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Florence Foster Jenkins

Publié le par Rosalie210

Stephen Frears (2016)

Florence Foster Jenkins

En 2014 deux biopics consacrés à Yves Saint Laurent se sont succédés à quelques mois d'écart. En octobre 2015 et juillet 2016, rebelote avec la vie de la "cantatrice" chantant comme une casserole qui aurait inspiré à Hergé le personnage de la Castafiore, Florence Foster Jenkins. Si le film français de Xavier Giannoli ("Est-ce toi Marguerite, est-ce toi?") se présentait comme une adaptation assez libre, celui de Stephen Frears se veut beaucoup plus fidèle à la véritable histoire de la chanteuse. Néanmoins les deux films ont en commun leur mise en abyme du spectacle cinématographique. Florence/Marguerite est persuadée d'avoir un immense talent et tout son entourage s'évertue à entretenir l'illusion pour la maintenir à flots. Dans les deux cas le mauvais chant trouve ses origines dans les fêlures intérieures de la cantatrice. Chez Giannoli il s'agit d'une compensation à la souffrance d'être délaissée par son mari. Chez Frears le chant est un instinct de survie face aux ravages de la syphilis contractée auprès de son premier mari. Sans occulter les moqueries et réticences dont elle fait l'objet, les films traitent leur personnage avec compassion.

Cependant là ou Giannoli se centrait quasi exclusivement sur son héroïne, Frears fait le choix de dépeindre un trio. Meryl Streep quoique convaincante fait une prestation moins fine que celle de Catherine FROT. En revanche les personnages masculins sont plus travaillés chez Frears. Saint-Clair est une résurrection pour Hugh Grant qui peut de nouveau exceller dans un rôle mêlant plusieurs registres (comique, romantique, mélancolique). Saint-Clair est un acteur raté qui a trouvé un sens à sa vie en protégeant son épouse. Cet objectif moral justifie à ses yeux ses mystifications à l'aide de moyens peu scrupuleux (mensonges, dissimulation, corruption...) qui donnent lieu à des scènes souvent comiques et parfois mélancomiques. Le tout rehaussé par un troisième personnage important, celui du pianiste Cosmé McMoon joué par Simon Helberg lui aussi doué de grands talents comiques pour jouer les ahuris dépassé par le monde de fous dans lequel il est invité à entrer. Peut-être que Frears n'a pas poussé assez loin justement l'aspect déjanté du film. Celui-ci est émouvant, parfois drôle mais il reste un peu trop sage à mon goût pour s'implanter durablement dans les mémoires. 

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