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Le Poison (The Lost Weekend)

Publié le par Rosalie210

Billy Wilder (1944)

Le Poison (The Lost Weekend)

Lorsque le 4° film de Billy Wilder sort sur les écrans il marque une petite révolution. C'est en effet la première fois qu'un film hollywoodien traite frontalement de l'alcoolisme. La descente aux enfers de Don Birnam, un écrivain raté vivant aux crochets de son frère est impressionnante de réalisme avec un Ray Milland particulièrement habité. Son addiction est disséquée dans des séquences à la mise en scène inventive. La figure du cercle vicieux apparaît dès la première image de beuverie et devient celle du film. La fin, un happy end en trompe-l'œil reprend exactement les images du début comme un éternel recommencement. Son obsession pour l'alcool devient celle de la caméra qui lors d'une scène d'opéra fixe verres et bouteilles bien remplis avant que le souvenir de la bouteille qui est dans la poche de son imper laissé au vestiaire n'envahisse tout l'espace. Nous voyons et ressentons l'avilissement et la rage de cet homme présenté comme foncièrement faible et lâche. Il ment, manipule, mendie, vole, menace, agresse, casse tout pour s'enfuir des lieux où on l'enferme, obtenir de l'argent ou directement de l'alcool. La scène où en pleine crise de manque il se traîne en vain d'un prêteur sur gages à l'autre pour mettre sa machine à écrire au clou est très forte.

Dommage néanmoins que les seconds rôles ne soient pas à la hauteur. Son frère et sa fiancée, deux saint-bernards très lisses font de la figuration. D'autre part certains effets visuels sont ratés. Je pense en particulier aux hallucinations de sa crise de delirium tremens. La souris qui fait une crevasse dans le mur passe encore (on est pas loin de Répulsion de Polanski) mais le mobile en forme de chauve-souris non!

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