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César

Publié le par Rosalie210

Marcel Pagnol (1936)

César

César est le troisième et dernier volet de la trilogie marseillaise de Pagnol. Le seul réalisé par Pagnol lui-même. Mais hélas, il est bien en deçà des deux premiers films de la trilogie.

Il y a d'abord le fait que contrairement à "Marius" et "Fanny", "César" n'est pas l'adaptation d'une pièce de théâtre. Cela se ressent au niveau des dialogues, moins travaillés ainsi que de l'intrigue qui comporte beaucoup de redites (pour n'en citer qu'une, la partie de pêche entre Marius et Césariot se résume à un récit de Marius copié-collé de la fin du deuxième film).

Ensuite la tonalité assez funèbre de ce film (à moins que ce ne soit la lassitude?) a une influence sur la prestation des acteurs. Ils n'ont pas l'énergie et l'allant qu'ils manifestaient dans les deux premiers comme si leur ressort était cassé. C'est particulièrement frappant chez Raimu qui manifeste plus de retenue que d'ordinaire mais Orane Demazis est tout aussi morose. Seul Paul Dullac de retour dans le rôle d'Escartefigue conserve une certaine fraîcheur avec son personnage quelque peu infantile et gros sabots.

Mais le véritable boulet du film, c'est Césariot et la façon assez irritante dont André Fouché l'interprète. Ce personnage complètement hors-sol est la négation de ce qu'est la trilogie. Vide, fade et moralisateur, il méprise sa famille et la juge sans arrêt avec des propos cyniques débités sur un ton hautain et détaché. On peut comprendre qu'il souffre d'avoir été élevé dans le mensonge mais César et Marius attribuent son comportement à l'instruction qu'il a reçue et non à son éducation ce qui est une façon de se déresponsabiliser. Plus grave encore, l'enfant est perçu par sa famille comme un vampire et non comme une source de bonheur. Une vision noire et désespérée qui heureusement est compensée par la scène finale qui ouvre in-extremis une perspective de bonheur et d'avenir quand César réintègre son fils dans la famille.

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