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Knock

Publié le par Rosalie210

Lorraine Lévy (2017)

Knock

Les quelques critiques que j'ai pu me procurer avant sa sortie prévue le 18 octobre considèrent ce film comme un pur et simple navet. Force est de reconnaître que Knock 2017 n'est pas l'œuvre du siècle et ne fera pas oublier Louis Jouvet. La réalisatrice a transformé la pièce caustique et engagée de Jules Romains en divertissement populaire où quelques bons seconds rôles se taillent la part du lion. Sabine Azéma nous offre un drôle de délire de plus et Christian Hecq un drôle d'abruti de plus. A cela il faut ajouter la délicieuse prestation d'Ana Girardot (la fille d'Hippolyte), très touchante.

Pour le reste on ne fait pas de bonne littérature avec de bons sentiments disait Gide. C'est un peu pareil pour les films, j'ai remarqué que l'expression "feel-good movie" est le pire service qui peut leur être rendu. Knock 2017 est une sorte de fable optimiste sur le "vivre-ensemble" totalement anti réaliste (mais recommandée par l'Education Nationale pour ses vertus morales et civiques!). Comment peut-on imaginer une seule seconde qu'un village d'Epinal des années 50, véritable cliché de la France éternelle chère aux pétainistes avec sa poste, sa pharmacie, son école, son église et son café accepte sans sourciller un docteur noir et ne manifeste jamais la moindre once de racisme alors que la colonisation est encore une réalité à cette époque. Tout le monde est extrêmement gentil, poli et bien élevé, même Knock qui certes a un passé d'ancien délinquant et certes manipule sa clientèle mais qui en même temps a le cœur sur la main (ce qui est contradictoire mais rien n'est vraisemblable dans ce film). Le méchant de l'histoire est le curé joué par Alex Lutz mais il est tellement caricatural qu'il apparaît assez inoffensif. Même chose avec l'ex-acolyte de Knock dont l'utilisation dans l'histoire est particulièrement maladroite. En résumé, on ne passe pas un mauvais moment en soi mais il vaut mieux avoir laissé son cerveau au vestiaire et je ne suis pas sûre que ce soit le meilleur hommage que l'on puisse rendre à Jules Romains, lui qui voulait dénoncer l'emprise des idéologies modernes sur les masses.  

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