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Sabrina

Publié le par Rosalie210

Billy Wilder (1954)

Sabrina

Un film qui commence par "Il était une fois", se déroule dans un manoir, raconte l'histoire de la fille du chauffeur rêvant au prince charmant alias David le fils cadet des patrons de son père, un volage playboy... Sabrina a tout d'un conte de fées, plus précisément celui de Cendrillon qui inspire particulièrement Wilder lorsqu'il s'agit de parler de transgression des barrières de classes ou de sexes (dans Certains l'aiment chaud réalisé 5 ans plus tard, Jerry le musicien fauché travesti devient "Cendrillon II" lorsque Osgood le milliardaire lui remet sa chaussure et tombe sous son charme.) Mais en dépit des apparences (un autre thème majeur chez Wilder) enchanteresses du film, la question des barrières n'est jamais vraiment surmontée. Sabrina observe celui qu'elle aime à travers une vitre ou du haut d'un arbre puis d'autres écrans la sépare de lui et de son frère, un sinistre homme d'affaires aux allures de croque-mort (rideau, plaque de plastique, filet de tennis...) Il faut dire qu'en dépit de son charme, Humphrey Bogart est trop vieux pour le rôle qui aurait dû revenir à Cary Grant (Wilder ne parviendra pas à le faire jouer dans ses films d'où le faux Cary Grant de Certains l'aiment chaud). Enfin si des moments cocasses font sourire comme les verres de champagne brisés dans le postérieur de David ou l'alcoolisme du père, l'arrière-plan est cynique, amer avec des personnages qui se manipulent les uns les autres et poursuivent des buts chimériques ou morbides. Dans ce film comme dans d'autres de Wilder, le héros ou l'héroïne confronté à une impasse existentielle tente de se suicider. Et en dépit d'une fin artificielle en forme de faux happy end, l'amour a finalement peu de poids face à l'argent. "La vie en rose", vraiment?

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