, l'un des Bee Gees (auteurs de la BO de la "La Fièvre du samedi soir") (1977) et est 100% disco (les images BD tentant de camoufler l'anachronisme). Quant à l'histoire, elle oscille entre les stéréotypes sexistes très appuyés des années 50 (fée du logis sainte-nitouche contre bad boy gomina-cuir-bagnole) et le bousculement de ces mêmes stéréotypes: la sainte-nitouche se transforme en bombe sexuelle dans la séquence la plus mythique du film alors qu'à l'inverse le bad boy tente plus ou moins bien de cacher sa sensibilité féminine devant sa bande de potes qu'il s'agisse de sa fibre romantique pour sa partenaire ou des pulsions homo érotiques vis à vis de ses partenaires.

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