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Grandeur et décadence (Daydreams)

Publié le par Rosalie210

Buster Keaton et Edward F. Cline (1922)

Grandeur et décadence (Daydreams)

Bien que "Daydreams" soit tronqué d'une bonne dizaine de minutes et soit constitué comme beaucoup de courts-métrages de Buster KEATON de sketches reliés par un fil conducteur ténu, l'ensemble fait sens et contient quelques séquences spectaculaires, surtout dans son final qui fait penser à une variation sur "Cops" (1922).

Rien de tel en effet que ce court-métrage pour réaliser à quel point Buster KEATON est l'anti Harold LLOYD. Là où le second, assoiffé de reconnaissance cherche à s'élever dans la société, le premier est un indécrottable inadapté qui s'enfonce toujours plus profondément dans l'échec et l'humiliation. Alors que sa fiancée à qui il doit prouver sa valeur (marchande) pour que son père consente à leur union l'imagine en chirurgien, en magnat de la bourse ou en grand acteur, il occupe des emplois toujours plus minables qu'il ne parvient même pas à garder. Il est alors ravalé du statut d'homme à animal (un hamster qui tourne en rond dans sa roue), puis d'animal à objet (appât à poisson puis colis postal). Il finit en lambeaux et comme cet autre perdant magnifique qu'est Cyrano, il peut conclure sur ce constat implacable "J'aurais tout raté, même ma mort".

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